«Il n'y a pas eu de cycle péquiste sans consultation sur la souveraineté», a déclaré mercredi le ministre de l'Environnement,Yves-François Blanchet, enfaisant référence aux deux gouvernements de René Lévesque, ainsi qu'au second «cycle» de gouvernance du PQ, avec Jacques Parizeau et Lucien Bouchard.

Référendum sur la souveraineté: des ministres espèrent

Le ministre Yves-François Blanchet et ses collègues considèrent probable qu'un deuxième gouvernement Marois, s'il est majoritaire, puisse tenir un référendum sur l'accession du Québec à l'indépendance.
«Il n'y a pas eu de cycle péquiste sans consultation sur la souveraineté», a déclaré, hier, le titulaire de l'Environnement à l'entrée du Conseil des ministres.
Yves-François Blanchet faisait référence aux deux gouvernements de René Lévesque, ceux de 1976 et de 1981. Ainsi qu'au second «cycle» de gouvernance du Parti québécois lors duquel Jacques Parizeau, en 1994, et par la suite Lucien Bouchard ont dirigé les destinées du Québec. Un référendum a été tenu lors de chacune de ses deux séquences.
Cette idée d'une fenêtre d'opportunité qu'ouvrirait l'élection d'un gouvernement du Parti québécois majoritaire «est une non-nouvelle», a cependant insisté Yves-François Blanchet.
N'empêche. Le chef libéral, Philippe Couillard, et celui de la Coalition avenir Québec, François Legault, ne se priveront pas de relever cette affirmation et d'autres du genre le plus souvent possible d'ici le prochain scrutin général.
Un référendum sur la souveraineté du Québec se déroulera «au moment opportun», a rappelé le ministre de l'Enseignement supérieur, Pierre Duchesne, reprenant les mots figurant au programme officiel du Parti québécois.
Jean-François Lisée dit espérer que durant «le cycle péquiste» se réalise «notre engagement de tenter de convaincre les Québécois de faire l'indépendance».
«Nous espérons tenir un référendum le plus rapidement possible au moment opportun», a fini par résumer le responsable des Relations internationales du Québec et de la Métropole.
Mais il ne saurait être question de s'engager à en déclencher un. Il faudrait pour cela qu'un gouvernement du Parti québécois ait vraiment confiance de voir l'option du Oui l'emporter. Le spectre des échecs passés de la formation souverainiste continue de peser.
Notons tout de même qu'au sein du gouvernement, plusieurs pensent que le débat sur la charte de la laïcité pourrait favoriser l'élan recherché.
La chef du Parti québécois, Pauline Marois, ne s'est engagée qu'à une seule chose : mener une réflexion sur l'avenir de la nation québécoise. Elle ne dérogera pas de cet axe durant la campagne électorale à venir.
Elle a promis la rédaction d'un livre blanc portant sur les avantages et les inconvénients pour le Québec de demeurer une province ou de devenir un État indépendant.
Courte carrière
À la porte du Conseil des ministres, mercredi, Pierre Duchesne et Jean-François Lisée ont cassé du sucre sur le dos de Philippe Couillard. Le second lui a même prédit une courte carrière à la tête des troupes libérales.
«C'est la débandade chez les libéraux, a commencé M. Duchesne. Philippe Couillard a beaucoup de difficulté à assumer son leadership.»
Le fait que les libéraux aient refusé de modifier l'horaire des travaux du Parlement afin de permettre l'adoption du projet de loi sur les soins de fin de vie a permis à Jean-François Lisée d'affûter ses arguments électoraux - peu importe que le projet puisse encore, du moins en théorie, être adopté au retour de la relâche parlementaire, autour du 11 mars, ou dans les semaines qui suivront l'élection du prochain gouvernement.
Le ministre Lisée a fustigé «une manoeuvre politique incompréhensible» des libéraux. «S'il devait y avoir des élections, ça va être au bilan négatif de la courte carrière de Philippe Couillard comme chef du Parti libéral de ne pas avoir donné une heure de plus aux parlementaires pour conclure un débat qui intéresse tous les Québécois.