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Manon Massé et Gabriel Nadeau-Dubois, de Québec solidaire  
Manon Massé et Gabriel Nadeau-Dubois, de Québec solidaire  

Relance: QS veut moins d’orgueil et plus d’ambition de Legault [VIDÉO]

Olivier Bossé
Olivier Bossé
Le Soleil
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Avec son plan de relance d’après-pandémie comportant 8,8 milliards $ de dépenses annuelles et 21,4 milliards $ d’investissements en infrastructures, Québec solidaire «met François Legault à l’épreuve, au défi».

«Ça m’inquiète que la relance du Québec soit bloquée, soit freinée par le manque d’ambition de François Legault et par son adhésion dogmatique et idéologique au déficit zéro. Nous, ce qu’on dit, c’est : débarrassons-nous donc de ces vieux patterns-là, de ces vieilles habitudes-là qui nous ont menés au pire bilan au Canada [en matière de décès de la COVID-19]. Ayons confiance, ayons de l’ambition, allons chercher l’argent où il est et investissons dans nos services publics», a affirmé le co-porte-parole de Québec solidaire Gabriel Nadeau-Dubois, mardi matin.

M. Nadeau-Dubois et sa copilote politique féminine, Manon Massé, dévoilaient le plan de relance du deuxième parti d’opposition à l’Assemblée nationale du Québec, lors d’une conférence de presse virtuelle. Le document intitulé Se relever ensemble : plan solidaire pour le Québec d’après réunit surtout plusieurs idées déjà mises de l’avant par le parti de gauche au fil des années. Simple question de cohérence, constate Mme Massé.

«On lui demande de relever le défi. De faire preuve d’ambition, de mettre son orgueil de côté pour le bénéfice des Québécois et Québécoises qui font des sacrifices depuis plus d’un an», a dit Mme Massé, disant espérer que certaines de leurs propositions seront retenues.

L’axe principal tourne autour de l’embauche de 92 500 personnes dans les services publics au cours des prochaines années : 50 000 travailleurs de la santé affectés aux soins à domicile, 10 000 infirmières, 10 000 éducatrices en garderies, 10 000 personnes dans le communautaire, 1000 psychologues, 1000 enseignants, 1000 inspecteurs au ministère de l’Environnement, etc. «Ça va prendre plusieurs années pour trouver ces gens-là», reconnaît M. Nadeau-Dubois, parlant d’un inévitable «chantier de grand rattrapage».

Atteindre la gratuité du transport en commun avec une réduction immédiate de moitié prix. Nationaliser le transport interurbain en autocar. Créer une société d’État visant l’autosuffisance médicale du Québec. Offrir au rabais des bons d’achat culturels pour relancer le milieu des arts, bons qui seraient gratuits pour les moins nantis. Ajouter un joueur public pour faciliter l’accès à Internet. Protéger nos bâtiments de valeur en les transformant en gîtes touristiques. Hausser sur-le-champ le salaire minimum à 15 $ de l’heure. Imposer des cibles d’embauche dans la fonction publique de 25 % de personnes des minorités visibles ou ethnoculturelles et de 15 % de personnes handicapées jusqu’à un certain rééquilibrage.

Les idées de dépenses ne manquent pas.

Et pas de nouvel impôt sur le revenu ou de nouvelle taxe à la consommation pour payer la facture.

Plutôt un impôt pandémique spécial pour les entreprises qui ont profité économiquement de la crise, proposition que QS répète depuis plusieurs semaines. Géants du web, institutions financières, grandes fortunes et grands pollueurs sont aussi dans la mire de taxes solidaires supplémentaires, tandis que la lutte aux paradis fiscaux fait encore et toujours partie du plan.

«Qu’on le veuille ou non, on sort d’une crise. Qu’on le veuille ou non, pour se sortir de cette crise-là, il va falloir un plan de relance. Moi, je n’ai pas encore entendu le plan de relance de la CAQ», a déclaré Mme Massé.

«La question est : quel type de relance on veut? C’est là que Québec solidaire vient jouer son rôle. On est sur le terrain depuis des mois aux côtés des travailleurs et travailleuses essentiels qui mangent la claque à cause des décisions des gouvernements antérieurs. Il est temps de revoir notre façon de faire les choses et donc, on dépose un plan. Faisons le débat! Si M. Legault n’a pas le courage politique de faire ce qu’on propose, qu’il présente son plan à la population et faisons ce débat-là», a résumé la cheffe parlementaire de Québec solidaire, comme un défi au premier ministre et son gouvernement.

Les travaux et débats parlementaires à Québec sont en relâche pour deux semaines et doivent reprendre le 9 mars.