Refonte des nominations partisanes à Ottawa: plus de femmes, moins de minorités

OTTAWA — La refonte du système des nominations partisanes par le gouvernement libéral a mené à la parité hommes-femmes au sein du gouvernement, mais de nouvelles données montrent que peu de ces femmes occupent des postes de direction et que les minorités visibles sont laissées de côté.

Selon des documents du Bureau du Conseil privé obtenus en vertu de la Loi sur l'accès à l'information, en date de l'an dernier, 55,5 pour cent des personnes nommées dans des agences fédérales, des conseils d'administration et d'autres organisations fédérales étaient des femmes, ce qui est légèrement supérieur à leur proportion dans la population canadienne.

Toutefois, les documents du gouvernement montrent que seulement 8 pour cent des femmes nommées ont obtenu un poste de direction. Il est difficile de comparer avec les hommes, puisque les mêmes informations ne sont pas disponibles pour la gent masculine.

Par ailleurs, près de 61,8 pour cent des candidats issus d'une minorité visible ont été exclus du processus de nomination fondé sur le mérite, contrairement à 37,6 pour cent des candidats qui ne faisaient pas partie d'une minorité visible. De plus, les candidats des minorités visibles étaient moins susceptibles d'être recommandés par le biais d'une lettre ou d'être nommés.

«C'est l'une des raisons pour lesquelles nous avons besoin de savoir ce qui constitue le mérite», affirme Kathy Brock, professeure en science politique à l'Université Queen's, qui a étudié l'évolution du système de nomination.

«Quels sont les critères utilisés pour sélectionner les personnes, et dans ces critères, certaines considérations ont-elles un impact négatif sur ces communautés?», se questionne Mme Brock.

Malgré les changements apportés par les libéraux de Justin Trudeau, le dernier mot appartient toujours au ministre responsable ou au bureau du premier ministre, ce qui signifie qu'une influence partisane demeure possible, ajoute la professeure Brock.

Un nouveau système

Plusieurs mois après avoir être arrivés au pouvoir en 2015, les libéraux ont changé la façon dont le gouvernement procède pour nommer des centaines de personnes chaque année. La majorité d'entre elles sont à temps partiel et n'incluent pas les sénateurs, les juges ou les agents du Parlement comme le commissaire à l'éthique, qui sont choisis selon un processus différent.

Avant 2015, les gouvernements décidaient simplement qui occuperait chacun des postes, souvent en les attribuant aux proches du parti. Les libéraux avaient promis de changer ce système en le fondant sur le mérite et en demandant aux comités de sélection de recommander des noms selon des critères précis.

«Le gouvernement s'efforce de parvenir à la parité hommes-femmes et cherche à faire en sorte que les peuples autochtones et les groupes minoritaires soient correctement représentés aux postes de direction», a déclaré Stephane Shank, un porte-parole du gouvernement.

Selon M. Shank, en date du 30 avril 2019, le gouvernement libéral avait procédé à 1100 nominations dans le cadre du nouveau processus, et 13 pour cent de ces personnes s'identifiaient comme étant issues d'une minorité visible, tandis que 9 pour cent se disaient autochtones.

Ainsi, le pourcentage des minorités visibles occupant actuellement un des postes concernés a presque doublé, passant de 4,4 pour cent en novembre 2015 à 8 pour cent en mai 2019.

Environ 4,5 pour cent des personnes nommées ont déclaré être handicapées, comparativement à 15,5 pour cent dans la population canadienne.

Pour ce qui est des postes de direction, seulement deux personnes issues des minorités visibles et deux membres des Premières Nations avaient été nommés dans des postes de leadership. À l'instar des minorités visibles et des peuples autochtones, seules deux personnes handicapées ont été nommées à des postes de direction.

Politique

Climat : Québec solidaire croit qu'un grand mouvement se met en branle au Québec

Québec solidaire (QS) mènera une série d'actions politiques dans le cadre de la semaine du climat qui culminera, vendredi, en une journée de «grève» où les députés se passeront d'une journée de salaire.

La formation politique appelle tous les Québécois à faire la grève et manquer une journée de travail, vendredi, afin de participer à une grande marche sur le climat. La jeune militante suédoise Greta Thunberg sera à Montréal pour l'occasion.

Par souci de cohérence, les 10 députés de QS annoncent qu'ils marcheront dans leurs régions respectives et feront don de l'équivalent d'une journée de salaire à des organismes environnementaux, soit environ 4000 $.

Si ce geste peut paraître «symbolique», il est tout de même nécessaire, a affirmé lundi le co-porte-parole de QS, Gabriel Nadeau-Dubois.

«Une grève, c'est un geste collectif. On le pose ensemble», a-t-il déclaré en point de presse à l'Assemblée nationale. Il a dit croire qu'un grand mouvement environnemental se met en branle au Québec.

Ce mouvement lui rappelle le printemps étudiant de 2012, qui a généré des manifestations monstres dans les rues de la métropole, et dans lequel il a joué un rôle majeur, un mouvement issu de la jeunesse, a-t-il souligné.

Par ailleurs, M. Nadeau-Dubois en a profité lundi pour accuser le gouvernement de la Coalition avenir Québec (CAQ) d'être «climatopassif», voire «climatosceptique», puisqu'il n'a rien fait pour le climat depuis un an, selon lui.

Il faisait ainsi écho au porte-parole du Pacte pour la transition écologique, le metteur en scène Dominic Champagne, qui s'est récemment dit scandalisé par l'inaction du gouvernement caquiste après bientôt une année au pouvoir.

«Le Québec est paralysé par l'inaction climatique sous François Legault», a insisté Gabriel Nadeau-Dubois, en soulignant que le gouvernement tarde à présenter un plan de réduction des gaz à effet de serre (GES).

A fortiori, la position du premier ministre lui-même est ambiguë, a-t-il ajouté. M. Legault dit reconnaître les changements climatiques, mais il agit pour les aggraver, selon lui, en soutenant, par exemple, le projet d'usine de gaz naturel à Saguenay et la construction d'un troisième lien routier entre Québec et Lévis. «Qu'est-ce qu'on doit croire? Les gestes de M. Legault ou ses paroles?»

Québec solidaire dédiera toutes ses interventions en Chambre cette semaine à la crise climatique. Le parti de gauche déposera deux projets de loi en ce sens «pour que le gouvernement réalise qu'il y en a des solutions sur la table».

Élections 2019

Médicaments, santé mentale et médecins de famille : Trudeau promet 6 milliards $

HAMILTON — Au treizième jour de la campagne électorale fédérale, le chef libéral tente de recentrer son discours autour de Doug Ford et de l'épouvantail que l'impopulaire premier ministre ontarien peut représenter pour tous les Canadiens.

De passage à Hamilton, en Ontario, lundi matin, Justin Trudeau a promis, s'il est réélu, de dépenser six milliards $ en quatre ans pour mettre sur pied un régime national d'assurance-médicaments, améliorer l'accès aux médecins de famille et aux soins en santé mentale et en soins palliatifs. Il n'a pu toutefois prédire le coût annuel d'un régime national d'assurance-médicaments ou l'échéancier de sa mise en place.

Cette promesse libérale d'un régime d'assurance-médicaments fait suite à un engagement semblable du Nouveau Parti démocratique, qui propose de dépenser 10 milliards $ par année pour que tous les médicaments et matériels médicaux nécessaires soient gratuits sur le lieu des soins, à compter de 2020. Le NPD soutient que les Québécois, qui jouissent déjà d'un régime d'assurance-médicaments, pourraient ainsi bonifier leur «programme avant-gardiste».

Cette promesse libérale suit aussi en grande partie les recommandations d'un groupe d'experts présidé par l'ancien ministre ontarien de la Santé Eric Hoskins, qui avait tracé la voie à suivre pour mettre en place un régime national d'assurance-médicaments au cours de la prochaine décennie. Le rapport Hoskins prédisait que le démarrage d'un tel programme coûterait 3,5 milliards $ en 2022, avant de passer à 15,3 milliards $ par année une fois que le programme serait pleinement opérationnel en 2027.

M. Trudeau n'a toutefois pas précisé ces coûts ni la façon dont il espérait parvenir à un accord avec les premiers ministres des provinces, avec qui il est souvent à couteaux tirés. La livraison des soins de santé n'est pas de compétence fédérale, mais Ottawa verse des transferts aux provinces en matière de santé.

«Pour avancer sur l'assurance-médicaments de façon nationale, il va falloir qu'on continue les négociations avec les provinces, a-t-il convenu lundi. Alors, la question devient: qui voulez-vous voir négocier avec Doug Ford sur votre santé?», a lancé le chef libéral, sentant le besoin de nommer le premier ministre conservateur ontarien plus d'une dizaine de fois en 30 minutes.

Doug Ford a multiplié les coupes dans les services depuis son arrivée au pouvoir en juin 2018, ce qui lui a valu une dégringolade spectaculaire dans les mesures de satisfaction des électeurs de sa province.

Élections 2019

Scheer prend des engagements pour faciliter l'accès à la propriété

VAUGHAN, Ont. — Le chef conservateur Andrew Scheer a dévoilé lundi matin un plan qui, selon lui, rendra plus abordable l'achat d'une maison.

