Avec sa récente proposition, Bernard Drainville est susceptible de rallier les péquistes pragmatiques qui croient qu'un gouvernement souverainiste ne peut proposer de tenir un référendum dans un éventuel premier mandat.

Référendum: Drainville ouvert au vote à 16 ans

Prétendant possible à la chefferie péquiste, le député Bernard Drainville est ouvert à l'idée d'abaisser à 16 ans l'âge légal pour voter lors d'un référendum.
De retour d'un voyage de près de deux semaines en Écosse, où une consultation sur l'indépendance sera tenue en septembre, le député de Marie-Victorin juge que la mesure, exceptionnellement mise en place par le Parti national écossais, mérite qu'on s'y attarde. 
«Je trouve ça intéressant», a déclaré M. Drainville au Soleil. «Quand tu votes pour l'indépendance, ça concerne tous les citoyens du territoire, mais ça concerne les jeunes beaucoup aussi. Donner aux jeunes une voix forte dans le choix qui doit être fait, dans la décision de faire ou pas l'indépendance, je trouve que c'est conséquent. Tu construis le présent, mais tu engages l'avenir. L'avenir, c'est les jeunes. Je trouve ça intéressant. Je ne dis pas qu'il faut le faire, mais ça donne matière à réflexion.»
Un débat similaire a déjà eu lieu au Parti québécois (PQ) en 2012 lorsque les militants, malgré de nombreuses critiques, ont adopté l'idée du droit de vote à 16 ans. Mais la proposition n'a pas fait son chemin jusqu'au programme électoral. 
«Ce n'est pas scientifique, mais la majorité des jeunes à qui j'ai parlé [en Écosse] vont voter Oui, soutient le député Drainville. Comme je dois admettre que la majorité des personnes de plus de 50 ans à qui j'ai parlé vont voter Non.»
Le député et ex-ministre demeure prudent dans sa prédiction quant à l'influence du résultat référendaire écossais chez nous. «C'est sûr qu'un Oui, ce serait extraordinaire, dit-il. Si le résultat est serré et qu'une majorité de jeunes ont voté Oui, tu te dis, la messe n'est pas dite, le débat va être relancé.» Et une débâcle du Oui? «Je ne sais pas, dit-il. Mais peu importe le résultat, il y a des choses à apprendre sur la façon dont ça se passe là-bas.»
Bernard Drainville «pense sérieusement» à la chefferie du PQ, mais assure ne pas avoir encore pris sa décision. 
L'Écosse et son climat préréférendaire exercent un attrait indéniable sur les candidats putatifs à la succession de Pauline Marois. Lors de son récent périple au royaume du scotch, M. Drainville aurait pu croiser son collègue Pierre Karl Péladeau, en vacance avec son fils. Et Alexandre Cloutier y sera en septembre à titre de représentant officiel du PQ au référendum. Tous les trois sont vus comme des aspirants potentiels à la direction péquiste.