Le premier ministre François Legault

Recherche en agriculture: le gouvernement Legault veut un ménage

QUÉBEC — Le gouvernement Legault a annoncé mercredi un ménage dans la direction des organismes de recherche financés par le ministère de l’Agriculture et une nouvelle politique de recherche pour garantir l’indépendance des chercheurs.

«Ça sent l’improvisation» et le gouvernement est à la remorque, riposte l’opposition péquiste qui avait justement à la fin de la semaine dernière demandé officiellement à une commission parlementaire de se pencher sur l’indépendance des chercheurs.

Dans la foulée de l’affaire de l’agronome Louis Robert, le ministre de l’Agriculture, André Lamontagne, a donc fait savoir mercredi en Chambre qu’il voulait «une nouvelle gouvernance des organismes» à compter de la fin d’avril.

Le ministre veut ainsi une gouverne répondant aux plus hautes normes éthiques, assurer l’indépendance de la recherche et s’assurer que l’argent des contribuables est bien investi, a expliqué son attachée de presse, Laurence Voyzelle, dans un courriel transmis à La Presse canadienne.

De même, il a mandaté trois chercheurs indépendants, dont un délégué par le Scientifique en chef du Québec, pour dresser les grandes lignes d’une politique responsable de recherches pour tous les organismes soutenus par le gouvernement.

Toutefois, le mandat est toujours «en cours d’élaboration, nous ne pouvons pour le moment nous avancer davantage sur le sujet», a fait savoir Mme Voyzelle.

Or dans une lettre transmise vendredi dernier à la Commission de l’économie et du travail (CET) de l’Assemblée nationale, le député péquiste de Bonaventure, Sylvain Roy, demandait à la commission «d’entendre les acteurs du monde de la recherche afin que toute la lumière soit faite sur les allégations d’ingérence et d’intimidation, ou concernant tout autre acte pouvant nuire à l’autonomie d’une démarche scientifique».

En entrevue téléphonique mercredi, M. Roy a affirmé que si le gouvernement caquiste est vraiment sérieux dans sa démarche, ses élus qui sont majoritaires à cette commission vont se prononcer en faveur de ce mandat, même si le gouvernement a déjà entrepris de consulter trois chercheurs.

Selon lui, une commission parlementaire où les chercheurs de tous les horizons pourront s’exprimer est encore mieux qu’un exercice en vase clos avec trois chercheurs.