Pauline Marois a présenté mardi sa candidate dans Charlesbourg, Dominique Payette.

Seule une majorité satisfera Pauline Marois

Pauline Marois veut démarrer la campagne électorale en se portant à l'offensive avec la charte des valeurs québécoises en guise d'étendard - même si celle-ci divise.
La présence de la chef du Parti québécois dans la circonscription de Charlesbourg, mardi soir, à quelques heures du déclenchement officiel de la campagne, l'a très clairement illustré.
Pour mettre fin «aux blocages» des partis d'opposition, et plus particulièrement à ceux des libéraux, seul un gouvernement majoritaire du Parti québécois permettra de faire adopter une nouvelle loi 101 et la charte des valeurs, a-t-elle dit.
Pauline Marois entend montrer qu'elle est en mode «conquête»: conquête de circonscriptions à prendre ou à reprendre au soir du scrutin à venir, le 7 avril.
En soirée, devant quelque 150 militants, elle a présenté la candidate du Parti québécois dans Charlesbourg, Dominique Payette. Cette circonscription n'a jamais été péquiste depuis l'élection du premier gouvernement de Jean Charest, en 2003.
«Je vous demande de pouvoir voter, en votre nom, à l'Assemblée nationale, en faveur de la charte des valeurs», a lancé Mme Payette à ses sympathisants.
Pour parvenir à faire adopter le projet de loi du ministre Bernard Drainville, il faudra élire le Parti québécois et que celui-ci soit majoritaire, a insisté la candidate. Un message relayé à 100 % par la chef péquiste.
Chez le lieutenant-gouverneur
Mme Marois s'est amusée à détourner le slogan des libéraux de Philippe Couillard. «Ils s'occupent des affaires du Parti libéral», a-t-elle lancé. Elle a ignoré le slogan de la Coalition avenir Québec.
La première ministre demandera aujourd'hui au lieutenant-gouverneur du Québec de dissoudre l'actuelle Assemblée nationale. Elle présidera d'abord un conseil des ministres spécial.
Les autocars de campagne des chefs de parti commenceront leur tournée du Québec de 34 jours cet après-midi.
Le gouvernement de Pauline Marois a été élu il y a tout juste 18 mois. Il a fait élire 54 députés, soit neuf de moins que le nombre requis pour être majoritaire. Une majorité parlementaire permet de faire adopter des projets de loi sans entrave.
Certains stratèges péquistes pensent que leur parti pourra l'emporter dans 75 des 125 circonscriptions au soir du prochain scrutin.
Aux dernières élections générales, en termes de suffrages populaires, le Parti québécois l'avait emporté, mais - rappelons-le - par moins de 33 000 votes à l'échelle de tout le Québec.
Les prétendants dans Charlesbourg
Dominique Payette a été journaliste à Radio-Canada avant de devenir professeure à l'Université Laval. Sa candidature a valeur de symbole chez les péquistes. Sa mère, Lise Payette, a été ministre sous René Lévesque.
La circonscription est actuellement représentée par la caquiste Denise Trudel.
Le Parti libéral du Québec y a recruté une grosse pointure en la personne du doyen de la Faculté des sciences sociales de l'Université Laval, François Blais. Il est reconnu à travers le Canada comme l'un des spécialistes de l'idée d'un revenu minimum garanti pour les citoyens.