Philippe Couillard

Remaniement ministériel en vue après le départ de Dufresne

Le départ du chef de cabinet de Philippe Couillard annoncerait d'autres changements à venir, dont un possible remaniement ministériel.
C'est ce qu'a laissé entendre le premier ministre mercredi, questionné sur la possibilité de brasser les cartes, en cette année pré-électorale.
La rumeur d'un remaniement n'a pas cessé de circuler depuis plusieurs mois déjà. La démission du directeur du cabinet de M. Couillard, Jean-Louis Dufresne, mardi, ainsi qu'un jeu de chaises musicales au bureau du premier ministre ont toutefois relancé les spéculations.
«Un jour, il peut y avoir des changements, pour l'instant, je peux vous dire qu'il n'y en a pas», a déclaré M. Couillard mercredi après-midi, au cours d'une visite dans une usine à Val-d'Or, où les libéraux sont réunis en vue de préparer la rentrée parlementaire.
«C'est le temps de donner un peu de souffle nouveau, on va le voir dans quelques semaines, dans quelques mois, mais pas aujourd'hui», a-t-il poursuivi.
«Nouvelle phase»
Il a d'ailleurs mentionné qu'il voulait «donner plus de place à la jeunesse».
Le chef libéral a évoqué des thèmes que le gouvernement abordera au cours des prochains mois, mais aussi au cours de la campagne de 2018 : qualité de vie des Québécois, développement des régions, pôles d'innovation pour les jeunes entrepreneurs.
Il s'agit selon lui d'une «nouvelle phase» de son gouvernement, une phase de «transformation».
Et Jean-Louis Dufresne, qui était son chef de cabinet depuis le tout début du mandat en 2014, devait partir parce que le gouvernement était arrivé à cette nouvelle phase, a justifié le premier ministre.
Il a expliqué qu'il avait fait le bilan avec M. Dufresne et que la décision avait été prise de concert avec lui. C'est un «changement nécessaire» parce qu'on change le rythme et la perspective du gouvernement, a plaidé le premier ministre en matinée avant d'entrer à la séance du conseil des ministres.
Le premier ministre a indiqué que le cafouillage de la nomination et de la démission d'Éric Tétrault comme candidat dans Louis-Hébert n'avait pas été «l'élément majeur» dans le départ de Jean-Louis Dufresne.
Un malaise était néanmoins perceptible chez plusieurs ministres du gouvernement. Avant d'entrer à la séance du cabinet, certains ont éludé les questions à ce sujet et d'autres sont passés en coup de vent.
Philippe Couillard et son chef de cabinet, Jean-Louis Dufresne, qui a quitté ses fonctions mardi matin.
M. Couillard a répondu aux affirmations voulant que M. Dufresne n'était pas apprécié dans le caucus libéral en raison de son style cassant.
«Avez-vous déjà connu un chef de cabinet de premier ministre qui fait l'unanimité dans un caucus? a-t-il demandé aux journalistes. C'est une des positions les plus difficiles en politique parce qu'on est toujours entre l'arbre et l'écorce.»
Le chef libéral a d'ailleurs assuré qu'il restait proche de ses députés et que la «relation est excellente».
Le premier ministre a aussi indiqué que le cafouillage de la nomination et de la démission d'Éric Tétrault comme candidat dans Louis-Hébert n'avait pas été le facteur décisif dans le départ de Jean-Louis Dufresne.
«Ce n'est pas l'élément majeur, l'élément majeur, c'est le changement de la phase d'exercice du gouvernement», a-t-il argué.
Un malaise était néanmoins perceptible chez plusieurs ministres du gouvernement. Avant d'entrer à la séance du cabinet, certains ont éludé les questions à ce sujet et d'autres sont passés en coup de vent.
Le ministre des Ressources naturelles, Pierre Arcand, a dit qu'il était là pour parler d'économie et a refusé de discuter des changements au bureau du premier ministre.
Le ministre de la Sécurité publique, Martin Coiteux, a refusé de commenter.
La ministre responsable de la Réforme des institutions démocratiques, Rita de Santis, est passée au pas de course et disant qu'elle remerciait M. Dufresne.
Sa collègue responsable de la Réadaptation, Lucie Charlebois, a dit que M. Dufresne «a servi le Québec et on doit le remercier, c'est tout ce que j'ai à dire».
Le leader du gouvernement, Jean-Marc Fournier, a refusé de commenter les rumeurs sur l'insatisfaction du caucus.
Il a évoqué la fatigue comme un des facteurs expliquant le départ du chef de cabinet.
«Demandez-lui, ce n'est pas un travail très facile, c'est pratiquement 24 heures sur 24», a-t-il affirmé.
M. Dufresne a été remplacé par Jean-Pascal Bernier, son directeur de cabinet adjoint, âgé de 38 ans.