Philippe Couillard a convoqué de nouveau les associations patronales et syndicales à l’Hôtel du parlement alors que cette rencontre a déjà eu lieu cette année le 26 avril.

Réunion inusitée au sommet mardi à la demande de Couillard

Inusité. Les membres du conseil des ministres du gouvernement Couillard rencontreront mardi à 15h à l’Hôtel du parlement les principaux représentants des associations patronales et syndicales québécoises.

Traditionnellement, le premier ministre du Québec rencontre les représentants des grands syndicats québécois autour du 1er mai. Ce rendez-vous a encore eu lieu cette année. Il rencontre aussi les associations patronales.

Mais une réunion commune avec tous ces corps constitués — représentants des patrons et des centrales syndicales —, c’est une première ou presque, de l’avis de plusieurs interlocuteurs avec qui Le Soleil s’est entretenu.

«C’est très flou. Il n’y a pas d’ordre du jour précis», a fait savoir un participant qui ne fait pas partie du gouvernement, et qui s’interrogeait lundi sur les tenants et aboutissants de cet exercice.

Au cabinet du premier ministre, on a précisé au Soleil que les discussions entre les membres du Conseil des ministres et les représentants patronaux et syndicaux porteront sur des sujets de préoccupations communes. «On va prendre le temps d’en discuter ensemble», a-t-on affirmé.

Sur quoi porteront les discussions? Sur la rareté de la main-d’œuvre, par exemple, mais aussi sur les conflits commerciaux avec les États-Unis, notamment sur l’aluminium, et, plus généralement, sur la renégociation de l’Accord de libre-échange nord-américain.

Il sera donc forcément aussi question d’éducation et d’immigration, a-t-on précisé.

Préoccupations

Ce sera l’occasion pour le premier ministre Philippe Couillard de réitérer ses préoccupations. Le contexte étant différent, il n’ira toutefois évidemment pas jusqu’à dire, comme il l’a fait lors du bilan qu’il a dressé vendredi de la dernière session parlementaire, que l’instabilité économique est à nos portes et qu’il y aurait un risque à changer de gouvernement le 1er octobre.

«Les décisions de Donald Trump sont une menace autant pour la stabilité économique du Québec que pour nos travailleurs, nos entreprises, nos agriculteurs. On va les défendre avec force et détermination», avait déclaré le chef libéral. «Nos agriculteurs», parce que le président américain a aussi le système de gestion de l’offre dans le collimateur.

Même si les sujets qui seront abordés mardi après-midi sont on ne peut plus sérieux, dans les partis d’opposition, on estime que le premier ministre cherche à utiliser les représentants patronaux et syndicaux à des fins électorales.

Un point de vue que Philippe Couillard rejettera lors du point de presse qu’il tiendra à l’issue de la rencontre. Il fera valoir que les menaces sont réelles et que la voie de la concertation est l’une des réponses pouvant être apportées.