L'augmentation de salaire se ferait à coût nul, mais François Legault s'inquiète de la perception de la population.

Sondage CROP: dans les coulisses des partis politiques

Si les partis ne commentent jamais officiellement les sondages, leurs élus n'en discutent pas moins à l'interne depuis quelque temps. Tour de table.
À la Coalition avenir Québec (CAQ), qui se classe troisième dans les intentions de vote, le chef François Legault mise sur la prochaine campagne électorale. Il n'a pas le choix, railleront ses adversaires.
M. Legault veut croire que les 33 jours du marathon électoral peuvent faire une vraie différence.
Dans son entourage, on soutient que ce sera l'occasion pour le chef caquiste de se faire valoir. Il pourra d'autant mieux y parvenir que, n'ayant à peu près plus rien à perdre, il y jouera son va-tout.
Le débat sur la charte, pour lequel la CAQ se targue d'une position «équilibrée», n'occupera pas toute la prochaine campagne, explique-t-on par ailleurs.
La plateforme du parti sera plus étoffée que lors des dernières élections, particulièrement son volet économique et celui sur les finances publiques, ajoute-t-on encore. Le député Christian Dubé deviendra un acteur de premier plan de la campagne caquiste.
Le parti attend aussi beaucoup de la commission Charbonneau... Grâce à elle, un retournement de situation est possible, entend-on en l'espérant.
Le discours est en partie semblable chez les libéraux, où l'on répète que «les enjeux de laïcité et d'intégrisme» ne monopoliseront pas tout l'espace en campagne électorale.
Devant l'évidence, on reconnaît que le flottement des dernières semaines et les faux pas de Marc Tanguay sur le tchador ont causé un tort considérable au Parti libéral.
Un fait sans doute révélateur de l'actuel état d'esprit : on parle tout naturellement des «défis» à relever. Il faut reconquérir une plus large partie de l'électorat francophone et apparaître comme «le parti de l'économie».
Le chef libéral Philippe Couillard n'aura pas le luxe du temps. Il devra s'illustrer dès la reprise de la très médiatisée période des questions à l'Assemblée nationale, programmée le 11 février.
L'opposition officielle entend coller «au jeu de base» politique en distribuant des coups. C'est ce qu'a fait mardi la députée Lise Thériault à propos «des liens entre le PQ et la FTQ» révélés à la commission Charbonneau. Un clou qu'a ensuite enfoncé la caquiste Sylvie Roy.
Québec solidaire sait qu'il est marginalisé par le débat sur la charte. Pour tirer son épingle du jeu, il entend se présenter comme le seul parti social-démocrate de l'Assemblée nationale - le Parti québécois faisant le jeu des lobbys, selon lui.
Au Parti Québécois
Au gouvernement Marois, on se félicite d'être parvenu à imposer le tempo depuis la présentation des orientations en matière de laïcité - à dicter le programme politique. On se réjouit de la force de l'appui des francophones.
On voit bien, cependant, que le soutien au projet de charte de la laïcité est plus fort que celui recueilli par le Parti. D'où la nécessité de ne pas paraître tout miser là-dessus.
Voilà pourquoi le gouvernement entend le plus possible mettre de l'avant son travail sur le front économique, son talon d'Achille, d'après ses adversaires.
Sur un plan plus social, le gouvernement Marois tablera sur son initiative visant à permettre aux Québécois en souffrance et condamnés de bénéficier d'une aide médicale à mourir. Une idée porteuse dans l'opinion publique.
On rappelle que le vote qui aura lieu à la mi-février sur ce sujet illustrera la division qui existe chez les libéraux.
Méthodologie
Les données présentées sont celles obtenues une fois les indécis répartis entre les formations politiques. Leur collecte s'est déroulée du 16 au 19 janvier par un panel Web. Mille questionnaires ont été remplis.