Sam Hamad  a répété à plusieurs reprises qu'à 58 ans, il avait fait «le tour du jardin» et s'est dit fier de ses réalisations. «Je ne regrette rien!» a-t-il insisté.

Sam Hamad tourne la page

Le député de Louis Hébert, Sam Hamad a annoncé jeudi qu'il quittait la vie politique sans regret et la tête haute pour retourner dans le secteur privé.
C'est avec beaucoup d'émotion qu'il s'est présenté devant la presse jeudi matin Centre communautaire Jean-Marie-Roy à Saint-Augustin-de-Desmaures pour expliquer les motifs de sa décision «mûrement réfléchie». Il a assuré que celle-ci n'était pas liée à sa mise à l'écart du conseil des ministres ou aux diverses allégations qui ont pesé contre lui dont les plus récentes datant du matin même. 
À 58 ans, il a répété à plusieurs reprises qu'il avait fait «le tour du jardin» et s'est dit fier de ses réalisations. «Je ne regrette rien!», a-t-il insisté.
M. Hamad a compris, depuis le début de l'année, qu'il n'avait aucune chance de réintégrer un jour le conseil des ministres de Philippe Couillard. Il aurait même profité des dernières semaines pour tenter de se trouver un emploi à l'extérieur du gouvernement et aurait cherché à obtenir la direction de l'Institut national de l'optique (INO), une information que le principal intéressé a cependant niée. 
Mais questionné à plusieurs reprises jeudi matin à savoir s'il sentait qu'il avait été traité équitablement par le premier ministre Philippe Couillard, M. Hamad a préféré se dire «clean cut», «très content» tout en ajoutant qu'il partait «la tête haute». Il a par la suite dit que même si on lui avait offert un poste au conseil des ministres, cela n'aurait pas changé sa décision qu'il mijote depuis des mois, voire même une année. 
Il a aussi tenu à remercier les deux premiers ministres, soit Jean Charest et Philippe Couillard, qui lui avaient fait confiance en lui accordant à plusieurs reprises d'importantes responsabilités de ministre et responsable de la Capitale-Nationale.
Difficile conciliation travail-famille
Le Syrien d'origine a rappelé un sanglot dans la voix être arrivé au Québec au début des années 1980 avec comme seul bagage deux valises «et même pas un manteau d'hiver». Il a dit qu'il sentait avoir «redonné à la société québécoise» au cours des 14 années où il a servi le gouvernement. 
Sam Hamad a affirmé que la vie politique était exaltante, mais qu'elle comportait également son lot de déceptions, de revers «et oui, d'injustices», sans toutefois préciser lesquelles. L'ingénieur de formation a également souligné à quel point la vie de parlementaire était prenante et difficile pour l'entourage de ceux qui décident de servir l'État. «Je rentre à la maison», a-t-il lancé à l'intention de sa famille. «Je vous redonne cette place que vous avez accepté de partager avec d'autres», a-t-il poursuivi en refoulant ses larmes.  
Sam Hamad a promis qu'il ne jouerait pas à la «belle-mère» et a ainsi refusé de commenter l'élection partielle qui se tiendra dans la circonscription de Louis-Hébert. Il fait une croix sur son indemnité de départ, affirmant que de toute façon il n'a jamais pris de décision en lien avec l'argent.
Généralement apprécié pour son travail alors qu'il était ministre responsable de la région de Québec, M. Hamad a été malmené par les médias et le commissaire à l'éthique pour ses relations avec Marc-Yvan Coté et son rôle dans l'aide gouvernementale à Premier Tech.
Sam Hamad a dit qu'il retournait travailler dans le domaine privé, mais que rien n'était encore finalisé. Il a précisé que ce futur emploi n'est pas lié au génie-conseil.  Avec Gilbert Lavoie
Ce qu'ils ont dit
Le Soleil s'est rendu à Saint-Augustin-de-Desmaures question de prendre le pouls de la population au sujet du départ de celui qui les représente depuis 14 ans.
«C'est malheureux, c'était un bon ministre dans la région, il faisait un bon travail. Mais il était en désaccord avec le cabinet et je pense qu'il en avait assez. Ça devient de plus en plus difficile de trouver des gens comme lui, les gens ne sont pas intéressés par la politique.» 
-Roger Pelletier
«Je pense que c'est une bonne chose. Il y avait beaucoup de controverses. Il faut qu'il passe à autre chose. C'était un bon ministre, il a fait beaucoup de choses pour la région.» 
-Lorraine Therrien
«C'était une question de temps, il s'est mis les pieds dans les plats. S'il a été exclu du conseil des ministres, c'est pour une raison, mais on ne saura jamais c'est quoi. Il a bien représenté la région.»
-Claude Poulin
«S'il a fait le tour du jardin, c'est le temps qu'il aille faire celui d'un autre. Il était convaincu qu'il ne reviendrait pas au conseil des ministres. Ce n'était pas un bon ministre, il était trop pris dans la partisanerie et les accointances. Mais comme député, il s'est occupé de son comté!» 
-Un fonctionnaire du gouvernement du Québec 
«Tant mieux pour lui! Il avait l'air malheureux. Il semblait correct [comme député], mais on ne sait pas ce qu'il s'est passé.» 
-Un résident
Sam Hamad en quelques dates
• 13 avril 2003: Élu pour la première fois député libéral dans Louis-Hébert 
• Mars 2004: Il apprend qu'il est atteint du cancer, une tricholeucémie, qui le met au repos forcé pendant quatre mois 
• 7 avril 2016: Il se retire officiellement du conseil des ministres en raison des allégations pesant contre lui
• 27 avril 2017: Remet sa démission au premier ministre 
Sera ministre entre 2003 et 2016:
• De la Capitale-Nationale à cinq reprises
• Ressources naturelles, de la Faune et des Parcs (2003-2005)
• Emploi et de la Solidarité sociale (2007-2010)
• Travail (2009-2010)
• Transports (2010-2011)
• Développement économique, de l'Innovation et de l'Exportation (2011-2012)
• Travail, de l'Emploi et de la Solidarité sociale (2014-2016)
• Administration gouvernementale et de la Révision permanente des programmes (2016)
• Président du Conseil du Trésor (2016)