M. Scheer affirme qu'il autorisera de nouveau les emprunts hypothécaires sur 30 ans afin de réduire les mensualités, d'alléger ce que l'on appelle le «test de résistance» lors de la demande de prêts hypothécaires et de supprimer complètement le test lors des renouvellements d'hypothèque.

Un gouvernement conservateur mettrait également des biens immobiliers fédéraux excédentaires à la disposition des promoteurs afin d'accroître l'offre de logements et lancerait une enquête sur le blanchiment d'argent dans le secteur immobilier.

En cherchant à augmenter la durée des hypothèques disponibles, M. Scheer infirme une décision prise par le dernier gouvernement conservateur.

À partir de 2008, les conservateurs de Stephen Harper avaient commencé à réduire le taux d'amortissement maximal des prêts hypothécaires assurés, le faisant passer de 40 à 35 ans et, en 2011, à 30 ans.

En 2012, l'ancien ministre des Finances, Jim Flaherty, l'a réduit à 25 ans, affirmant que cela contribuerait à réduire les paiements d'intérêts et permettrait aux gens de rembourser leur prêt hypothécaire plus rapidement.

La décision prise à l'époque visait à réduire le fardeau croissant de la dette des Canadiens.

Selon Statistique Canada, en août, la dette hypothécaire médiane des familles canadiennes ayant contracté un emprunt hypothécaire avait presque doublé de 1999 à 2016, passant de 91 900 $ à 180 000 $ en dollars constants de 2016.

M. Scheer fait campagne lundi dans la banlieue torontoise de Vaughan et à St Catharines, en Ontario.

Élections 2019

Les publicités du Parti vert se tournent vers les nouvelles générations

Le parti vert d'Elizabeth May s'est tourné vers les enfants et la jeunesse pour sa nouvelle campagne publicitaire.

Le parti a lancé une série de publicités — en anglais et en français  — qui montrent des enfants brandissant des pancartes avec des messages incitant à la réflexion.

Dans l'un des messages, des enfants et des bébés tiennent de grandes cartes avec des mots prononcés par leurs parents au fil des ans.

Une affiche indique ainsi que si on ne joue pas bien avec les autres, on n'aura pas d'amis, et le slogan de la publicité note que si les enfants savent comment agir, les dirigeants le devraient aussi.

Le parti affirme que l'idée est de s'attendre que les dirigeants nationaux soient tenus aux mêmes comportements que l'on attend des enfants, tout en créant un lien plus positif avec les électeurs en évitant d'attaquer leurs rivaux.

Dan Turcotte, candidat vert dans la circonscription torontoise de Don Valley-Est, a écrit et dirigé la campagne, avec le soutien de Mme May. Le stratège en communication enseigne la production publicitaire au niveau collégial.

«Les gens en ont assez que les partis politiques se critiquent sans offrir de véritable solution de rechange», a expliqué M. Turcotte, dont la fille apparaît dans une publicité. «Quand j'ai essayé de déterminer comment expliquer cette frustration à mon neveu de quatre ans, cela a été un déclic.»

Dans une deuxième publicité, des adolescents avec des affiches s'adressent sarcastiquement aux leaders qui ignorent la prochaine génération.

Une dernière publicité présente Mme May et un groupe de candidats verts dans le but de dissiper la notion selon laquelle les verts sont un parti à un seul enjeu et à une seule personne.

Politique

«Fake news»: démêler le vrai du faux

Comment faire pour démêler les vraies des fausses nouvelles? Ces fake news se partagent rapidement sur les réseaux sociaux et mènent à une désinformation de la population. Un nouvel outil de littératie médiatique national vient d’être lancé pour aider les internautes à s’y retrouver.

En pleine campagne électorale, cet outil arrive à point. Selon l’Autorité canadienne pour les enregistrements Internet (ACEI), 70 % des Canadiens craignent que de fausses informations n’affectent le résultat des élections. Il est aussi calculé que jusqu’à 90 % des citoyens ont, à un moment ou à un autre, déjà cru qu’un faux reportage lu en ligne en était un vrai.

«Essayer de contrer les fake news, c’est une guerre qu’on ne peut pas gagner. Si les journalistes devaient trier les fake news, ils y passeraient toute leur journée. Quand on sait ce qui s’est passé aux États-Unis, on sait qu’il y en a qui jouent avec ça en campagne électorale, c’est trop facile de faire fâcher les gens», indique Pierre-Paul Noreau, porte-parole de la campagne Vrai ou Faux en ligne et éditeur du quotidien Le Droit. 

La campagne se déploie partout au pays. Elle espère donner des compétences numériques aux citoyens. Vrai ou Faux en ligne est l’un des 20 projets de la grande initiative de Patrimoine canadien sur la citoyenneté numérique à laquelle Patrimoine canadien consacre 7 millions $. De cette somme, Médias d’Info Canada a obtenu 484 300 $ pour la campagne. L’outil consiste donc en un site Web, qui regroupe les conseils et astuces pour démêler le vrai du faux.

Quatre questions clé

«L’outil fournit quatre questions clés que les Canadiens peuvent se poser lorsqu’ils voient des nouvelles et des informations douteuses en ligne. Celui qui s’alimente de nouvelles par les médias sociaux, c’est surtout pour lui. Il faut regarder d’autres sources pour valider l’information. Ou bien le temps des publications : des fois on ressuscite de vieilles nouvelles qui ne sont plus d’actualité. Il y a aussi les pièges à clics, des moyens de vendre de la publicité en ligne, ça aussi c’est trompeur.»

Les écoles se muniront également d’outils de littératie numérique. Dans la société actuelle, il devient primordial d’équiper les jeunes le plus tôt possible à filtrer les bonnes des fausses nouvelles, surtout s’ils sont déjà actifs sur les médias sociaux. 

«Les vidéos, les images, les textes déformés... on fait tout ce qu’on peut pour faire valoir ses idées, il faut s’armer contre ça et essayer de se prémunir. Si on fréquente davantage les sources que l’on sait fiables, on est moins susceptibles de se faire attraper. Les journaux sont liés à des codes d’éthique, des codes de déontologie. Les gens peuvent facilement contester pour pointer les erreurs. Je pense que si les gens prennent juste un peu de temps, ils peuvent facilement se dépêtrer pour ne pas se faire manipuler.»

Le dernier conseil de M. Noreau? Si un internaute doute d’une nouvelle, rien qu’un tout petit peu, il est préférable de ne pas la partager.

SITE WEB: http://vraioufauxenligne.ca 

Élections 2019

Impôts et cellulaires: les libéraux promettent des baisses

BRAMPTON — Justin Trudeau s’est engagé dimanche à baisser les impôts et les factures de cellulaires, tentant de remettre le thème de la classe moyenne à l’avant-plan après que sa campagne eut été monopolisée par la saga des «blackface».

Le chef libéral était de passage à Brampton, en Ontario, dimanche, pour annoncer que, s’il est réélu, il rendra la première tranche de 15 000 $ de revenus libre d’impôts pour la plupart des Canadiens.

«Avec cette baisse d’impôts, nous sortirons environ 40 000 personnes de la pauvreté - deux fois plus que dans le programme conservateur - et nous rendrons la vie plus abordable pour les Canadiens», a-t-il lancé en point de presse.

Élections 2019

Le coût de la vie est le principal enjeu de la campagne, selon un sondage

OTTAWA — Les données d'un nouveau sondage dressent le portrait d'une population canadienne rongée par l'anxiété et le pessimisme économiques, des résultats qui pourraient expliquer pourquoi l'enjeu du coût de la vie se démarque comme le principal thème de la campagne électorale fédérale.

Toutefois, s'il faut tirer un constat du plus récent coup de sonde mené par Léger, c'est que les électeurs ne savent toujours pas quel parti est le plus susceptible d'apaiser leurs inquiétudes.

Dans son enquête, Léger a demandé aux gens de choisir quelle affirmation correspondait le mieux à leur situation financière personnelle.

Plus d'une personne sur quatre, soit 26 % des répondants, a indiqué que son revenu était adéquat, mais qu'elle avait tout de même de la difficulté à joindre les deux bouts et qu'elle ne s'en sortait pas.

Pour 13 % des répondants, leur revenu est tout simplement trop bas et ils s'enfoncent dans l'endettement.

Chez les 35-54 ans, ce sont 36 % des répondants qui admettent joindre difficilement les deux bouts, même avec un revenu décent, alors que 15 % d'entre eux s'endettent. Il s'agit du taux le plus élevé parmi tous les groupes d'âge interrogés.

Ne cherchez plus pourquoi les libéraux, les conservateurs et les néo-démocrates ont tous passé la première semaine de campagne à courtiser les familles, affirme le vice-président de Léger, Christian Bourque.

«Ils ont probablement des données similaires en main qui leur indiquent qu'il y a là une masse de gens pour qui la vie semble plus difficile», explique-t-il.

