Bernard «Rambo» Gauthier a promis un virage politique «à 180 degrés», mardi, à l'Assemblée nationale.

«Rambo» Gauthier en politique pour réparer un Québec «magané»

«Bottes à cap» aux pieds, Bernard «Rambo» Gauthier n'a pas fait dans la dentelle en confirmant mardi son saut dans l'arène politique. Le coloré leader syndical de la Côte-Nord prend la tête du parti Citoyens au pouvoir, encore appelé le parti Sans parti - Citoyens constituants.
C'est un «Rambo» Gauthier fidèle à l'image et au franc-parler qu'on lui connaît qui s'est présenté comme «un apprenti politicien» proposant «un virage à 180 degrés» de la politique québécoise actuelle. «On est étouffé, va falloir qu'on se réveille», a-t-il lancé, affirmant que son parti est «l'opportunité unique de redonner la parole au peuple». 
Le syndicaliste promet, s'il parvient à être élu, à travailler à «réparer le Québec» qu'il qualifie de «magané». «Ça commence à peser lourd dans les familles, ceux qui chialent dans leur salon ou bien au camp, ça va être le temps de se faire entendre [...] Les gens sont tannés de se faire bullshiter et bourrer.»
Une colère qui serait de plus en plus grandissante chez «le Québécois moyen», estime-t-il. «Ça prend pas la tête à Papineau pour savoir qu'on s'en va dans le mur», poursuit le représentant du local 791 de l'Union des opérateurs de machinerie lourde, affilié à la FTQ-Construction. «Je suis écoeuré d'être écoeuré.»
«Tantôt, il va être trop tard, ça va peut-être finir par une guerre civile, je veux l'éviter», va-t-il jusqu'à dire, se référant notamment aux réseaux sociaux où, selon lui, la grogne de la population envers une politique, dit-il, réservée «à l'establishment» et à «l'élite» est croissante. «[Les élections] c'est trois ans de malheur, un an de bonheur», ajoute-t-il. 
Lui qui se déclare souverainiste «à la base» explique d'ailleurs ne pas se reconnaître dans aucun parti en place. Il n'est pas tendre non plus envers les politiciens actuels et les élus de la Côte-Nord qu'il a déjà qualifiés de «plantes vertes». «Le peuple gère le peuple, c'est ce qu'on veut proposer», résume-t-il. 
Fondé en 2012, le parti Sans parti - Citoyens constituants, qui sera rebaptisé Citoyens au pouvoir après l'approbation du Directeur général des élections, entend arriver à présenter 125 candidats aux prochaines élections prévues en 2018. L'organisation explique miser sur «la démocratie directe» pour gagner des points au Québec. 
Dans Duplessis
Bernard Gauthier sait déjà qu'il briguera les suffrages dans Duplessis, aux mains des péquistes depuis 1976 et occupée pour l'heure par Lorraine Richard. Appelée à réagir, la députée a rappelé que le travail de député «est bien plus facile à dire qu'à faire», laissant le soin à sa population de «juger» par elle-même le travail accompli. 
«Je n'ai jamais sous-estimé un adversaire», a-t-elle néanmoins souligné. «Quand on connaît M. Gauthier, on est habitué à ce genre de propos [...] [ces propos-là] ne m'empêchent pas de faire mon travail», a assuré Mme Richard qui, comme son chef, craint que l'émergence de «toutes sortes de partis» divise le vote contre les libéraux.
«C'est ça, le message actuel. Quelle que soit la qualité des propositions des uns et des autres ou leur personnalité, ou leur capacité de communication, diviser le vote antilibéral, c'est aider Philippe Couillard à rester au pouvoir», a réagi Jean-François Lisée, qui privilégie la mise en place d'un mode de scrutin proportionnel mixte.
Philippe Couillard n'a pas commenté l'arrivée de Bernard Gauthier en politique. Aux élections générales de 2014, le parti Sans parti a présenté cinq candidats.