Le député libéral Gerry Sklavounos

Sklavounos devra s'amender pour revenir au caucus

Les portes du caucus libéral ne se rouvriront que si le député Gerry Sklavounos montre patte blanche. Son retour est conditionnel à un engagement, «dans une déclaration très forte, très sentie et très sincère», à respecter les femmes à l'avenir.
Le Directeur des poursuites criminelles et pénales (DPCP) a statué jeudi qu'aucun acte criminel n'a été commis par M. Sklavounos, qui était visé par des allégations d'agression sexuelle. Absent depuis trois mois, le député de Laurier-Dorion a fait part de son intention de revenir rapidement à l'Assemblée nationale.
Malgré l'absolution du DPCP, les libéraux ne peuvent faire abstraction de l'ensemble des informations qui ont circulé quant au comportement de M. Sklavounos à l'égard de la gent féminine par ailleurs. «M. Sklavounos est député indépendant actuellement et rien ne l'empêche de revenir siéger comme indépendant à l'Assemblée nationale, a déclaré le premier ministre Philippe Couillard, vendredi. Cependant, aujourd'hui, sa réintégration éventuelle au caucus libéral ne peut être ni immédiate, ni automatique.»
Le droit des femmes à se sentir respectées et en sécurité dans leur milieu de travail est inaliénable, a souligné le chef libéral. La réintégration de M. Sklavounos «doit s'accompagner d'une déclaration très forte sur ces questions, sur les enjeux que ces questions soulèvent, sur les femmes dans les milieux de travail, sur comment il entend se gouverner lui-même sur ces questions.»
En bout de course, la décision finale sera celle du premier ministre. Mais, note-t-il, «toute la société» pourra juger de la sincérité de la déclaration du député de Laurier-Dorion.
Jeudi, le Parti québécois a demandé au premier ministre d'appliquer la politique de l'Assemblée nationale en matière de harcèlement au cas de M. Sklavounos. M. Couillard a répliqué qu'aucune plainte n'a été déposée. Le PQ comme la Coalition avenir Québec (CAQ) n'ont pas commenté, vendredi.
La façon dont le caucus libéral traite le cas de M. Sklavounos ne peut être considéré un indice de ce qui attend Pierre Paradis s'il advient qu'aucune accusation n'est déposée contre lui. «M. Paradis, c'est autre chose, a dit M. Couillard. Il y a une enquête policière qui est en cours. On n'en parlera pas tant que l'enquête n'aura pas eu lieu.»
Vers la reprise des travaux
Les libéraux ont tenu un caucus de deux jours à Québec pour préparer la reprise des travaux parlementaires, le 7 février. Le premier ministre veut que l'économie soit au coeur des enjeux, non seulement en raison du dépôt d'un budget, mais aussi en raison des incertitudes liées aux élections américaines et au Brexit.
Il garde espoir que la grève des avocats et notaires de l'État québécois connaisse son dénouement à court terme. Un débrayage qui freine la réalisation de son programme législatif et les travaux du Tribunal administratif du Québec (TAQ), reconnaît-il. «Il y a une perspective de solution à la table de négociation», a dit M. Couillard, qui réitère qu'il n'a pas de loi spéciale sur le radar.
Lorsque la question de la neutralité religieuse reviendra sur la table, le premier ministre souhaite que les partis adoptent à l'unanimité les éléments du projet de loi 62 qui font consensus. Les partis qui veulent aller plus loin pourront le proposer lors de la prochaine campagne électorale, dit-il. «Je ne pense pas que c'est le moment d'interdire plus», a déclaré M. Couillard.
Sa gestion de la fusillade meurtrière de dimanche a été saluée par plusieurs, notamment dans le New York Times. «Ça a été une semaine très émouvante, a indiqué le premier ministre. J'ai senti immédiatement que c'était un point tournant pour notre société. [...] Ça m'a profondément touché.»