Le sondage a été mené du 13 au 17 septembre auprès de 1598 électeurs sélectionnés au sein du panel en ligne de Léger. Comme il ne s'agit pas d'un échantillon probabiliste, il est impossible de définir une marge d'erreur.

Élections 2019

Le «blackface» éclipse une annonce du Parti vert sur la décriminalisation des drogues

Même en l'absence du chef libéral Justin Trudeau qui a pris une journée de repos — tout comme le chef conservateur Andrew Scheer, le «blackface» a rattrapé les autres partis et leurs annonces, sauf au Québec.

Le néo-démocrate Jagmeet Singh, à Toronto, et la chef du Parti vert Elizabeth May, à Winnipeg, ont dû composer avec la controverse entourant la parution de photographies du visage grimé de noir de Justin Trudeau. Le Québec a échappé à la tourmente.

Le chef bloquiste a tenté de profiter de la fenêtre médiatique qu'il disposait pour marteler de nouveau sur le clou de l'environnement.

De l'ombrage aux verts

La controverse a porté ombrage à une importante annonce électorale des verts.

De passage à Winnipeg, Elizabeth May a annoncé que son parti voulait décriminaliser la possession de toutes les drogues actuellement illégales afin de résoudre la crise des opioïdes. Selon elle, il faut que cet enjeu ne soit plus traité «comme un problème criminel», mais comme «un problème de santé».

Mais l'annonce est presque passée inaperçue puisque la chef de la formation a dû passer plus de temps à commenter les photographies de Trudeau que de parler de l'engagement de son parti.

Mme May semblait être plus encline à absoudre M. Trudeau. Un de ses propres candidats vedettes à Terre-Neuve-et-Labrador a reconnu lui-même avoir coloré sa peau dans le passé.

Greg Malone, qui se présente dans la circonscription d'Avalon, a raconté qu'il avait teint sa peau pour interpréter Mahatma Gandhi dans un sketch diffusé pendant un épisode de la série CODCO, une émission humoristique de la CBC dans les années 1980 et 1990. M. Malone en en parlé dans un article publié sur le site internet de la société d'État. Il y soutient que les Blancs doivent faire un plus grand effort pour se placer dans les souliers des minorités visibles.

Politique

La CAQ est un gouvernement de climato-sceptiques, selon Dominic Champagne

Bien campé chez les climatosceptiques, le gouvernement Legault ne répondra pas à l'appel des Nations unies (ONU) qui demande d'arriver à New York la semaine prochaine avec des solutions en vue de combattre les changements climatiques.

C'est la conviction du porte-parole du Pacte pour la transition écologique, le metteur en scène Dominic Champagne, scandalisé par l'inaction du gouvernement caquiste après bientôt une année au pouvoir.

Il avait pourtant rencontré M. Legault dans la foulée du lancement du Pacte l'an dernier et même adhéré à la Coalition avenir Québec (CAQ) en signe de bonne foi. Mais au cours d'une entrevue avec La Presse canadienne publiée samedi, il a exprimé sa déception, mais aussi son espoir que la mobilisation force le gouvernement à agir.

Le ministre de l'Environnement, Benoit Charette, et son collègue à l'Énergie, Jonatan Julien, débarqueront à New York la semaine prochaine pour le Climate Week, un grand sommet annuel coordonné par l'ONU, mais Dominic Champagne est persuadé qu'ils ne présenteront aucun plan concret.

Depuis Jean Charest, la tradition voulait que le premier ministre aille en personne au Climate Week, puisque le Québec joue en rôle important en diplomatie climatique chez les États fédérés, mais François Legault y envoie plutôt ses ministres.

«ll n'est pas dans sa zone de confort, il n'est pas prêt, il ne débarquera pas là sans avoir l'ombre d'une solution», a déploré M. Champagne.

Un appel de l'ONU

Pourtant l'an dernier le secrétaire général de l'ONU, Antonio Guterres, avait lancé un appel à la société civile, ainsi qu'un cri du coeur aux dirigeants du monde entier, comme quoi «il n'y a plus de temps à perdre» devant l'urgence climatique: il exigeait des solutions pour cette année et non plus des discours.

«Le gouvernement Legault demeure dans le camp des climatosceptiques [ceux qui réfutent le consensus scientifique sur les bouleversements climatiques]», a poursuivi M. Champagne.

«C'est légitime de demander [si les caquistes] sont climato-sceptiques, parce que pour l'instant ils agissent et gouvernent comme des climato-sceptiques. Quels gestes ont-ils posés depuis un an? À peu près le néant. [...] Quelle réponse les ministres donnent-ils à l'appel de l'ONU? Quel plan concret? Le gouvernement est dépassé, déphasé par rapport à l'urgence.»

Il reconnait que la CAQ a mis en place des mesures, par exemple pour encourager l'achat d'autos électriques. Cependant, «ces gestes ne sont pas à la hauteur du défi», et «le préjugé favorable» envers des projets comme l'usine de liquéfaction de gaz naturel à Saguenay «vient annuler toute velléité d'effort du gouvernement».

Le Plan d'action du Québec sur les changements climatiques de 2020-2030 se fait encore attendre, tandis que pour le plan 2013-2020, le Québec est en voie de rater sa cible de réduction de 20 pour cent des émissions de gaz à effet de serre (GES) par rapport au seuil de 1990.

«Le gouvernement n'a encore rien à nous soumettre et ce qu'il va nous soumettre, je suis persuadé que ce ne sera pas à la hauteur de la situation, a déclaré M. Champagne. Après ils vont se défendre en disant qu'ils sont pragmatiques et qu'on aura encore besoin du pétrole longtemps.»

Garder espoir

Néanmoins il garde espoir et compte sur la mobilisation populaire pour finir par infléchir le gouvernement, «amadoué par une industrie toute puissante qui a “runné la business” depuis plus d'un siècle». Car au-delà des gestes individuels, il faut des politiques publiques pour répondre à la crise actuelle et se «désintoxiquer du pétrole», estime-t-il.

Le Québec a la chance de compter sur une «potion magique», selon ses mots: l'hydro-électricité. M. Champagne appelle le gouvernement à miser une fois pour toutes sur l'inventivité, les ressources et le génie québécois, pour entreprendre un véritable virage vert.

«On a décidé de devenir “maitres chez nous” et fonder notre modernité sur deux valeurs fondamentales: énergie propre et partage de la richesse liée à l'exploitation de cette énergie. Mais aujourd'hui, les projets qui chatouillent le coeur de notre gouvernement sont basés sur une énergie sale au profit d'intérêts privés, c'est tout le contraire de ce que nous sommes.»

Élections 2019

Un bébé en campagne avec les conservateurs

TORONTO — La petite Georgia Hubick n'a que neuf semaines, mais elle accumule déjà des milliers de kilomètres au compteur.

Georgia suit la campagne électorale des conservateurs avec sa mère, Kenzie Potter, conseillère politique principale du chef Andrew Scheer. En sept jours à peine, la petite a visité près d'une quinzaine de villes et villages dans sept provinces canadiennes, alors que sa mère continue d'exercer ses fonctions.

«Beaucoup de gens la voient descendre de l'autocar et ils sont plutôt surpris, ou bien ils demandent: "tu amènes un bébé en campagne?"», a déclaré Mme Potter, dans une entrevue accordée à La Presse canadienne lors d'une rare pause électorale, cette semaine à Toronto. «Je ne sais pas trop s'ils trouvent ça exagéré ou sympathique.»

Andrew Scheer et sa femme Jill, eux, trouvent ça éminemment sympathique. «Je ne pourrais plus imaginer la campagne sans elle», dit le chef conservateur.

Entrainer un bébé dans la tourmente d'une campagne électorale est assez inhabituel pour un membre du personnel politique; mais pour M. Scheer et sa femme, qui sont très «famille», ce choix était tout naturel. Les Scheer ont cinq enfants — Thomas, Grace, Madeline, Henry et Mary, âgés de 14, 12, 10, 8 et 3 ans - et le chef conservateur aime bien rappeler en rigolant que pendant toutes ses campagnes électorales depuis 2004, sa femme était soit enceinte, soit nouvelle maman. «C'est Kenzie qui l'a fait cette fois-ci pour perpétuer la tradition», plaisante M. Scheer.

Il reste que Mme Potter, âgée de 37 ans, ne voulait pas dire à son chef qu'elle était enceinte — et qu'elle allait accoucher environ deux mois avant le déclenchement des élections fédérales. «C'est tout ce dont on pouvait rêver : c'est la coupe Stanley pour nous», déclare Mme Potter, la petite Georgia dans les bras, assise sur un canapé dans un hôtel d'aéroport entre M. et Mme Scheer.

Le moment, par contre, était un peu mal choisi: la conseillère avait l'impression de laisser tomber un ami au moment précis où il avait le plus besoin d'elle. Mais elle soutient que M. Scheer l'a immédiatement rassurée en lui rappelant que pour lui, les enfants sont ce qu'il y a de mieux dans la vie, et il l'a aussitôt invitée à emmener Georgia dans l'avion. «Affaire classée.»

