Alors que l'on annonce dans la société civile plusieurs coups de semonce contre le gouvernement libéral, Mme David a dit s'attendre à une révolte des citoyens quand, en faisant leur déclaration de revenus, ils se rendront compte qu'il faut payer jusqu'à deux fois plus cher pour les frais de garderie et quand ils s'apercevront de l'impact concret des coupes en santé, dans les services sociaux et dans le logement social, entre autres.

Québec solidaire veut faire payer les riches

Faisons payer davantage les mieux nantis et faisons-le par deux mesures concrètes, propose Québec solidaire: ajoutons au moins un palier d'imposition et augmentons les impôts des revenus tirés des gains en capital et en dividendes.
Les députés Françoise David, Amir Khadir et Manon Massé promettent d'être dans la rue ces prochaines semaines aux côtés de ceux qui manifesteront contre l'«austérité libérale». Ils ne croient pas que la majorité silencieuse soit derrière le gouvernement de Philippe Couillard ou, si elle l'est, qu'elle le restera.
C'est ce qu'ils ont réitéré, lundi, à l'issue d'une réunion visant à préparer la session parlementaire s'ouvrant officiellement aujourd'hui à l'Assemblée nationale.
Sur le plan fiscal, les propositions qu'ils mettront de l'avant se déclinent ainsi:
• Ajouter un ou des paliers d'imposition. «On peut s'organiser pour que les familles qui gagnent moins de 60 000 $ paient moins d'impôt et que les ménages et les individus qui gagnent des 150 000 $, 200 000 $, 500 000 $ en paient davantage», dit la co-porte-parole du parti.
• Inclure la totalité des revenus de capital dans le calcul des impôts, sauf pour ceux provenant de la vente d'une résidence principale, lesquels resteraient à 100 % déductibles.
Les explications de Québec solidaire: «Chaque dollar travaillé compte dans le calcul d'impôt des salariés. Mais pour les gains en capital ou les revenus de dividendes, le fisc ne prend en compte qu'un dollar sur deux! Une salariée qui a un revenu brut de 75 000 $ paye 11 540 $ d'impôt. Or, pour un revenu brut de 200 000 $ provenant de placements en bourse, un riche payera à peine plus qu'elle, soit 13 240 $. La moitié de ces 200 000 $ est libre de tout impôt.»
Les entreprises aussi
Québec solidaire dénonce aussi le fait que les quatre cinquièmes des 78 milliards $ de revenus autonomes du gouvernement du Québec proviennent des particuliers. Il veut que les entreprises soient davantage mises à contribution.
Selon son évaluation, plus de 130 mesures fiscales permettent aux grandes entreprises de mettre leurs revenus à l'abri de l'impôt en toute légalité, ou d'obtenir des crédits d'impôt remboursables.
«Au moment où l'austérité budgétaire fragilise l'économie québécoise, des contribuables très fortunés et des entreprises milliardaires continuent de jouir de privilèges fiscaux injustifiables», fustige Amir Khadir.
Il espère qu'un débat émergera sur ce sujet.