Justin Trudeau

Sénateurs expulsés: du choc à l'acceptation au caucus libéral

Ce fut «le choc» mercredi matin pour les 32 sénateurs exclus du caucus national du Parti libéral du Canada (PLC), dont Dennis Dawson, sénateur natif de la région de Québec.
Joint par Le Soleil plus tard en journée, M. Dawson a affirmé qu'aucun des sénateurs libéraux n'avait été consulté ou informé de la direction que prenait le PLC avant d'être rencontré mercredi matin par leur chef, Justin Trudeau.
«Le choc était assez gros», a admis M. Dawson. «De me faire annoncer par mon chef de façon un peu brutale que je ne suis plus membre de son caucus, c'est un choc.»
Mais l'amertume n'était plus au rendez-vous, «quelques heures de réflexion» après ce changement de cap. M. Dawson a en effet déclaré que s'il avait été conseiller politique de Justin Trudeau, il lui aurait conseillé la même chose. «[M. Trudeau] veut rendre le Sénat plus indépendant. C'est un objectif louable.»
La moitié du chemin
«Il y a la moitié du chemin de fait. On va voir si les conservateurs vont suivre», a ajouté M. Dawson, ce dont il doute.
Bien qu'ils soient désormais des indépendants au Sénat, les 32 libéraux continueront de s'afficher comme tel. Et effacer plusieurs années de partisanerie et de militantisme libéral ne se fait pas du jour au lendemain, a-t-il concédé. «La majorité des membres qui ont été exclus du caucus national du parti n'ont pas de difficulté à se définir comme des libéraux, comme sénateurs d'opposition», a expliqué M. Dawson, qui n'entend pas se départir de sa carte de membre du PLC.
«L'étiquette qu'on devra porter, ça, c'est à définir. Nous nous sommes donné un chef d'opposition au Sénat, un président du caucus, un whip [...] Unanimement, les 26 ou 27 sénateurs qui étaient à la réunion de ce matin, nous avons décidé de demeurer l'opposition officielle.»
Le PLC devra par ailleurs combler quelques vides au niveau organisationnel, estime Dennis Dawson. Ce dernier s'occupait d'organiser les congrès du parti au Québec, dont un dans la capitale au mois de février. En devenant indépendant, cela ne fait plus partie de ses responsabilités. «Ce n'est pas parce que je suis amer envers le parti, ce n'est simplement plus dans mon mandat», a-t-il soutenu.