Au Québec, seulement 13 % des répondants sont fortement en désaccord sur cette question : «Est-ce que le gouvernement fédéral devrait en faire plus au sujet des déclarations ou du langage raciste et xénophobe, même si ça implique d’imposer des limites à la liberté d’expression?»

Sondage Mainstreet: les Québécois d’accord pour limiter les discours racistes

Les Québécois sont d’accord à 59 % pour que le gouvernement fédéral limite les discours à caractère racistes ou xénophobes, alors que les Canadiens sont davantage divisés sur la question.

C’est ce qui ressort d’un sondage Mainstreet mené pour le compte de Groupe Capitales Médias et de iPolitics, qui vise à connaître l’avis des Canadiens sur quatre questions qui pourraient surgir lors de la campagne électorale cet automne.

À la question : «Est-ce que le gouvernement fédéral devrait en faire plus au sujet des déclarations ou du langage raciste et xénophobe, même si ça implique d’imposer des limites à la liberté d’expression?», les Canadiens sont très divisés. Le quart des répondants est fortement en accord, le quart est fortement en désaccord, alors que la moitié est mitigée. 

Au Québec toutefois, le portrait diffère, avec seulement 13 % des répondants qui sont fortement en désaccord avec l’énoncé. «C’est intéressant de voir cette différence avec le reste du Canada, étant donné qu’on vient d’adopter la loi 21 [sur la laïcité de l’État]. Ça peut sembler en contradiction avec ce qui se passe sur le terrain», commente Steve Pinkus, vice-président de Recherche Mainstreet. 

Les autres questions du sondage font davantage consensus auprès des Canadiens. Un peu plus de 69 % des répondants croient que le prochain gouvernement devrait travailler à une véritable réconciliation avec les autochtones. 

«Le gouvernement libéral actuel a dit depuis le début que c’était une de ses priorités. Jusqu’à quel point il a réussi ça, c’est une autre affaire. Ils n'ont pas réussi au point où ça fait plaisir aux peuples autochtones. Alors la volonté de la population est encore là», analyse M. Pinkus. 

Prix des médicaments

Les Canadiens semblent également préoccupés par le prix de leurs médicaments. Environ 68 % des répondants jugent que le gouvernement fédéral devrait aller de l’avant en créant un régime national d’assurance-médicaments. La création d’un tel régime a été recommandée par un rapport paru en juin, car elle permettrait aux contribuables d’économiser collectivement 5 milliards $ par année sur le prix de leurs médicaments. 

Au Québec, où il existe déjà un programme provincial d’assurance-médicaments, près de 72 % des répondants sont d’accord avec la création d’un régime national. «Je pense que c’est un message clair de la population», évalue M. Pinkus. 

Enfin, les Canadiens croient qu’il existe encore un écart de salaire entre les hommes et les femmes. Par contre, ils comptent en majorité sur les entreprises privées pour régler ce problème. Près de 62 % des Canadiens croient que les compagnies privées peuvent faire davantage que n’importe quelle loi fédérale pour diminuer cet écart. 

Le sondage a été effectué les 30 et 31 juillet 2019 auprès de 2463 adultes canadiens représentatifs de la population qui votera lors des élections fédérales du 21 octobre. La technique de la réponse vocale interactive a été utilisée, sur des lignes terrestres et cellulaires. La marge d’erreur du sondage est de 1,97 %, à un niveau de confiance de 95 %.