Élections 2019

«Blackface»: Singh ne veut pas devenir un instrument de relations publiques

TORONTO — La campagne du chef néo-démocrate Jagmeet Singh n'a pas fait relâche samedi, pendant que ses adversaires libéral et conservateur s'accordaient une journée de repos.

En après-midi, le chef du Nouveau Parti démocratique est revenu une fois de plus sur la controverse dans laquelle s'est embourbé Justin Trudeau au cours des derniers jours, en raison des vieilles images le montrant avec un maquillage auparavant employé pour dénigrer les personnes noires.

L'équipe libérale avait rapidement contacté les néo-démocrates pour organiser un entretien avec Jagmeet Singh, la seule personne racisée à diriger l'un des principaux partis fédéraux.

M. Singh a précisé samedi que la rencontre n'avait pas encore eu lieu. Il a dit avoir accepté l'invitation, mais à condition que leurs échanges demeurent privés.

«Je ne veux pas être instrumentalisé pour exonérer M. Trudeau, a-t-il fait valoir. Je ne veux pas être impliqué dans un exercice de relations publiques.»

M. Singh a expliqué sa position en point de presse à Toronto, à l'issue d'une table-ronde avec de jeunes leaders communautaires racisés. «Je veux utiliser ma tribune pour amplifier vos voix», leur a-t-il lancé.

Des participants ont relevé que cette saga de blackface ne devrait pas être analysée comme un cas isolé de racisme au sein du Parti libéral du Canada, évoquant notamment les relents colonialistes de leur politique étrangère.

M. Singh a saisi l'occasion pour présenter les engagements du NPD en matière de lutte au racisme systémique. Il propose notamment d'interdire les pratiques policières discriminatoires au sein de la Gendarmerie royale du Canada, comme les contrôles d'identité de routine.

Il s'engage aussi à tenir les réseaux sociaux responsables d'éliminer les contenus haineux et extrémistes sur leurs plateformes.

Le NPD veut également s'attaquer aux disparités salariales liées à l'origine ethnique, de même qu'à la surreprésentation chronique des personnes noires et autochtones dans la population carcérale fédérale par le biais d'une approche collaborative avec les communautés concernées.

Élections 2019

Le Bloc québécois n'a pas l'intention de finir deuxième au Québec

REPENTIGNY — Contrairement à ses adversaires libéral et conservateur, le chef du Bloc québécois n'a pas pris congé de campagne, samedi. Yves-François Blanchet était en tournée dans Lanaudière pour parler d'économie d'énergie et d'agriculture, mais aussi pour convaincre davantage d'électeurs parce qu'il n'a pas l'intention de finir deuxième.

Selon les plus récentes données sur les intentions de vote des électeurs, le Bloc québécois se trouvait en deuxième place au Québec, à bonne distance des libéraux en tête, mais au coude à coude avec le Parti conservateur.

Ces chiffres semblent motiver le chef bloquiste.

«Notre début de campagne est bon. Mais je vous dirais que pour le bien des Québécois, il se pourrait que la seconde place ne suffise pas», a déclaré M. Blanchet en conférence de presse au parc Lajoie, samedi matin à Repentigny. Nous avons encore un mois, jour pour jour, pour arriver à convaincre, un par un, les Québécois des vertus de notre programme pour représenter et porter leur voix [...] à Ottawa.»

Selon lui, la priorité des électeurs du Québec est la lutte aux changements climatiques et c'est le principal thème sur lequel se déroule la campagne du Bloc.

«Pas l'environnement en tant que reproches, mais en tant que création de plus de richesse pour le Québec», a tenu à préciser celui qui en est à sa première campagne à titre de chef de parti.

Au cours des dix premiers jours de campagne, le Bloc Québécois a demandé un programme pour l'électrification de la flotte d'autobus scolaires, une aide pour rendre accessibles les véhicules électriques ou hybrides aux familles avec des revenus modestes, en plus d'exiger l'arrêt des subventions aux pétrolières pour rediriger les fonds vers les énergies renouvelables.

Santé

Québec veut offrir 1,5 million d'heures de plus en soins à domicile cette année

MONTRÉAL — Le gouvernement québécois veut offrir plus de 1,5 million d'heures supplémentaires en soins à domicile cette année, notamment pour les aînés.

Ces soins seront payés à même la somme de 280 millions $ annoncée et mise de côté dans le budget provincial de mars dernier.

Vendredi matin, la ministre de la Santé et des Services sociaux, Danielle McCann, a qualifié cet investissement d'«historique».

Elle a détaillé comment les 280 millions $ seront dépensés lors d'une conférence de presse tenue dans le CLSC de Verdun, à Montréal, en compagnie de la ministre responsable des Aînés et des Proches aidants, Marguerite Blais, et du ministre délégué à la Santé et aux Services sociaux, Lionel Carmant.

L'objectif est de fournir des soins à davantage de personnes, a dit la ministre, et d'intensifier les services pour ceux qui les reçoivent déjà.

Selon elle, les investissements du gouvernement caquiste permettront d'offrir plus de 1,5 million d'heures supplémentaires en soutien à domicile. Pour l'année 2019-2020, cela correspond à une augmentation de 20 % des heures par rapport à 2017-2018, soutient-elle.

Cela peut aussi permettre l'embauche de quelque 2570 nouveaux employés, à temps complet, pour prodiguer ces soins.

La majorité des sommes, soit 171 millions $, sont allouées pour augmenter le volume et l'intensité des soins pour les aînés, pour les personnes présentant une déficience physique ou une déficience intellectuelle, ainsi que pour celles vivant avec un trouble du spectre de l'autisme.

Questionnée sur la pénurie de travailleurs en santé pour combler de tels postes, la ministre McCann a répondu que son ministère fait beaucoup d'efforts pour la formation, qu'il offre des bourses et tente de recruter à l'étranger. Elle incite les établissements de santé à offrir aux employés des postes permanents, à temps complet, pour les rendre plus attrayants.

Elle a aussi dit comprendre que le gouvernement doit se pencher sur la question de la rémunération de ces travailleurs.

Élections 2019

Discours en 2005 sur le mariage gai : toujours pas d'excuses de Scheer

SAINT-JEAN, N.-B. — Au moment où son rival libéral multiplie les actes de contrition pour se faire pardonner les «blackfaces» de son passé, le chef conservateur refuse de s'excuser pour un discours passé que la communauté LGBTQ juge offensant.

Pour la deuxième journée consécutive, Andrew Scheer a préféré contourner la question lorsqu'on lui a demandé pourquoi il ne s'était toujours pas excusé pour un discours fait en chambre en 2005.

Dans ce discours, tenu pendant le débat sur le projet de loi autorisant le mariage des conjoints de même sexe, M. Scheer, alors simple député, âgé de 25 ans, a offert une série d'arguments. Parmi ceux-ci, il a déclaré que de demander combien de pattes auraient un chien si on comptait sa queue comme une patte ne fait pas de sa queue une patte. Il en a alors conclu que d'adopter le projet de loi serait comme forcer les Canadiens à appeler une queue une patte.

Vendredi matin, à son premier arrêt de campagne de la journée, M. Scheer n'a pas offert d'excuses. Il s'en est tenu à dire qu'il avait déjà réagi à cette affaire.

Il y a un mois, les libéraux ont déterré la vidéo du discours aux Communes de M. Scheer pour l'embarrasser. Vendredi matin, le chef conservateur disait que le sujet du jour était plutôt les excuses de Justin Trudeau.

Par ailleurs, M. Scheer a promis de dépenser 1,5 milliard $ dans un premier mandat conservateur pour mieux équiper les hôpitaux des provinces en appareils d'imagerie par résonnance magnétique (IRM) et d'appareils de tomodensitométrie (TDM).

Élections 2019

«Blackface»: La campagne des libéraux chamboulée

WINNIPEG — Plutôt que d’entreprendre sa journée avec une nouvelle promesse électorale du Parti libéral, le chef Justin Trudeau a passé le neuvième jour de la campagne à enchaîner les conversations difficiles avec ses candidats, des leaders communautaires et ses trois enfants à propos de toutes les fois où il s’est maquillé la peau de brun ou de noir.

À la suite du point de presse de fin de soirée, mercredi, organisé en catastrophe pour livrer ses excuses à bord de son avion de campagne, Justin Trudeau et son équipe se sont réfugiés dans un hôtel de Winnipeg, à l’écart des journalistes.

Le scandale a ébranlé la campagne libérale en fin de journée mercredi, au moment de la publication d’une photographie de 2001 montrant M. Trudeau costumé à la manière d’Aladdin avec la peau du visage et des mains maquillée dans un ton foncé.

Contrairement à la routine quotidienne, l’organisation de la campagne n’a pas publié, mercredi soir, l’horaire du chef pour la journée de jeudi. Le personnel paraissait épuisé et tout le monde évitait de répondre aux questions sur le programme de jeudi.

Tout ce qui était prévu à l’horaire est passé à la trappe.

Jeudi matin, toujours aucune nouvelle du plan de match de Justin Trudeau. Les journalistes se sont réveillés les yeux cernés en prenant connaissance d’une vidéo obtenue par Global News, remontant aux années 1990, montrant un troisième incident impliquant le chef libéral avec la peau maquillée.

