Les anciens députés Raymond Bernier (à droite) et André Drolet, lors d'un rassemblement du Parti libéral du Québec, en janvier 2018

Raymond Bernier se lance comme indépendant aux élections fédérales

Après avoir essuyé un refus du Parti libéral du Canada, l’ancien député provincial Raymond Bernier se lance comme candidat indépendant au fédéral.

M. Bernier annoncera mercredi sa candidature dans la circonscription de Beauport—Côte-de-Beaupré—île d’Orléans—Charlevoix, en vue des élections fédérales du 21 octobre. Ce comté est représenté depuis 2015 par le Parti conservateur et Sylvie Boucher.

«Je vais annoncer ma décision dans un communiqué mercredi. Mais si on publie un communiqué, c’est que ça devrait être positif», a confirmé M. Bernier au Soleil, mardi matin.

L’homme de 66 ans a encore de travers dans la gorge la rebuffade infligée par les instances nationales du Parti libéral du Canada (PLC). Qui ont rejeté sa candidature même s’il avait l’assentiment de l’association libérale de la circonscription et était seul en lice pour en briguer l’investiture.

Plus tard dans la journée de mardi, le PLC a annoncé que Manon Fortin le représentera dans cette vaste circonscription s’étendant sur plus de 11 000 km2. Mme Fortin est l’ancienne présidente de l’association de circonscription et directrice générale de la Fédération des centres d’assistance et d’accompagnement aux plaintes en santé et services sociaux du Québec.

«Ils ne m’ont pas retenu comme candidat, atteste M. Bernier. C’est la décision d’un comité caché, comme j’appelle, dont on ne sait pas qui sont les membres. J’ai essayé de connaître les motifs du refus sans jamais obtenir de réponse», explique M. Bernier, à propos du comité Feu vert, qui gère les candidatures libérales fédérales à la grandeur du pays.

«J’ai été 12 fois candidat à des élections! Qu’est-ce qui ne fait pas? Mon âge? J’ai été député, chef de cabinet, conseiller municipal. Tu ne peux pas avoir plus d’expérience politique que ça. Et je n’ai jamais eu rien de négatif au code d’éthique de l’Assemblée nationale», souligne-t-il.

Conseiller municipal à Saint-Augustin-de-Desmaures de 1989 à 1997, le natif de Québec s’est ensuite lancé en politique québécoise. Il a été élu à trois reprises dans la circonscription provinciale de Montmorency sous la bannière libérale, en 2003, en 2008 et en 2014. Poste de député qu’il a donc occupé durant un total de 12 ans sur trois mandats non consécutifs. Il s’était aussi présenté pour les Libéraux du Québec dans La Peltrie en 1994, ce qui donne six élections provinciales à son curriculum vitæ.

«Soyez sérieux!»

«Je suis arrivé en février et on a commencé à ramasser des membres. Puis en avril, on a demandé une investiture, sans que ça se fasse. En juillet, ils arrivent avec une trousse du candidat, c’est-à-dire 50 pages de questions sur la sécurité et tes états financiers. Et finalement, le 22 août, j’ai reçu une réponse négative. Sans aucune explication!

«Soyez sérieux! C’est complètement ridicule et antidémocratique comme façon de procéder», insiste-t-il.

M. Bernier assure ne pas vouloir revenir en arrière. Il a choisi de se présenter comme candidat non affilié à un parti et ne changera pas d’idée.

«Se présenter comme candidat indépendant, c’est une nouvelle notion dans la région de Québec. Une autre vision de la politique. Ce que j’ai à offrir, c’est mon expérience. Si ça plaît, tant mieux. J’ai déjà commencé à faire du porte-à-porte et personne ne me parle du Parti libéral, pas plus que du premier ministre», assure M. Bernier, avec une petite pointe au gouvernement actuel.

En 2015, le Libéral Jean-Roger Vigneau avait obtenu 26,9% des suffrages dans la circonscription, contre 33,5% pour la conservatrice élue Sylvie Boucher.