Pendant son discours de près d’une heure, Andrew Scheer n’a pas fait mention une seule fois de Maxime Bernier, mais ses premiers mots ont été révélateurs, en rendant hommage à l’ancien ministre Peter MacKay, «qui a mis ses intérêts personnels de côté pour le bien de notre parti et qui a décidé de construire au lieu de détruire».

Scheer tente de rallier les conservateurs

HALIFAX — Le chef du Parti conservateur Andrew Scheer a longuement parlé aux membres de son parti, vendredi soir, pour leur lancer un message de ralliement contre les libéraux de Justin Trudeau, au lendemain de la démission fracassante du député québécois Maxime Bernier.

À un peu plus d’un an des prochaines élections fédérales, le chef conservateur a livré l’un des discours les plus importants de sa carrière à Halifax, à l’occasion du congrès national du parti auquel assistaient quelque 3000 membres de la formation politique.

«J’ai besoin de vous, notre caucus a besoin de vous. Ensemble, nous redonnerons au Canada ce qu’il mérite: un gouvernement conservateur solide et efficace avec une équipe québécoise forte et déterminée», a déclaré M. Scheer.

Pendant son discours de près d’une heure, M. Scheer n’a pas mentionné une seule fois M. Bernier, mais ses premiers mots ont été révélateurs.

Il a rendu hommage à celui qui venait de le présenter, l’ancien ministre Peter MacKay, «qui a mis ses intérêts personnels de côté pour le bien de notre parti et qui a décidé de construire au lieu de détruire». M. MacKay dirigeait le Parti progressiste-conservateur lorsque ce dernier a fusionné avec l’Alliance canadienne en 2003.

Avant d’exposer ses idées, M. Scheer a par la suite pris le temps de présenter d’où il venait: une famille modeste de l’Ontario qui devait prendre l’autobus pour se déplacer. Selon lui, il s’agit d’une preuve qu’il a plus de points en communs avec les Canadiens moyens que les «millionnaires libéraux» tels que Justin Trudeau.

Le chef conservateur a vigoureusement critiqué le bilan du gouvernement Trudeau sur l’économie, l’immigration et l’environnement. Il a en outre promis que son premier geste en tant que premier ministre serait d’abolir la taxe sur le carbone.

Il a d’ailleurs accusé les libéraux de nuire «invariablement aux gens qu’ils disent vouloir aider».

«Les libéraux aiment essayer de se draper de bonnes intentions, a-t-il soutenu. Ils essaient de convaincre les gens qu’ils sont motivés par la compassion. Mais il n’y a rien de compatissant à taxer la prospérité ou à chasser les investissements ou à fermer des usines et à mettre des travailleurs à pied.»

M. Scheer s’est d’ailleurs souvent adressé aux Québécois pendant son discours.

«Le contexte politique au Québec sera très différent en 2019. Le Bloc et le NPD foncent dans un mur. Merci, Martine!» a-t-il lancé, faisant référence à la récente crise au Bloc québécois qui a mené à la démission de la chef, Martine Ouellet.

«Il n’y a qu’une seule solution de rechange sérieuse à Justin Trudeau et c’est nous! En effet, il reste sur le champ de bataille deux adversaires historiques: les conservateurs et les libéraux. Deux partis, c’est assez: un bon et un mauvais.»