Du côté de l’organisation libérale, le silence planait toujours à propos du programme d’activités à Winnipeg.

Les quelques rares employés de la campagne ayant dormi au même hôtel que les journalistes se sont consultés discrètement dans le restaurant de l’établissement, discutant à voix basse. Lorsqu’ils ont été interrogés par les médias, ils ont affiché leur plus beau sourire en affirmant que tout allait bien.

Élections 2019

«Blackface»: retentissement mondial

TORONTO — La controverse entourant le visage barbouillé de noir de Justin Trudeau a franchi les frontières canadiennes.

Des médias internationaux réputés ont consacré temps et espace aux excuses présentées par le chef libéral. Ils ont aussi remis en cause sa réputation mondiale de défenseur des valeurs progressistes.

Des journaux, des sites Internet et des chaînes de télévision américaines, britanniques, australiennes et d’ailleurs ont réagi vivement à la publication d’une photo datant de 2001 qui menace de chambouler la campagne électorale libérale.

«M. Trudeau est depuis longtemps considéré comme un flamboyant porte-parole pour les progressistes assiégés du monde. Il a tenu tête au président Donald Trump. Il a soutenu les droits de la personne et les droits des Autochtones. Il a accueilli les immigrants. Il lutte contre les changements climatiques et le racisme», écrit le New York Time. «Cette image soigneusement étudiée a subi un coup terrible.»

Le ton était semblable dans plusieurs autres médias qui ont mis en parallèle l’aveu de M. Trudeau d’avoir manqué de jugement, ses excuses, son attachement aux valeurs progressistes et la nomination d’un conseil des ministres paritaire lors de son ascension au pouvoir en 2015.

On pouvait lire ou entendre des récits semblables dans d’autres grands médias internationaux comme l’Associated Press, The Guardian, la BBC, le Sidney Morning Herald et Al Jazeera.

Ailleurs, la couverture était plus partisane.

Ainsi, Fox News a consacré beaucoup de temps d’antenne à la controverse lors de son émission du matin Fox and Friends.

Un comité de commentateurs s’est aussi penché sur l’affaire Trudeau sur les ondes de CNN. S’ils ont condamné sa conduite antérieure, ils ont vanté les excuses présentées par le premier ministre, le comparant avantageusement à l’effronterie habituelle de Donald Trump.

«Wow! Un chef politique qui s’excuse. Cela peut sembler étrange, n’est-ce pas? Parce que nous, nous en avons un qui ne le fait jamais.»

D’autres médias ont tenté d’analyser les répercussions de la controverse sur la campagne électorale canadienne.

Par exemple, le site Politico a tenté de replacer la conduite de M. Trudeau dans un contexte national, et a conclu que les photos diffusées pouvaient nuire à la réélection des libéraux.

«Un grand nombre de Canadiens jugent ces incidents tout aussi scandaleux que le feraient leurs voisins américains, lit-on dans l’article. Ils font valoir que les différences historiques ne sont pas une excuse, car les blackfaces occupent une place tout aussi contestable — bien que moins connue — dans l’histoire du Canada.»

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«Blackface»: douleur et colère chez les Premières Nations

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Élections 2019

«Blackface»: douleur et colère chez les Premières Nations

VANCOUVER — Des candidats autochtones aux élections fédérales et des leaders de communautés des Premières Nations ont exprimé leur étonnement, leur douleur et leur frustration, jeudi, devant les blackfaces de Justin Trudeau.

Plusieurs candidats étaient présents à l’assemblée générale annuelle de l’Assemblée des Premières Nations de la Colombie-Britannique, à Vancouver.

Joan Phillip, candidate néo-démocrate autochtone dans cette province, trouve «tout à fait inacceptable» que M. Trudeau, alors âgé de 29 ans, se soit peint le visage en brun, en 2001. «Ses excuses sont creuses, a-t-elle soutenu. Il y a deux éléments dans des excuses : les regrets proprement dits, puis le geste qu’on pose par la suite» pour s’amender. «S’il avait une once d’intégrité, il démissionnerait, tout simplement», a estimé la candidate dans Central Okanagan-Similkameen-Nicola.

Plusieurs candidats autochtones croisés à Vancouver ont aussi déclaré qu’ils avaient été blessés par ces images controversées, en particulier parce que M. Trudeau avait suscité beaucoup d’espoir au sein des Premières Nations en 2015 en leur promettant une relation nouvelle.

«Nous ne pouvons pas nous défaire de la couleur de notre peau : c’est ce que nous sommes», a déclaré Lydia Hwitsum, candidate du Parti vert dans Cowichan-Malahat-Langford, sur l’île de Vancouver. «Quand vous pensez à la façon dont nous, peuples autochtones, luttons contre la discrimination et contre tous les torts et les blessures causés par la couleur de notre peau [...] c’est frustrant de voir un chef qui ne peut pas donner le genre d’exemple que ce pays mérite.»

Bob Chamberlin, candidat néo-démocrate dans Nanaimo-Ladysmith, estime de son côté que les photos publiées depuis mercredi montrent que le racisme est «bien vivant» au Canada.

Terry Teegee, chef régional de l’Assemblée des Premières Nations pour la Colombie-Britannique, s’est dit «déçu et dégoûté» à l’instar de nombreux Autochtones.

May en a eu la nausée

La chef du Parti vert, Elizabeth May, et les candidates indépendantes Jody Wilson-Raybould et Jane Philpott, ex-libérales, assistaient également à la conférence de Vancouver. Les trois femmes ont condamné les photographies de blackface.

Mme May, qui soutient en avoir ressenti physiquement de la nausée, estime que M. Trudeau ne comprend pas que les colonisateurs canadiens jouissent de privilèges. S’il veut se solidariser avec les peuples autochtones, selon elle, il doit «s’élever».

«J’en ai assez. Et je pense à l’impact pour chaque enfant de ce pays, qu’il soit autochtone ou de couleur, et quel impact cela a sur eux personnellement. Cela fait du tort. C’est raciste», a-t-elle soutenu.

Jane Philpott, ex-ministre libérale et candidate indépendante pour sa réélection dans Markham-Stouffville en Ontario, était devenue plus tôt jeudi très émotive en prononçant un discours exhortant le gouvernement fédéral à financer un centre de santé pour les personnes souffrant d’intoxication au mercure dans la Première Nation de Grassy Narrows, dans le nord de l’Ontario.

«J’estime que nous devons nous attendre aux plus hauts standards d’intégrité de nos dirigeants et cela signifie que rien ne doit nous être dissimulé — certainement pas pendant une longue période», a-t-elle déclaré. «Je pense que nous devons demander des comptes à nos représentants. Et dans le cas des chefs de parti, je pense que les autres représentants de ce parti devraient demander des comptes à leur chef.»

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Politique

Bouteilles de vin: unanimes, les députés réclament la consigne

Après quelques déchirements, tous les députés de l’Assemblée nationale se sont finalement entendus pour réclamer qu’une consigne soit imposée sur les bouteilles de vin et de spiritueux au Québec.

Pour la députée solidaire Ruba Ghazal, le dépôt jeudi du rapport de la Commission des transports et de l’environnement sur les enjeux de recyclage et de valorisation locale du verre constitue «une victoire». «C’est la première fois dans l’histoire du Québec que tous les partis sont en faveur de la consigne sur les bouteilles de vin et de spiritueux de la SAQ», se réjouit-elle.

Plus tôt cette semaine, les discussions entre les partis étaient dans l’impasse et la publication du rapport était compromise. Mme Ghazal est heureuse que ses collègues députés de la Coalition avenir Québec (CAQ), du Parti libéral du Québec (PLQ) et du Parti québécois (PQ) aient accepté de mettre de l’eau dans leur vin. 

«Tous les élus vous disent, aux lobbyistes anticonsigne, que l’important, ce ne sont pas vos intérêts économiques, mais c’est bien le bien commun. Et le ministre Charette doit continuer à résister aux lobbyistes», commente-t-elle. 

La députée espère que le Québec réussira à se sortir de la crise du recyclage, qui fait paraître les Québécois «comme des arriérés par rapport à la question du recyclage», selon elle. 

La commission parlementaire, qui a entendu 30 groupes à la mi-août, a accouché de neuf recommandations. En plus d’élargir la consigne, la commission recommande aussi de moderniser les centres de tri afin d’améliorer la qualité des matières triées, d’interdire l’enfouissement du verre, d’encourager le développement de débouchés locaux du verre et de bonifier les mécanismes permettant d’assurer la traçabilité des matières résiduelles. 

En 2018, 72 % du verre consommé par les foyers québécois s’est retrouvé au dépotoir. En commission parlementaire, la Société des alcools du Québec (SAQ) a causé la surprise en se montrant ouverte à la consigne des bouteilles de vin et de spiritueux, à condition que celles-ci ne soient pas rapportées dans ses succursales. 

Le ministre de l’Environnement Benoit Charette a réagi positivement à la publication de ce rapport, en rappelant que face à la crise du recyclage, «le statu quo n’est pas une option». 

