L’administratrice d’entreprises Sylvie Lalande poursuit le ministre de l’Économie, Pierre Fitzgibbon, pour «propos et insinuations diffamatoires».

Relance de Capitales Médias: Sylvie Lalande poursuit le ministre Fitzgibbon

MONTRÉAL — L’administratrice d’entreprises Sylvie Lalande poursuit le ministre de l’Économie, Pierre Fitzgibbon, pour «propos et insinuations diffamatoires» et lui réclame 240 000 $ à cause de ses déclarations dans le dossier de Desjardins et de la relance des journaux de Groupe Capitales Médias (GCM).

Mme Lalande était, jusqu’au 4 décembre dernier, présidente du conseil d’administration de Capital régional et coopératif Desjardins. Elle siège également aux conseils d’administration de Québecor et de TVA.

Le litige prend sa source dans les déclarations du ministre de l’Économie et de l’Innovation, en novembre dernier, à l’époque où Capital régional et coopératif Desjardins avait annoncé qu’il n’accorderait pas de prêt pour la relance des journaux de GCM. Desjardins a changé d’idée depuis.

Interrogé par les journalistes, le ministre Fitzgibbon s’était dit étonné de la décision de Desjardins, en se demandant à voix haute «s’il y avait des forces en présence qui auraient pu faire dérailler la décision».

Quand un journaliste lui avait demandé si Capital régional et coopératif Desjardins était totalement indépendant, il avait répondu : «bien allez voir qui siège sur le c.a.», relate-t-on dans la poursuite.

Et quand un journaliste lui avait lancé : «donc la présidente du conseil n’est pas indépendante?» le ministre avait répondu : «répondez à votre question».

Se sentant ciblée, puisqu’elle est aussi administratrice de Québecor, Mme Lalande avait demandé au ministre de se rétracter — en vain.

Finalement, Mme Lalande avait quitté son poste de présidente et administratrice du conseil d’administration de Capital régional et coopératif Desjardins.

Dans sa requête, Mme Lalande allègue que le ministre Fitzgibbon a agi «de manière négligente et abusive» par ses «propos et insinuations qui remettaient en cause» son indépendance «et que le refus de CRCD de participer au financement de GCM était tributaire de ce soi-disant manque d’indépendance».

Elle ajoute que la conduite du ministre «est d’autant plus négligente qu’il s’adressait aux médias en sa qualité de ministre de l’Économie et de l’Innovation».

Elle soutient que sa «réputation est ternie à jamais en raison de ces propos» et que jusque-là, elle avait «toujours joui d’une excellente réputation».

Plus précisément, Mme Lalande réclame 100 000 $ à titre de dommages moraux, 90 000 $ à titre de dommages pécuniaires et 50 000 $ à titre de dommages punitifs — une somme qui serait versée à une œuvre de charité.

Réaction du ministre

Interrogé à ce sujet jeudi à Québec, le ministre Fitzgibbon a fait savoir qu’il avait la tête «ailleurs» que dans ce dossier. «J’ai d’autres priorités à m’occuper pour le Québec. On va focuser sur les vraies affaires.»

Il a noté qu’il avait engagé son propre avocat. Interrogé à savoir si cela voulait dire que les contribuables n’auraient pas à payer les frais d’avocat pour sa défense, il a précisé qu’il n’était pas familier avec le fonctionnement du système.

«Je respecte son point de vue», a-t-il dit, en faisant référence à Mme Lalande. Il a ajouté que son point de vue à lui reste «inchangé».