Pierre Karl Péladeau

Référendum: Péladeau devra préciser, disent les aspirants-chefs

Pierre Karl Péladeau ne pourra se contenter de parler de souveraineté sans dire clairement aux militants quand et comment il tiendrait un référendum, selon ses concurrents dans la course à la chefferie.
Le député de Saint-Jérôme, qui a confirmé jeudi sa candidature à la direction du Parti québécois (PQ), ne peut se contenter de parler du référendum comme d'une «modalité». Comme les autres aspirants au trône, il devra expliquer les circonstances dans lesquelles il envisagerait la tenue d'un référendum.
«On ne peut pas se permettre de rester dans le flou, dans l'ambiguïté référendaire», a déclaré vendredi matin le député Bernard Drainville. «On a perdu l'élection parce qu'on n'avait pas de réponse à la question: "Est-ce qu'il y aura un référendum ou non?" C'est clair que le prochain chef devra avoir une réponse à cette question-là.»
Le favori dans les sondages pour la succession de Pauline Marois préfère parler des avantages de la souveraineté que de mécanique référendaire. «Je considère que c'est assez précis que de parler de souveraineté», a souligné M. Péladeau, vendredi avant-midi. Le PQ, son article 1, c'est la souveraineté. J'aurai l'occasion d'en détailler ma perspective et les raisons pour lesquelles nous devons faire la souveraineté.»
S'il convient qu'il ne sert à rien de parler sans cesse de référendum à des gens qui ne sont pas tentés par la souveraineté, le candidat Jean-François Lisée n'en croit pas moins que M. Péladeau devra ouvrir son jeu référendaire.
«Pour l'instant, tous ceux qui se sont présentés ont été assez clairs sur la démarche qu'il propose, a affirmé M. Lisée. Je pense que c'est normal que chaque candidat dise franchement aux militants ce qu'il envisage.»
Même son de cloche du côté de Martine Ouellet, qui insiste sur l'importance de l'étape du référendum. «Ça ne s'improvise pas, a-t-elle remarqué. Il faut le préparer et être clair avec les gens. Dans le passé, ça nous a un peu nui, cette valse-hésitation. On a tout avantage à être clair.»
Mme Ouellet s'est réjouie d'être la première à amasser les 2000 signatures de membres répartis à travers 50 circonscriptions nécessaires à la candidature. Un fait d'armes qui démontre selon elle sa capacité d'organisation et un bon niveau d'appui des membres. Ces signatures ne sont toutefois pas encore déposées à la permanence du Parti québécois, qui devra s'assurer qu'elles respectent bien toutes les règles.
Les partis à l'Assemblée nationale ne se sont toujours pas entendus sur la meilleure façon de se pencher sur l'indépendance des médias dans le contexte du saut en politique de M. Péladeau, actionnaire de contrôle de Québecor.