«C’est un rapport d’une qualité qui est plus qu’intéressante et ce sera un bel élément pour nous pour s’inspirer», ajoute-t-il. D’ici quelques semaines, le ministre Charette présentera les mesures qu’il compte mettre de l’avant pour répondre à cette crise. 

Tweet «inopportun»

En lien avec les travaux de la commission, le président de l’Assemblée nationale François Paradis a rappelé à l’ordre M. Charette pour un tweet publié mercredi qu’il a qualifié «d’inopportun». 

La députée libérale Marie Montpetit a déploré sur Twitter que «la CAQ impose un rapport vide en refusant que les membres de la commission fassent leur travail». Ce à quoi le ministre de l’Environnement a répondu en imposant un ultimatum. «Vous avez jusqu’à 14 heures aujourd’hui pour accepter que le rapport de la commission contienne de véritables constats et recommandations. Il est temps pour vous d’agir comme la personne soucieuse de l’environnement que vous dites être. La décision vous revient.» 

S’il «prend acte» de la décision du président de l’Assemblée nationale, le ministre Charette croit ne rien avoir à se reprocher. «Je ne me suis pas immiscé dans les travaux de la commission.»

Politique

Le Québec est une province bilingue, selon la ministre Sonia LeBel

Le Québec est une province bilingue, a affirmé jeudi la ministre Sonia LeBel, avant de se raviser.

Ce serait même la seule province bilingue au Canada, selon la ministre responsable des Relations canadiennes et de la Francophonie canadienne.

Or, depuis 45 ans, la langue française est la seule langue officielle du Québec. C'est le gouvernement de Robert Bourassa qui avait fait adopter la loi 22, en 1974, ouvrant ainsi la voie à la loi 101, adoptée en 1977 par le gouvernement de René Lévesque.

Et la seule province canadienne officiellement bilingue est le Nouveau-Brunswick.

Au micro de l'animateur Paul Arcand, sur les ondes du 98,5, tôt jeudi matin, la ministre LeBel était invitée à commenter les demandes formulées cette semaine par son gouvernement aux chefs de parti, dans le cadre de la campagne électorale fédérale présentement en cours.

«Le Québec est la seule province bilingue au Canada», a déclaré la ministre LeBel, durant l'entrevue, en parlant des demandes du gouvernement Legault portant sur la question linguistique.

«C'est un lapsus», a cependant corrigé la ministre en mêlée de presse, quelques heures plus tard, cherchant à se faire rassurante sur ses connaissances du portrait linguistique canadien.

«Je veux rassurer les gens», a ajouté la ministre, affirmant qu'elle était «très au fait» que le Québec était francophone.

Et elle a précisé aussitôt qu'elle savait aussi que la seule province bilingue du Canada était le Nouveau-Brunswick.

Durant l'entrevue radiophonique, elle rappelait que son gouvernement souhaitait que les entreprises à charte fédérale installées au Québec, comme les banques, soient assujetties à la loi 101. Le gouvernement caquiste voudrait que tous les chefs s'engagent dans cette voie, s'ils prennent le pouvoir à Ottawa le 21 octobre.

Elle disait juger «aberrant» que la langue française n'ait pas le même statut dans les différents milieux de travail, qu'ils soient de compétence fédérale ou québécoise.

L'opposition péquiste a tenu à déplorer le «lapsus» de Mme LeBel.

«C'est navrant d'avoir à rappeler à la ministre des relations entre Québec et Ottawa» que le Québec n'est pas une province bilingue et que sa seule langue officielle est le français, a regretté le chef par intérim du Parti québécois (PQ), Pascal Bérubé, en mêlée de presse.

Élections 2019

«Maxime Bernier va faire des siennes», déclare le président de l'UPA

«Je pense qu’il y a comme une vendetta de M. Bernier. C’est sûr qu’il en veut énormément à l’UPA et aux producteurs agricoles du Québec, qui lui ont fait perdre sa course au leadership. C’est sûr que Maxime va faire des siennes, mais on va voir.»

Marcel Groleau est président général de l’Union des producteurs agricoles (UPA) du Québec depuis 2011. Il a travaillé avec et contre le député fédéral de la circonscription de Beauce. En 2017, l’UPA et ses membres ont fait pencher la balance dans la course à la chefferie du Parti conservateur du Canada en achetant des cartes de membres pour voter contre lui.

Son opposition catégorique au système de gestion de l’offre de production du lait, de la volaille et des œufs lui avait mis les agriculteurs québécois à dos.

«Pas très crédible»

«M. Bernier essaie d’avoir une couleur différente, mais là-dessus [la gestion de l’offre], il n’est pas très crédible, estime M. Groleau. Quand il était avec les conservateurs, on négociait le Partenariat transpacifique. Avant 2015, il était même adjoint du ministre Ed Fast, responsable du commerce international.

«On était ensemble à Atlanta et M. Bernier défendait bec et ongles la gestion de l’offre devant les producteurs agricoles. On était ensemble sur les mêmes tribunes en Beauce, à Sainte-Marie entre autres, où il défendait son gouvernement et la gestion de l’offre. Là, tout à coup, il a voulu se distinguer dans sa campagne au leadership pour aller chercher des votes dans l’Ouest et être un conservateur plus pur que pur. Essentiellement, il a perdu la course au leadership du Parti conservateur à cause de cette question-là qui a fait réagir les producteurs agricoles du Québec», constate M. Groleau.

Ce revers a poussé M. Bernier à quitter le Parti conservateur, en 2018, puis former son propre Parti populaire du Canada. Qui s’affiche haut et fort contre le «cartel» de la gestion de l’offre.

«Tous les autres partis sans exception ne remettent pas en question la gestion de l’offre, poursuit le producteur laitier de Thetford Mines. La démonstration est faite que sans gestion de l’offre, ça coûterait beaucoup plus cher au gouvernement canadien pour soutenir l’agriculture. Il n’y a pas de miracle!

«Pour avoir un revenu qui permet de maintenir la production, dans les autres pays, on subventionne la production laitière. Ici, au lieu de subventionner, on réglemente pour assurer un revenu décent. La démonstration est faite que c’est moins coûteux pour le gouvernement et pas beaucoup plus pour les consommateurs», indique le président général de l’UPA, ajoutant que la gestion de l’offre évite de plus les conséquences environnementales qu’aurait autrement le long transport des produits d’une province à l’autre.

Politique

Le ministre de l’Éducation imite Séraphin en pleine Assemblée nationale [VIDÉO]

Le ministre de l’Éducation Jean-François Roberge s’est amusé à imiter le personnage de Séraphin Poudrier à la période des questions à l’Assemblée nationale jeudi.

M. Roberge répondait à une question de la députée libérale Marwah Rizqy, qui accusait le gouvernement de signer un chèque en blanc afin de bâtir des classes de maternelle 4 ans. 

Le ministre s’est fait avertir par le président de l’Assemblée nationale François Paradis, ce qui ne l’a pas empêché d’en remettre. 

Son imitation a fait réagir le leader parlementaire libéral Marc Tanguay, qui croit qu’elle attaque la dignité de l’Assemblée nationale. 

Politique

Les libéraux réclament un moratoire sur les «esports» dans les écoles du Québec

QUÉBEC - Les libéraux réclament un moratoire dans le dossier des sports électroniques («esports») à l’école.

Les députés André Fortin et Enrico Ciccone demandent au gouvernement caquiste de stopper le déploiement de ce type de programmes, le temps qu’on évalue leurs impacts sur la santé des jeunes.

Contrairement aux programmes de sports-études et d’arts-études, les «esports» peuvent créer une dépendance chez les jeunes, ont-ils soutenu en point de presse à l’Assemblée nationale, jeudi.

«Je pense qu’on devrait mettre une halte à ça immédiatement, a déclaré M. Ciccone, porte-parole libéral en matière de sport et de saines habitudes de vie, et ex-hockeyeur. On devrait arrêter, tout simplement, dire: «Regardez, on est peut-être allé trop vite».»

«Une dépendance en baseball, ça n’existe pas, a renchéri son collègue, le député de Pontiac, André Fortin. Une dépendance en musique, ce n’est pas un problème.»

Ils se sont par ailleurs indignés du refus du gouvernement d’autoriser un mandat d’initiative qui aurait permis à la Commission de la santé et des services sociaux d’étudier l’impact des technologies chez les jeunes.

Les libéraux craignent l’accroissement de la cyberdépendance et de la sédentarité chez les jeunes. Ils disent constater que pour bien des parents, la gestion du temps d’écran autorisé à leurs enfants est devenue un combat de tous les instants.

En outre, ils abhorrent le terme «esports», car les sports électroniques ne sont pas un sport à proprement dit.

Plusieurs écoles québécoises ont commencé à se doter de programmes en «esport». C’est le cas entre autres de l’école secondaire Édouard-Montpetit, du Collège du Mont-Saint-Anne et de la polyvalente Arvida.

Un programme à Québec

À Québec, l’Académie Sainte-Marie dit être fière d’accueillir la première cohorte d’élèves dans la ville de Québec au niveau secondaire en «esport» dès 2020-2021.

