Le premier ministre François Legault s’est dit persuadé, mercredi, qu’il était sur la voie d’obtenir un «consensus» le plus large possible sur les signes religieux, même si son caucus n’a toujours pas réussi à adopter une position en faveur ou contre la fameuse «clause grand-père» sur les droits acquis.

Signes religieux: Legault à la recherche d’un consensus

Le gouvernement Legault cherche à forger un «consensus» le plus large possible autour de la question controversée de l’interdiction faite à certains employés de l’État de porter des signes religieux.

Et le premier ministre François Legault s’est dit persuadé, mercredi, qu’il était sur la voie de l’obtenir, même si son caucus n’a toujours pas réussi à adopter une position en faveur ou contre la fameuse «clause grand-père» sur les droits acquis.

Le ministre responsable du dossier, Simon Jolin-Barrette, doit déposer son projet de loi sur la laïcité de l’État et les signes religieux avant la mi-mai, au plus tard, pour espérer voir cette pièce de législation adoptée avant l’ajournement du mois de juin.

Lors d’une brève mêlée de presse, mercredi, le premier ministre François Legault s’est montré confiant de pouvoir adopter le projet de loi sans diviser la population.

«Il commence à se former un véritable consensus au Québec», a-t-il observé, autour de l’idée d’interdire les signes religieux aux enseignants et aux autres employés de l’État ayant un pouvoir coercitif (gardiens de prison, juges, policiers).

À court terme, même s’il est majoritaire, le gouvernement cherche des alliés au sein de la classe politique pour appuyer sa thèse du «consensus» et compte surtout sur l’opposition péquiste pour y arriver.

«Si certains partis politiques peuvent se rallier à nous, tant mieux», a commenté le ministre Jolin-Barrette, lors d’une mêlée de presse.

«Sur certaines modalités, on peut négocier, mais sur le fond on sera ferme», a assuré le leader parlementaire du gouvernement, qui est aussi ministre de l’Immigration.

En discussion avec le PQ

Le chef par intérim du Parti québécois (PQ), Pascal Bérubé, n’a pas caché qu’il discutait avec le gouvernement pour déterminer si sa formation politique allait donner son appui au projet gouvernemental.

«Je suis content de voir que le PQ semble d’accord avec nous», a dit M. Legault.

M. Bérubé a rencontré le ministre Jolin-Barrette mardi à ce propos. Le chef péquiste s’est dit d’accord lui aussi, mercredi en point de presse, pour «viser le plus large consensus possible» de la classe politique quand on veut légiférer «sur un sujet aussi sensible».

Comme la CAQ, le PQ veut interdire aux employés de l’État en position d’autorité coercitive de porter des signes religieux. Mais il préconise aussi une clause grand-père, qui ferait en sorte que la future loi ne s’appliquerait qu’aux nouveaux employés de l’État, donc pas à ceux qui sont en fonction actuellement. On éviterait ainsi de porter l’odieux de devoir congédier des gens.

Caucus caquiste divisé

À quelques semaines du dépôt du projet de loi, le caucus caquiste demeure divisé sur ce point. «On continue de cheminer» sur la «clause grand-père», a admis le premier ministre.

De son côté, l’opposition libérale maintient sa position du libre choix : pas question d’interdire les signes religieux. Une rumeur laissait entendre que les députés Sébastien Proulx et Gaétan Barrette souhaitaient que le parti se donne une position plus proche de celle du gouvernement, mais les deux ex-ministres ont dit mercredi qu’ils se ralliaient au programme traditionnel du parti.

Québec solidaire poursuit sa réflexion sur cet enjeu et devrait afficher ses conclusions en mars.

Chose certaine, le crucifix qui trône derrière le fauteuil du président de l’Assemblée nationale, au Salon bleu, éternel objet de débats, est là pour rester, a réaffirmé le ministre Jolin-Barrette.