Hier, au terme de la session parlementaire, Pauline Marois a offert ses souhaits à Jean Charest, qui fêtera son anniversaire le 24 juin.

Qui est chef au PQ? demande Charest

Jean Charest a clôturé la session parlementaire en attaquant Pauline Marois qui a, martèle-t-il, perdu le contrôle du Parti québécois.
Lors de son bilan de fin de session, le premier ministre a évité de parler des pertes records à la Caisse de dépôt et placement pour plutôt avancer que «le Québec fait mieux que partout ailleurs sur la planète», en matière d'économie.
Selon lui, «nous faisons mieux que Barack Obama», le président américain, pour ce qui est du ratio entre investissements et produit intérieur brut. Il a répété que la province traverse plus facilement la crise économique que le reste du Canada.
Le Québec renouera avec les déficits, a convenu le chef libéral. Mais ils s'annoncent moindres en proportion que ceux du Canada, de l'Ontario, des États-Unis, du Japon et de la France, a-t-il repris. De toute façon, ce «premier déficit» sert la cause de la «croissance» pour «faire travailler les gens», a-t-il affirmé.
Jean Charest a soutenu que, dans les rangs du PQ, «c'est la pagaille». Il est revenu à la charge, comme il l'a fait toute la semaine, sur les divergences qui, selon lui, opposent Pauline Marois à son député péquiste François Legault.
«Ils ne s'entendent pas entre eux sur la façon de gérer le déficit», a-t-il laissé tomber. «Qui mène au PQ? a-t-il ajouté. Est-ce que c'est François Legault qui parle au nom du PQ?» Est-ce que c'est Jacques Parizeau, est-ce que c'est Bernard Landry, deux anciens leaders du Parti québécois? a-t-il poursuivi. «Il y a une réponse qu'on sait : ça n'a pas l'air d'être Pauline Marois.»
La chef péquiste, elle, a décrit l'équipe libérale comme un «gouvernement complètement à bout de souffle». Elle a suggéré que le premier ministre procède à un remaniement ministériel. Selon elle, les ministres Raymond Bachand, Laurent Lessard, Nathalie Normandeau, Jacques Dupuis, Marguerite Blais et Yves Bolduc ont tous montré des signes de «faiblesse» inquiétants.
«On termine une session qui a été marquée par des cachotteries, des mensonges et par l'hypocrisie aussi», a dénoncé Mme Marois.
L'équipe libérale a failli dans les dossiers des FIER, de la Caisse de dépôt, du CHUM, des grands projets d'infrastructures, de l'industrie forestière, énonce-t-elle. «Pour un grand bâtisseur, je vais vous dire que M. Charest a tourné en rond pas mal.»
À l'ADQ, la chef intérimaire Sylvie Roy juge que la session a été marquée par un retour «aux vieux débats stériles» entre le PQ et le PLQ. «Ils se sont chicanés pour savoir qui a été le pire gouvernement, a-t-elle noté. Les grands oubliés des vieux partis auront été les Québécois.»
La chef intérimaire convient que le travail n'a pas été facile pour la députation adéquiste, que le dernier scrutin a fait passer de 41 à 6 députés. «Je suis fière du travail de notre équipe malgré le peu de moyens qu'on avait», a-t-elle indiqué.
Le député de Québec solidaire a jugé que Jean Charest a gouverné en «néolibéral. C'est un gouvernement libéral dans le sens le plus critiquable et désolant du terme.»