La première ministre Pauline Marois

Référendum : «On ne bousculera pas les Québécois», dit Marois

Pauline Marois ne promettra pas un référendum dans un prochain mandat, même majoritaire. Elle lancera plutôt une grande réflexion collective sur l'avenir de la nation «sans bousculer les Québécois».
La première ministre a livré mercredi soir les grandes lignes de son approche par rapport à la prochaine campagne devant quelque 300 militants de la Mauricie. À n'en plus douter, les tambours électoraux ont commencé à battre.
La chef péquiste a d'emblée voulu désamorcer tous les pièges liés à la mécanique référendaire vécus par ses prédécesseurs leaders souverainistes. N'en déplaise aux indépendantistes plus pressés, elle ne s'engagera pas à tenir un référendum si elle décroche un mandat majoritaire. S'il devait y avoir une consultation, elle se fera «au moment approprié». «J'aimerais que ce soit le plus tôt possible, a-t-elle déclaré. Mais on ne bousculera pas les Québécois.»
Mme Marois promet plutôt la rédaction d'un «livre blanc» sur l'avenir du Québec. Une grande réflexion sur les avantages et les inconvénients pour la nation québécoise de demeurer au sein d'une province et sur les risques associés à l'aventure indépendantiste.
«On ne peut évidemment pas présumer de la direction que les Québécois prendront, a lancé Mme Marois. Ni du moment où nous serons prêts à faire nos choix. Mais on va proposer une avenue claire.»
La leader souverainiste qui lorgne une majorité a aussi assuré qu'elle ne ferait pas l'indépendance sans consulter d'abord les Québécois. «La souveraineté ne se fera qu'après la consultation et l'approbation des Québécois au moyen d'un référendum», a-t-elle déclaré.
Elle-même à l'offensive sur la question nationale, Pauline Marois taxe le chef libéral Philippe Couillard de vouloir signer la Constitution sans obtenir l'assentiment des Québécois.
Le PQ veut contrecarrer les prétentions voulant qu'il souhaite attiser une crise avec Ottawa à des fins politiques. «Les chicanes sur la main-d'oeuvre, les fonds de travailleurs, la commission des valeurs mobilières, l'assurance-emploi ont été provoquées par Ottawa», a énuméré Mme Marois.
Les risques de la souveraineté ont été exagérés «grossièrement», a renchéri la chef péquiste. Elle a d'ailleurs entamé son allocution en clamant son obsession à créer de l'emploi et de la richesse au Québec. «Pour l'avenir, on va continuer à préparer le Québec à devenir un pays. [...] Le moment viendra où nous serons à nouveau appelés à choisir notre avenir politique. Notre responsabilité consiste à nous renforcer, à nous préparer pour ce moment.»
Le rassemblement de mercredi avait toutes les allures d'un prélude à la campagne qui est à nos portes. Il fallait voir les ministres et les députés faire le tour de la salle, serrer des mains, échanger avec tout un chacun. Sans parler de l'entrée de la chef au son d'un thème musical, et les appels à l'aide des militants lancés par les députés locaux.
Il est clair que Mme Marois ne veut pas porter la responsabilité du déclenchement d'élections. Les chefs du PLQ et de la CAQ «ont déclaré qu'ils étaient prêts à nous précipiter en campagne électorale en votant contre le budget», a pris soin de noter la chef péquiste. «S'ils ne reculent pas, il reviendra aux électeurs de trancher», a-t-elle prévenu.
Le chef libéral Philippe Couillard est dépeint comme un leader «hésitant» qui «vasouille» sur différents dossiers. Le caquiste François Legault, lui, est plutôt un obsédé des compressions au détriment des services publics. «Philippe Couillard et François Legault ont choisi l'austérité; moi, j'ai choisi la prospérité!» a attaqué Mme Marois.
Le PQ tient un caucus de préparation de la session à Shawinigan, dans une région où la fermeture de la centrale nucléaire Gentilly-2 a soulevé de la grogne à l'endroit du gouvernement Marois.