Le député sortant Maxime Bernier et le candidat conservateur Richard Lehoux se livreront une chaude lutte en Beauce cet automne.

Sondage Mainstreet: Bernier dans une course à deux

Le député sortant Maxime Bernier et le candidat conservateur Richard Lehoux se livreront une chaude lutte en Beauce cet automne. Les deux hommes sont à égalité avant le début de la campagne électorale fédérale.

Un sondage Mainstreet mené pour le compte de Groupe Capitales Médias et de iPolitics indique que M. Lehoux récolte 33,5 % des intentions de vote, alors que Maxime Bernier a la faveur de 33 % des électeurs. «Ce sera une course à deux, excessivement serrée. À l’heure actuelle, c’est réellement une égalité statistique», commente Luc Fortin, président de Recherche Mainstreet au Québec.

En 2015, alors qu’il se présentait sous la bannière des conservateurs, Maxime Bernier avait été réélu facilement, avec 58 % des votes. C’est ce même pourcentage de votes — et même un peu plus —, qui est aujourd’hui réparti entre M. Lehoux et lui.

Représentant la Beauce depuis 2006, Maxime Bernier jouit d’une grande notoriété et d’un capital de sympathie. Sondés sur le niveau de satisfaction quant au travail effectué par le député, 66 % des répondants se sont dits satisfaits ou très satisfaits. «Tous les espoirs sont permis pour Maxime Bernier en raison de ce haut taux de satisfaction», indique M. Fortin.

Les Beaucerons sont déchirés à cette élection-ci étant donné que Maxime Bernier a claqué la porte du Parti conservateur du Canada il y a un an pour fonder le Parti populaire du Canada, dont il est le chef. 

Échelle nationale

M. Fortin croit que la tendance du vote à l’échelle nationale influencera le choix des électeurs à la fin de la campagne. «Maxime Bernier a plus de chances de gagner si on prévoit, à la veille des élections, un gouvernement libéral. Tant qu’à se retrouver dans l’opposition, aussi bien d’avoir un député qui va amener de la visibilité à la Beauce. Mais si on prévoit un gouvernement conservateur, l’attrait du pouvoir va peser en faveur de Richard Lehoux.»

Agriculteur de formation, M. Lehoux a été maire de Saint-Elzéar et président de la Fédération québécoise des municipalités. 

Dans ce même sondage, mené le 5 août auprès de 640 personnes vivant dans la circonscription de Beauce, Mainstreet a voulu savoir si les idées de Maxime Bernier rejoignent les Beaucerons.

«On a sélectionné des sujets qui ont davantage défrayé la manchette. Des idées qui ont été perçues comme controversées par certains commentateurs. Pour ne pas influencer les répondants, on n’a toutefois pas mentionné qu’elles viennent de Maxime Bernier», explique M. Fortin.

Des idées qui rejoignent...

Sur les cinq idées sondées, trois ont la faveur d’une grande proportion des électeurs de Beauce. «Ça démontre qu’en général, Maxime Bernier représente bien ses citoyens à la Chambre des communes.»

Dans ce sondage, 67 % des répondants croient que «la parité entre les hommes et les femmes dans un Conseil des ministres n’est pas une priorité» et 56 % d’entre eux pensent que «l’immigration de masse et le multiculturalisme extrême mèneront à des conflits sociaux et potentiellement à la violence».

En agriculture, 42 % des répondants sont d’avis qu’il faut abolir le système de la gestion de l’offre, alors que 37 % sont d’avis contraire. Des résultats qui surprennent M. Fortin, étant donné que les agriculteurs beaucerons s’étaient mobilisés en 2017 contre Maxime Bernier lors de la course à la chefferie du Parti conservateur, qu’il a finalement perdue aux mains d’Andrew Scheer.

... et d’autres moins populaires

D’autres idées de Maxime Bernier n’obtiennent toutefois pas la faveur de la majorité de ses concitoyens. Seulement 31 % des répondants croient «pertinent de rouvrir le débat sur le droit à l’avortement au Canada», alors que 44 % croient que «le gouvernement fédéral n’a rien à faire concernant les changements climatiques parce que l’environnement, c’est une compétence partagée, et les provinces, elles ont des programmes pour ça.»

Le sondage a été réalisé à partir d’appels faits par réponse vocale interactive, sur des lignes téléphoniques terrestres ou cellulaires. La marge d’erreur du sondage est de 3,87 %, à un niveau de confiance de 95 %.

La question posée était la suivante : «Si l’élection fédérale avait lieu aujourd’hui, pour quel parti voteriez-vous?» Les choix de réponse étaient les noms des partis, suivis du nom de leurs chefs respectifs. Les noms des candidats n’ont pas été mentionnés aux répondants, étant donné qu’à ce stade-ci de la précampagne, tous les candidats n’ont pas été choisis. Le nom de Maxime Bernier a donc été mentionné, en tant que chef du Parti populaire.