Gerry Sklavounos était acompagné de sa femme durant sa déclaration.

Sklavounos repentant: «Je compte devenir un exemple»

Après une «introspection», le député Gerry Sklavounos regrette que certaines de ses tentatives «maladroites» de «détendre l'atmosphère» ont pu offusquer ou rendre mal à l'aise des femmes.
Le député de Laurier-Dorion s'est présenté jeudi matin accompagné de son épouse pour faire une déclaration publique.
Il s'est décrit comme une personne «volubile», «chaleureuse» qui essaie d'être «amicale» avec tout le monde. M. Sklavounos convient qu'il a pu, en essayant «d'être drôle, de faire le petit charmant», faire des «compliments honnêtes et polis» qui ont pu causer des malaises.
«Je réalise que, dans certaines circonstances, il y a des personnes qui ne veulent pas ce type d'attention, de comportements, de paroles à l'Assemblée nationale, a déclaré M. Sklavounos. C'est ce que cette introspection m'a permis de comprendre.»
Il promet d'avoir un comportement «exemplaire» à l'avenir et de soutenir les initiatives qui favorisent l'égalité entre les hommes et les femmes. «Si, dans des tentatives de socialiser, de créer des liens d'amitié ou d'alléger l'atmosphère de manière maladroite parfois, j'ai pu offusquer ou rendre mal à l'aise, je tiens à souligner que cela m'apparaît maintenant inacceptable et inapproprié, a déclaré M. Sklavounos. Je m'engage à faire preuve de plus de prudence dans l'avenir.»
Depuis les allégations d'agression sexuelle formulées par l'étudiante Alice Paquet, M. Sklavounos dit avoir vécu un «enfer». Il affirme n'être sorti de sa maison qu'à une dizaine de reprises depuis octobre.
«Les regards suspicieux qui se posaient sur moi, de même que des propos très blessants et non fondés dans les médias et les réseaux sociaux ont eu un effet considérable» sur lui et sa famille, a dit M. Sklavounos.  
Il espère revenir à l'Assemblée nationale la semaine prochaine et reprendre sa place au caucus libéral.
Le Directeur des poursuites criminelles et pénales (DPCP), après examen du dossier de Mme Paquet, a conclu qu'aucun acte criminel n'a été commis par M. Sklavounos. Dans la foulée de cette décision, le premier ministre et chef du Parti libéral, Philippe Couillard, a néanmoins posé deux conditions à son éventuel retour au caucus. Il lui a demandé de faire une déclaration «sentie» sur ses agissements et ses intentions, notamment en matière de respect des femmes, de même que d'entreprendre «démarche personnelle».
Dans la foulée des allégations d'Alice Paquet, d'autres témoignages ont été rendus publics. D'anciennes employées de l'Assemblée nationale ou des partis ont dit avoir subi des comportements déplacés du député.    
Le chef libéral avait précisé que, malgré la décision du DPCP, la réintégration de M. Sklavounos ne pouvait être «ni immédiate, ni automatique». Autant le Parti québécois que Québec solidaire ont soutenu que les écarts moraux du député.
Présence prévisible de sa femme
La présence de la femme de Gerry Sklavounos à ses côtés, jeudi, pour s'adresser aux médias, était prévisible, selon le spécialiste des relations publiques Bernard Dagenais. 
«Il faut comprendre que c'est une règle en gestion de crise, lors d'une situation qui met en péril la famille d'une personnalité publique, de sortir avec sa femme», explique Bernard Dagenais, professeur de relations publiques à l'Université Laval ayant oeuvré dans le domaine politique. M. Dagenais donne en exemple la présence d'Hillary Clinton aux côtés de son mari Bill, alors président des États-Unis, lorsqu'il a dû répondre de ses actes dans l'affaire Monica Lewinsky, en 1998. 
«C'est un peu cynique et les gens avec du recul voient que c'est une mascarade. Mais aux yeux de la population en général, la présence de sa femme le pose en être moral avec une famille», explique le professeur au sujet de Gerry Sklavounos. 
Pression sur Philippe Couillard
La présence de l'équipe libérale de Laurier-Dorion derrière le député, durant sa prise de parole, a davantage surpris le spécialiste en relations publiques. «Ça, c'est faire pression sur Philippe Couillard pour qu'il le réintègre», explique-t-il, sceptique que la stratégie de «forcer la main» du premier ministre soit concluante dans le cas actuel. 
Tout en continuant de nier les faits lui étant reprochés par Alice Paquet, dans son discours, le député Sklavounos est parti du principe «qu'une faute avouée est à moitié pardonnée», pointe Bernard Dagenais. Ce dernier souligne finalement que Gerry Sklavounos, par le choix de ses mots, a tenté de «banaliser le harcèlement» dont on l'accuse.