Conception d'artiste du nouveau REM

REM: Pas de garantie pour des trains fabriqués au Québec

Rien ne garantit que les trains du Réseau express métropolitain (REM) seront construits au Québec, tranche le ministre des Transports, André Fortin.

Le Parti québécois (PQ) s’offusque que les wagons du méga projet de transport en commun de Montréal puissent être construits en Pologne ou ailleurs dans le monde. Ce sera là où la compagnie Alstom, qui a remporté l’appel d’offres, décidera de le faire.

«On a toujours su que le ciment, les tunnels, les ouvriers de la construction allaient être Québécois. Tout le débat qu’on mène depuis 2015, c’est de savoir quelle est la proportion de contenu québécois sur le train lui-même, le matériel roulant», explique le chef Jean-François Lisée. 

Ses questions sont toutefois restées vaines jeudi. Le ministre des Transports André Fortin a été incapable de lui garantir un minimum de contenu québécois sur le matériel roulant. 

Le ministre soutient que la Caisse de dépôt et de placement, qui est maître d’oeuvre du projet de 6,3 milliards $, «est indépendante à ce niveau-là». 

«L’assurance qu’on a, c’est qu’il y a 65% de contenu canadien dans l’ensemble du projet» et que 34 000 emplois seront créés durant la construction du REM, indique M. Fortin. Ce qu’il considère comme «des retombées importantes». 

M. Lisée fait valoir que plusieurs autres pays dans le monde exigent un minimum de contenu local sur le matériel roulant. 

Autres projets

En tournée en Beauce, le premier ministre Philippe Couillard a répliqué qu’il y aura «d’autres projets de mobilité durable au Québec», et que lorsque ce sera le gouvernement du Québec qui sera en charge des appels d’offre, il exigera 25% de contenu local pour le matériel roulant, ce qui est le maximum permis par les accords commerciaux. 

Le premier ministre a répété qu’il comprenait la déception des travailleurs de l’usine Bombardier, à La Pocatière quant au projet du REM. «On va trouver du travail pour eux, on va trouver une solution pour eux», assure-t-il. 

Norbert Morin, député libéral de Côte-du-Sud, se dit «optimiste» par rapport aux emplois liés à la construction de wagons de train et de métro dans sa région. «Nos entrepreneurs, autour de Bombardier, je pense que Alston devrait être à l’écoute», juge-t-il.  

Le député croit par exemple que l’entreprise Lanka, de La Pocatière, pourra bénéficier de la construction du REM. «Alstom, ils les connaissent, c’est des professionnels, puis ils sont reconnus à travers le monde.»

Couillard se défend de ne pas avoir fixé de seuil

Le premier ministre Philippe Couillard a dit jeudi aux entreprises québécoises d’être concurrentielles si elles veulent des contrats du Réseau express métropolitain (REM) de la Caisse de dépôt et placement.

Il réagissait aux critiques de l’opposition officielle qui accuse le gouvernement de ne pas avoir fixé un pourcentage minimum de contenu québécois dans le matériel roulant du REM.

Le contrat pour le matériel roulant a été accordé à Alstom, le grand rival de Bombardier, ce qui fait craindre pour l’usine de La Pocatière et ses fournisseurs.

En point de presse dans une usine de Bellechasse, M. Couillard a déclaré que les entreprises québécoises n’auront qu’à faire affaire avec l’entreprise qui a gagné le contrat et qu’il faudra être «compétitif». Avec La Presse canadienne.