Catherine Dorion vise le poste de candidate pour Québec solidaire dans Taschereau, tandis que l'ex-chef d'Option nationale Sol Zanetti espère ravir celui de candidat dans Jean-Lesage.

Québec solidaire croit à une percée à Québec

Après s’être affrontés aux élections générales de 2014 dans les circonscriptions de Jean-Lesage et de Taschereau, les uns pour Option nationale, les autres pour Québec solidaire (QS), voilà que les quatre mêmes aspirants briguent des postes pour la même formation politique, dans ces mêmes circonscriptions. Une situation qui s’explique par la fusion récente du parti indépendantiste Option nationale au sein de Québec solidaire, qui croit plus que jamais à une percée dans la capitale aux élections de cet automne. Le Soleil s’est entretenu avec Catherine Dorion, Marie-Ève Duchesne, Sol Zanetti et Sébastien Bouchard.

TASCHEREAU

Détenue par la péquiste Agnès Maltais depuis 1998, la circonscription de Taschereau est considérée comme «ouverte». D’autant plus que cette dernière a annoncé qu’elle quittait la vie politique au terme de son mandat. Mme Maltais avait obtenu une mince majorité en 2014 à 31,7 %, soit 451 voix devant le libéral Florent Tanlet (30,4 %), qui devrait d’ailleurs se représenter. 

Catherine Dorion, pour Option nationale, et Marie-Ève Duchesne, avec Québec solidaire (QS), étaient de la course cette année-là. La première a récolté 1513 votes (4,2 %), la seconde 5495 (15,3 %). 

Évidemment, les scores ne veulent pas dire grand-chose, puisque lors d’une investiture, ce sont les membres de QS qui auront à se prononcer, pas l’ensemble des électeurs. 

En entrevues distinctes au Soleil, les candidates se sont faites claires d’emblée : la dynamique n’en est pas une de confrontation. «Il n’y a pas vraiment de ça dans l’air», a résumé Catherine Dorion. «L’idée, c’est de créer des liens qui vont survivre à la course.»

«S’il y a un principe qui nous tient à cœur [à QS], c’est la démocratie participative et c’est exactement ça qu’on est en train de vivre. […] Je ne vois pas ça comme un affront ou comme une confrontation», a pour sa part affirmé Mme Duchesne.

Mme Dorion a expliqué que ses positions politiques étaient déjà très proches de celles de QS lorsqu’elle s’est présentée pour Option nationale, en 2012 et 2014. Tellement qu’elle avait parfois «de la misère» à forcer la note pour convaincre un électeur hésitant entre les deux formations. «J’étais de cœur avec QS et avec ON. J’en venais même à me dire que c’était plate qu’on ne puisse pas militer pour [les deux].»

Marie-Ève Duchesne a confirmé «qu’il y avait plusieurs points de convergence» entre les partis, et par le fait même entre les candidates. «Ça n’a pas été hostile [entre nous].»

Alors, comment se distinguer? Il semble, à les écouter, qu’elles capitaliseront sur leurs réseaux et leurs champs d’expertise. 

Mme Dorion, artiste multidisciplinaire et diplômée en relations internationales, veut «décomplexer les gens de la culture par rapport à l’engagement politique», amener QS «au-delà» de son accise communautaire, qu’elle partage par ailleurs.

Marie-Ève Duchesne, organisatrice communautaire depuis 13 ans et impliquée chez QS depuis 2008, se présente comme une tenante des valeurs solidaires et de justice sociale, bien ancrée dans sa communauté.

JEAN-LESAGE

L’ex-chef d’Option nationale Sol Zanetti et Sébastien Bouchard visent le poste de candidat dans Jean-Lesage. Le premier a obtenu un appui marginal des électeurs lors du scrutin de 2014, avec 2,5 % d’appuis, le second 11,6 %. Les deux avaient le même objectif : déloger le libéral André Drolet, qui a vogué vers une réélection avec 4214 voix de majorité. L’élu est toujours en réflexion à savoir s’il sera de la partie en 2018.

M. Zanetti a été le premier à manifester son intérêt pour Jean-Lesage. Ce qui n’a pas dérangé Sébastien Bouchard, qui a confirmé cette fin de semaine qu’il allait sauter dans la mêlée. C’est un bon candidat et quel que soit le gagnant, QS n’en sera que plus fort», a affirmé M. Bouchard, conseiller syndical de carrière. 

À l’instar des candidates dans Taschereau, MM. Bouchard et Zanetti ont affirmé que le fait d’avoir des courses à l’investiture est signe d’un parti en bonne santé.

M. Zanetti, professeur de philosophie au collégial, est tout à fait conscient qu’il pourrait ne pas être fait candidat, d’autant plus qu’il n’y avait aucune garantie dans l’entente de fusion. «J’ai l’intention de remporter l’investiture. [...] [Mais] pour moi, c’est la cause avant le parti, le part avant les individus», a-t-il dit, précisant qu’il militera et qu’il aura des responsabilités liées à l’indépendance du Québec chez QS, quoi qu’il advienne.

À noter que d’autres candidatures pourraient s’ajouter aux investitures d’ici le 12 février dans Taschereau et le 15 février dans Jean-Lesage. Les candidats seront connus respectivement le 28 mars et le 17 mars.