De nombreuses voix, dont celles de la Fédération professionnelle des journalistes du Québec, se sont élevées pour demander à Pierre Karl Péladeau de se départir des actions qu'il possède dans les médias de Québecor pour éliminer tout conflit d'intérêts, écrit l'auteur Pierre Craig.

Sondage CROP-Le Soleil-La Presse: PKP, favori des souverainistes

Pierre Karl Péladeau est le plus à même de ramener des souverainistes au Parti québécois (PQ) et celui qui polarise le plus les camps du Oui et du Non.
Un sondage CROP-Le Soleil-La Presse s'est intéressé à la capacité de chacun des candidats - probables ou déclarés - à élargir la base électorale du PQ.
À ce titre, le député de Saint-Jérôme est, avant le déclenchement de la course, celui qui semble le plus à même de réussir ce défi. Ainsi, 28 % des sondés seraient «davantage» portés à voter pour le PQ si M. Péladeau en était le chef, contre 8 % pour Bernard Drainville, 7 % pour Martine Ouellet, 6 % pour Jean-François Lisée et 5 % pour Alexandre Cloutier. 
Peu importe le candidat, le sondage montre qu'entre 20% et 26% des gens seront d'une façon ou l'autre moins portés à voter pour le PQ. 
«Un chef doit être en mesure d'élargir la base électorale de sa formation», fait valoir Youri Rivest, de CROP. «Au départ, il n'y a personne d'autre que M. Péladeau qui est susceptible d'y parvenir. [...] Il est le seul en mesure de rebrasser les cartes.»
L'homme d'affaires est aussi le chef qui attirerait le plus de souverainistes au PQ. Chez ceux qui veulent faire du Québec un pays, 60% seraient davantage attirés par un PQ dirigé par M. Péladeau. Là encore, il devance beaucoup ses collègues Drainville (18%), Ouellet (16%), Lisée (12%) et Cloutier (11%).
Selon M. Rivest, l'arrivée de celui surnommé PKP dans le siège du conducteur au PQ recréerait «le clivage des Oui et des Non». Un constat qui doit faire l'affaire des libéraux, dont il devient «l'allié objectif», d'après le sondeur. «Il y a bien des gens qui aimeraient sortir de ce débat-là, mais dans la mesure où il y a ce débat-là, ils vont prendre un bord de la clôture ou l'autre, note M. Rivest. [...] Si vous êtes Philippe Couillard, c'est parfait d'avoir M. Péladeau à tête du PQ. Il va rejouer dans le même film en noir et blanc où il y a des Oui et des Non. À ce jeu-là, c'est les libéraux qui gagnent parce qu'il y a plus de Non que de Oui en ce moment.» 
Le oui moins séduisant
Après avoir bénéficié d'un buzz lié au référendum écossais, selon M. Rivest, les intentions de vote en faveur du Oui sont passées de 41 % le mois passé à 32 % ce mois-ci. 
Cette polarisation entre fédéralistes et souverainistes est ce qui nuirait le plus à la Coalition avenir Québec (CAQ) et à François Legault avec une victoire de M. Péladeau à la chefferie. Bien avant la stature économique du député de Saint-Jérôme, soutient M. Rivest. Lorsque l'enjeu référendaire refait surface, la CAQ est souvent éclipsée. 
Le clivage s'exprime aussi clairement dans l'appréciation que chacun fait des liens entre M. Péladeau et son entreprise de presse. Les souverainistes jugent à 75 % que la situation est acceptable. Les fédéralistes sont presque autant à penser tout le contraire. Les péquistes sont 54% à faire «tout à fait confiance» à PKP lorsqu'il dit ne pas intervenir auprès de ses médias. Les libéraux sont 60% à ne «pas du tout» le croire. 
Une majorité de Québécois (61%) juge qu'il serait acceptable que M. Péladeau place ses actions dans une fiducie sans droit de regard. Mais ils sont 73% à juger inacceptable que lui ou des membres de sa famille reçoivent des contrats ou des subventions de l'État s'il devient premier ministre. 
De façon plus générale dans les intentions de vote, les libéraux et les péquistes profitent d'un mouvement de voteurs caquistes vers la catégorie des indécis. Après répartition, cela place le Parti libéral du Québec à 40%, en hausse de 5 points, le PQ à 25%, en hausse de quatre points, la CAQ à 23%, en baisse de 7 points, et Québec solidaire à 12%, en baisse de 1 point. 
Le libéral Philippe Couillard demeure le préféré pour occuper le poste de premier ministre, à 28%
contre 21% pour le caquiste François Legault, 8% pour la solidaire Françoise David et 4% pour le péquiste Stéphane Bédard. 
L'humeur des Québécois demeure stable pour un troisième mois de suite, avec 55% des sondés qui jugent que le Québec «va dans la mauvaise direction». 
Le NPD et Mulcair reculent
Le Nouveau Parti démocratique (NPD) et son chef Thomas Mulcair perdent des plumes dans le dernier sondage CROP. Des électeurs néo-démocrates semblent s'être stationnés chez les indécis ce mois-ci, remarque le sondeur Youri Rivest. Ce qui fait en sorte qu'après répartition, les libéraux grimpent de trois points, à 37%, les néo-démocrates reculent de six points, à 30%, les conservateurs montent de deux points, à 15%, et les bloquistes récoltent un point de plus, à 14%. C'est dans la région de Québec que les conservateurs obtiennent leur meilleur score avec 29 %, derrière les libéraux (24%) et les néo-démocrates (34%). M. Mulcair dégringole de neuf points dans la catégorie Meilleur premier ministre, à 22%, derrière le chef libéral Justin Trudeau, à 28 %, mais devant le premier ministre conservateur, à 12%.
Méthodologie
La collecte de données en ligne s'est déroulée du 16 au 20 octobre au moyen d'un panel Web. Au total, 1000 questionnaires ont été remplis. Les résultats ont été pondérés pour refléter la distribution de la population selon le sexe, l'âge, la région, la langue maternelle et le niveau  de scolarité des répondants.