Le programme permettrait aux jeunes de développer des compétences en stratégies de jeu, en communication et travail d’équipe, de suivre un programme d’entraînement physique et de saines habitudes de vie ainsi qu’être sensibilisés à la cyberdépendance.

Dans le cadre de référence de la compétence numérique qu’il a présenté en avril, le ministre de l’Éducation, Jean-François Roberge, s’est montré ouvert aux jeux vidéo à l’école.

Interrogé lundi, en marge d’un point de presse sur la prévention des dépendances, le ministre délégué à la Santé et aux Services sociaux, Lionel Carmant, a toutefois reconnu que le gouvernement manquait de données.

Il a dit vouloir tenir un forum sur cet enjeu en 2020, et rappelé que le ministère de l’Éducation a déjà créé une chaire de recherche pour évaluer l’impact de ces nouveaux programmes sur les jeunes. Pour les libéraux, un forum n’empêche pas la tenue d’une commission parlementaire.

«Ça confirme ce que le premier ministre disait il y a quelques mois, que, pour lui, les commissions parlementaires, ce n’est pas à elles de décider, ce n’est pas à elles de recommander, le gouvernement est capable et devrait faire cet exercice-là lui-même», a déclaré M. Fortin, en déplorant avoir très peu de détails au sujet du forum qui sera organisé par le gouvernement.

«On ne connaît pas le mandat, on ne sait pas qui sera présent, on ne sait pas si les parlementaires vont avoir la chance, un, d’y participer, deux, de poser des questions et, trois, de décider un peu du format de ce forum-là.»

Politique

Bienvenu ou pas, le ministre Benoit Charette ira marcher pour le climat [VIDÉO]

Le ministre de l’Environnement Benoit Charette maintient sa participation à la marche pour le climat à Montréal le 27 septembre, même si l’un des groupes à l’origine de cette initiative lui a fait savoir qu’il n’est pas le bienvenu.

«Je relativise. Il y a un groupe parmi une coalition de quelques dizaines de groupes qui a manifesté sa prise de position. Ce n’est pas une prise de position qui est partagée», a-t-il réagi jeudi en mêlée de presse.

M. Charette a modifié son agenda en début de semaine pour être en mesure de représenter le gouvernement de la Coalition avenir Québec (CAQ) à la Journée mondiale de mobilisation pour le climat, à laquelle participe aussi la jeune militante suédoise Greta Thunberg. 

Mercredi soir, le collectif La planète s’invite au parlement a fait savoir dans une publication Facebook que le ministre Charette n’est pas le bienvenu et qu’il doit plutôt retourner faire ses devoirs. «Vous êtes responsable, autant que les gouvernements qui vous précèdent, de la crise dans laquelle nous sommes actuellement. Votre gouvernement ne s’enligne aucunement pour mettre en place les mesures qui sont nécessaires pour limiter le réchauffement climatique à 1,5 oC», écrit le collectif. 

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«C’est un groupe parmi tant d’autres», a réagi M. Charette, qui ne craint pas de devenir une cible. Il n’a pas l’intention de renforcer la sécurité qui l’entourera lors de cette marche. «C’est des marches qui se déroulent dans le calme, des gens qui manifestent pour une cause qui est tout à fait valable, qui est juste. Donc non, je n’ai pas d’inquiétude à ce niveau-là.»

Le ministre caquiste indique que son gouvernement est au travail et pourra être jugé plus tard quant à sa réaction face à la crise environnementale. «On avance et dès le début de l’année 2020, on sera en mesure de présenter un plan tout à fait constructif et réaliste en matière d’environnement.»

Le premier ministre du Québec François Legault a quant à lui confirmé mercredi qu’il ne participera pas au rassemblement, au grand dam des partis d’opposition à l’Assemblée nationale. Avec La Presse canadienne

Élections 2019

«Blackface»: «J'aurais dû mieux savoir», déclare Justin Trudeau

OTTAWA — Justin Trudeau dit que c’est sa vie passée de «privilégié» qui l’a empêché de voir à quel point arborer un «blackface» était offensant. Le chef libéral affirme aussi que ses contacts avec la communauté multiethnique de son comté de Papineau ont influencé son éducation depuis sa jeunesse dorée.

«Je n’en ai jamais parlé publiquement parce que je suis profondément gêné de ce comportement. Ça ne représente pas la personne que je suis, la personne et le politicien que je suis devenu. J’aurais dû mieux savoir», a déclaré un Justin Trudeau contrit, debout dans un square à Winnipeg, jeudi après-midi.

Trois épisodes passés d’images embarrassantes ont surgi depuis mercredi. Le magazine américain Time a d’abord publié une photo d’un album d’une école de Vancouver où Justin Trudeau a travaillé comme enseignant.

On y voit M. Trudeau le visage couvert de maquillage qualifié de brownface par Time.

Très vite, mercredi soir, le chef libéral s’est excusé pour cet épisode où, en 2001, il s’était déguisé pour une soirée costumée au thème des «Mille et une nuits».

Il a alors admis qu’il y avait eu un autre moment où il s’était peint le visage en noir. C’était au Collège Brébeuf, lors d’un spectacle, le temps de chanter un succès de Harry Belafonte.

Puis, jeudi matin, une courte vidéo a été diffusée par le réseau de télévision Global qui l’avait obtenue du Parti conservateur. Sur la vidéo qui n’offre que des images, pas de son, on voit un jeune Trudeau qui lève les bras et ouvre la bouche.

À Winnipeg, M. Trudeau a révélé que cette autre occasion où il a cru bon se peindre le visage et les bras en noir remonte au début des années 1990 alors qu’il était guide de rivière.

Pendant plus de 30 minutes, M. Trudeau a répondu aux questions des journalistes sur cette affaire embarrassante qui s’est retrouvée à la une de plusieurs médias dans le monde.

Il a repris un journaliste qui lui parlait de «maquillage», affirmant qu’il fallait nommer les choses telles qu’elles sont et que ce qu’il a fait était arborer un blackface, geste inexcusable pour lequel il a demandé pardon.

«Je dois reconnaître que j’étais aveugle moi-même à la douleur que j’ai pu causer à ce moment-là et que je cause maintenant à des gens qui comptent sur moi pour les défendre», a également admis M. Trudeau, qui assure qu’il ne se souvient pas de tous les épisodes où il a pu se peindre le visage en noir et ne peut donc pas assurer que tous ses squelettes sont sortis du placard.

À l’origine, le blackface était une façon de dénigrer les Noirs américains sur scène. Ces dernières années, tout déguisement semblable est devenu associé à du racisme.

Politique

Isabelle Melançon appuie la presse régionale [VIDÉO]

La députée libérale Isabelle Melançon avait déposé une motion sur l’exemplarité de l’État en chambre parlementaire le 2 mai dernier stipulant que le gouvernement devait privilégier la presse régionale plutôt que les géants du Web pour les investissements en publicité. La motion avait été acceptée à l’unanimité. Mercredi, la députée apprenait qu’aucun effort n’avait été déployé pour faire respecter cette motion.

La députée de Verdun était en visite au Soleil mercredi afin de démontrer son appui envers la presse régionale, dont le Groupe Capitales Médias (six journaux du Québec), qui s’est placé sous la protection de la Loi sur les arrangements avec les créanciers le 19 août dernier. Dans les dernières semaines, elle a aussi visité les bureaux de La Voix de l’Est et du Nouvelliste.

«Je voulais faire le tour pour rencontrer les gens, je vois à quel point c’est dynamique. Il y a de l’expérience, il y a de la nouveauté. Je vois aussi des bureaux qui sont vides. J’ai compris que les gens du Soleil ne sont pas assis sur leurs mains. Il y a déjà du travail qui avait été fait, indique Mme Melançon. L’importance des journaux, elle ne date pas d’hier. L’information de qualité, partout sur le territoire du Québec, c’est nécessaire. Et une information diversifiée aussi, il faut se le rappeler», a partagé la députée. 

La motion du 2 mai dernier voulait que le gouvernement arrête d’injecter des sommes dans les géants du Web, comme Facebook ou Google, et qu’il investisse plutôt dans la publicité dans les médias locaux et régionaux.

«J’ai fait une demande d’accès à l’information. J’ai appris qu’aucune correspondance n’avait été acheminée de la part de Nathalie Roy. Rien n’a été fait. Quand la ministre me dit : “Je suis en action”, je trouve ça tellement dommage, c’était facile à faire», indique Mme Melançon.

Conformément aux dispositions de la Loi sur l’accès aux documents des organismes publics et sur la protection des renseignements personnels, la députée souhaitait avoir copie de toute lettre ou directive de la part de Culture et des Communications à tout ministère ou organisme au sujet des placements publicitaires gouvernementaux depuis le 18 octobre 2018.

«Au terme des recherches effectuées, nous constatons que nous ne détenons aucun document», peut-on lire dans la réponse du ministère, dont Le Soleil a pu prendre connaissance.

La députée de Verdun juge que «la ministre de la Culture est totalement absente depuis le début de ce débat». Elle reconnaît qu’un chèque de 5 millions $ a été fait pour permettre au Groupe Capitales Médias de poursuivre ses activités jusqu’à la mi-novembre, mais rappelle que «la ministre de la Culture disait que c’était de garrocher de l’argent par les fenêtres».

