La Coalition s'oppose farouchement au partage à 50-50 des déficits passés des régimes de retraite, principale mesure prévue dans le projet de loi libéral déposé le 12 juin.

Régimes de retraite: des jeans pour protester contre le projet de loi

Policiers, pompiers, chauffeurs d'autobus: tous les employés municipaux qui sont en contact avec le public troqueront une partie de leur uniforme pour des jeans et des pantalons de combat dès vendredi pour protester contre le projet de loi sur les régimes de retraite.
Il s'agit de la nouvelle offensive mise en oeuvre par la Coalition pour une libre négociation. Ce regroupement, qui représente 65 000 employés municipaux au Québec, dénonce le projet de loi no 3 déposé par le ministre des Affaires municipales, Pierre Moreau.
Après une manifestation devant l'Assemblée nationale en mai, une pause-tintamarre simultanée dans plusieurs villes en juin et une campagne d'autocollants actuellement en cours, voilà que les employés témoigneront de leur opposition en portant des vêtements civils.
La Coalition s'oppose farouchement au partage à 50-50 des déficits passés des régimes de retraite, principale mesure prévue dans le projet de loi libéral déposé le 12 juin.
Les syndicats ne voient «aucune marge de manoeuvre pour la négociation» dans ce projet qualifié de «déclaration de guerre» et de «hold-up» des caisses des employés actifs et déjà retraités.
Le projet de loi sera étudié en commission parlementaire dans moins d'un mois, soit du 20 au 26 août. Et d'ici à la tenue de cet exercice, les syndiqués promettent de maintenir des moyens de pression.
«D'autres actions sont prévues au courant du mois d'août», a dit au Soleil le porte-parole de la Coalition pour une libre négociation, Marc Ranger. «On travaille autant à la rédaction de nos mémoires respectifs qu'à la mobilisation», a poursuivi celui qui sera entendu par les élus à titre de directeur adjoint du Syndicat canadien de la fonction publique.
Le syndicat entend plaider devant les députés que les déficits des régimes de retraite ne sont pas aussi catastrophiques que le soutiennent les maires et l'Union des municipalités du Québec.
«On est en train de faire la démonstration que les régimes sont en maudite bonne santé financière», a illustré M. Ranger. «On va démontrer que le portrait actuel n'est plus celui qu'il était. Il n'y a aucune raison au monde d'avoir un projet de loi aussi drastique. On en va faire la démonstration mathématique». M. Ranger assure du même souffle que le statu quo n'est pas la solution. Mais qu'il importe de négocier et de ne pas noircir le portrait. «Ça ne veut pas dire qu'il ne faut rien faire, ça, on en est conscients. Mais on dit que le passé, il est en train de se régler avec les bons rendements.»