Pierre Duchesne, ministre de l'Enseignement supérieur, de la Recherche, de la Science et de la Technologie.

Référendum: il ne faut rien «téléguider» à Ottawa, dit Duchesne

Un gouvernement péquiste ne doit pas s'engager à tenir un référendum à un moment précis pour ne pas «téléguider» ses intentions à Ottawa, selon le ministre Pierre Duchesne.
Au lendemain de la promesse de Pauline Marois de mener dans le prochain mandat une vaste consultation sur «l'avenir de la nation» sans s'engager à tenir un référendum, le ministre de l'Enseignement supérieur a commenté la stratégie référendaire de son parti.
Mme Marois «tiendra un référendum au moment approprié», a-t-il réitéré. «Vous ne pouvez pas annoncer, téléguider des gestes semblables à l'avance, fait valoir M. Duchesne. Le gouvernement fédéral, on le sait, a tout fait dans les deux derniers référendums pour ne pas respecter la démocratie. Rappelez-vous des actions qu'ils ont faites au dernier référendum de 95. En 94, ils ont fait peur aux personnes âgées en disant qu'elles perdraient leur chèque de pension. On va avancer. On ne téléguidera pas les gestes à l'endroit du gouvernement fédéral.»
Proposer à la population de faire naître un pays nécessite de bien expliquer le projet, selon M. Duchesne. «Le livre blanc, c'est de se donner les plans du pays, affirme-t-il. (...) Il y a des gens qui sont pas mal convaincus, il y en a d'autres, de toutes les générations, chez les jeunes aussi, où on a un travail sérieux à faire de pédagogie.»
Conseiller de Jacques Parizeau lors du dernier référendum, le ministre Jean-François Lisée reconnaît que le PQ ne va «pas changer d'idée» sur la question nationale au terme de la consultation. Mais il n'est pas pressé de faire un référendum «si les Québécois ne sont pas prêts à faire ce pas». «Dans trois ans, ça va faire 150 ans qu'on est dans le Canada, a-t-il déclaré. On peut se poser la question: "Est-ce que c'était une bonne affaire? Et est-ce qu'on veut renouveler pour 150 ans?" On va se la poser cette question-là.» Les deux «Non» référendaires ont été influencés par de fausses promesses du Canada de changer, croit-il.
Pas une semaine ne passe sans qu'Ottawa ne prenne de mauvaises décisions pour le Québec, soutient le ministre Alexandre Cloutier. «Il est temps de donner la parole aux Québécois, affirme-t-il. Le livre blanc sera l'occasion de consulter la population, d'entendre son point de vue et de mettre en relief les échecs du fédéralisme qui nuisent à l'économie du Québec.» Il faudra toujours faire preuve d'honnêteté et de transparence dans la démarche, ajoute le ministre Cloutier.