Motion refusée

Mercredi, en rencontre parlementaire, Mme Melançon a déposé une autre motion en lien avec la crise des médias. La motion parlait notamment d’imposer une taxe de 3 % sur les revenus des géants du Web, comme le fait la Norvège et la France.

«Je demandais au gouvernement du Québec de bouger. On en parle beaucoup, mais on n’a pas beaucoup agi. Tout le monde des oppositions, et même les indépendants, m’appuyait à l’intérieur de cette motion-là. Je demandais de passer à l’action, malheureusement ils ont décidé de dire non.»

La motion voulait aussi que le gouvernement se montre exemplaire face aux investissements publicitaires qu’il choisit. 

«On ne sait pas où on s’en va. Il n’y a pas de pilote dans l’avion, en pleine crise, c’est tellement triste de voir que personne n’est aux commandes. Moi, je vais continuer à en parler, je vais continuer à demander au gouvernement de bouger.»

Politique

La FTQ dépense 150 000 $ pour une campagne d’affichage

PLC, PCC, BQ, NPD, PVC, PPC et… FTQ. Les affiches électorales envahissent les rues depuis une semaine. Aux partis politiques, il faut ajouter la Fédération des travailleurs et travailleuses du Québec (FTQ). Le syndicat a déboursé 150 000 $ pour une campagne d’affichage public durant cette campagne électorale.

«On a des revendications. Et on souhaite que la population les voie et que les candidats des différents partis les voient», explique le secrétaire général de la FTQ, Serge Cadieux.

Politique

Projet de pipeline: Legault riposte à Scheer

Le premier ministre François Legault a riposté, mercredi, au chef conservateur Andrew Scheer, qui voudrait imposer un nouveau pipeline au Québec, même sans son consentement.

Si un gouvernement conservateur est élu le 21 octobre à Ottawa, M. Scheer a dit qu’il fera avancer les «projets [énergétiques] qui sont dans l’intérêt national» et qu’il défendra les champs de compétence du fédéral, en d’autres mots, la prérogative d’Ottawa pour l’approbation des projets d’oléoducs interprovinciaux.

En mêlée de presse avant la période de questions, M. Legault a rétorqué que le Québec défendra ses compétences en matière d’environnement.

«On voudrait que la compétence du Québec soit la seule reconnue», a-t-il déclaré, faisant ainsi écho à ses revendications adressées mardi à tous les chefs fédéraux en campagne, soit de reconnaître la compétence exclusive, plutôt que partagée, du Québec en environnement.

Le chef caquiste a aussi ajouté qu’«il y a une question de politique, de légitimité, et on sait que les Québécois sont contre cet oléoduc», répétant ainsi son argument selon lequel il n’y a pas d’acceptabilité sociale pour un tel projet.

«Pas d’intérêt»

Pour sa part, son ministre de l’Environnement, Benoit Charette, a dit qu’il n’y avait «pas d’intérêt» pour un pipeline qui traverserait le pays.

«La stratégie [du gouvernement Legault] va être développée en fonction d’une décision qui pourrait être prise au niveau fédéral», a-t-il poursuivi, concernant la façon dont le Québec pourrait bloquer un éventuel projet. Il a toutefois refusé d’élaborer davantage sur les recours à sa disposition.

La veille, le chef de l’opposition libérale, Pierre Arcand, autrefois ministre des Ressources naturelles, avait pourtant souligné que le Québec avait un arsenal à sa disposition en vue de contrecarrer les velléités fédérales. Ottawa a bien beau approuver l’oléoduc, mais c’est le Québec qui délivre le permis pour les stations de pompage nécessaires aux oléoducs, avait-il fait remarquer.

Andrew Scheer soutient quant à lui que les Québécois préfèrent avoir accès au pétrole de l’Ouest plutôt que d’en acheter de l’étranger. En outre, il a répété que le transport par pipeline est plus sécuritaire que par voie ferrée.

Politique

Simon Jolin-Barrette accuse Marc Tanguay de l’avoir menacé

Le leader parlementaire du gouvernement, Simon Jolin-Barrette, a accusé, mercredi, son vis-à-vis de l’opposition officielle, Marc Tanguay, de l’avoir menacé en pleine séance.

Les libéraux ont opposé un démenti formel et reprochent au gouvernement de détourner ainsi l’attention pour commettre «une ingérence directe» dans le travail d’une commission - la présidence de l’Assemblée nationale devra d’ailleurs rendre une décision sur cette affaire dans les prochains jours.

Au deuxième jour des travaux parlementaires à Québec, caquistes et libéraux sont donc déjà à couteaux tirés. À l’origine : un débat au Salon bleu sur un gazouillis du ministre de l’Environnement, Benoit Charette, qui donnait un ultimatum à des membres d’une commission parlementaire visant à trouver une solution à la crise du recyclage du verre.

Simon Jolin-Barrette a laissé entendre que les libéraux faisaient de l’obstruction dans les travaux de la commission. De surcroît, il a soulevé des doutes sur l’impartialité de la présidente de la commission, la députée libérale de L’Acadie, Christine St-Pierre.

«On me menace?»

Marc Tanguay n’a pas digéré cette insinuation sur sa collègue et a répliqué par une remarque qui n’a pas été captée par le microphone.

«Est-ce qu’on me menace? a alors demandé M. Jolin-Barrette. Le principal droit d’un parlementaire est son droit de parole. Je n’accepterai pas de me faire dire par un collègue de l’opposition officielle : «fais attention à ce que tu vas dire». Si ça, ce ne sont pas des menaces...» a-t-il lancé, avant d’être interrompu par la présidence.

Un porte-parole libéral a tenu à préciser que les accusations de M. Jolin-Barrette étaient complètement fausses et que les caquistes cherchaient à leur faire porter le blâme.

Un tweet compromettant

Sur le fond de l’affaire, l’opposition libérale dénonçait ce message transmis par Twitter du ministre Benoit Charette : «Vous avez jusqu’à 14h00 aujourd’hui pour accepter que le rapport de la commission contienne de véritables constats et recommandations.»

Marc Tanguay a demandé au président de l’Assemblée nationale de condamner ce gazouillis comme étant une ingérence du pouvoir exécutif dans le domaine du pouvoir législatif, c’est-à-dire une commission parlementaire.

La porte-parole du PLQ, la députée Marie Montpetit, déplore que la commission n’ait eu qu’une heure pour rédiger le rapport final, en raison de l’ultimatum du gouvernement, qui refuse d’accorder aux élus une ou deux heures supplémentaires de travaux.

«On ne ressent pas qu’on a une ouverture, une latitude pour faire notre travail», a-t-elle déclaré en entrevue avec La Presse canadienne.

«On a un ministre qui est informé du travail qui a été fait alors que les travaux sont censés être faits à huis clos», a poursuivi la députée, avec une pointe de soupçon visant les députés caquistes membres de la commission.

«Il ne se cache même pas pour s’ingérer dans les travaux d’une commission. Ce n’est pas à lui à nous dicter la façon dont on va se gouverner.»

Mme Montpetit exige que la commission qui a entendu de nombreux intervenants puisse effectuer son mandat et formuler ses recommandations, mais craint que le gouvernement ait déjà ses solutions en tête sans être à l’écoute.

Politique

Le NPD promet d’étendre la gratuité des soins de santé à la facture du dentiste

SUDBURY - Le chef du Nouveau Parti démocratique (NPD) a choisi le décor d’une clinique dentaire de Sudbury, au huitième jour de la campagne électorale, pour rappeler la promesse de son parti de couvrir les frais dentaires grâce à une assurance mise en place par un gouvernement fédéral néo-démocrate.

Si les soins de santé sont de compétence provinciale, une loi fédérale, la Loi canadienne sur la santé, définit les paramètres de ce que les provinces sont tenues d’offrir à leurs citoyens. C’est cette loi qui impose la gratuité de soins de santé.

Un gouvernement néo-démocrate étendrait cette gratuité aux soins dentaires pour tous, éventuellement.

Dans un premier temps, Jagmeet Singh propose le remboursement des frais dentaires aux citoyens qui n’ont pas d’assurance dentaire et qui ont un revenu inférieur à 70 000 $. Les Canadiens qui gagnent entre 70 000 $ et 90 000 $ verraient une partie de leurs soins dentaires remboursée.

«On a un plan, le premier pas pour s’assurer qu’on (aura) un plan d’assurance dentaire universel», a déclaré M. Singh, mercredi.

Le NPD a calculé, avec l’aide du Directeur parlementaire du budget (DPB), qu’un programme national d’assurance dentaire coûterait 860 millions $ par année aux coffres fédéraux.

Invité à dire d’où viendrait tout cet argent, celui de cette promesse-ci et des autres, M. Singh a servi sa réponse habituelle. «On a le courage de dire non aux entreprises qui sont les plus riches et de dire oui aux gens», a-t-il offert. Il n’a pas voulu détailler les projets du NPD pour un éventuel retour à l’équilibre budgétaire.