Une des photos présentées mercredi matin du député Amir Khadir (au centre), prises lors d'une assemblée d'un groupe musulman

Québec solidaire attire les intégristes, selon le SPQ-Libre

La laïcité ouverte prônée par Québec solidaire attire les intégristes religieux, affirme SPQ-libre, qui appuie ses propos par des photos du député Amir Khadir lors d'une assemblée d'un groupe musulman.
Trois représentants des Syndicalistes et progressistes pour un Québec libre (SPQ-libre), un club politique près du Parti québécois (PQ), ont offerts leur appui complet à la charte de la laïcité du ministre Bernard Drainville, mercredi matin. 
Professeure au Cégep du Vieux-Montréal, Louise Mailloux a soutenu que la position «défendue par Québec solidaire, qui est pro-voile, pour la laïcité ouverte et le multiculturalisme, est évidemment une position très attirante, qui fait l'affaire des intégristes». 
«À ce moment, on peut comprendre que les intégristes se rapprochent d'un parti politique pour essayer d'avoir une oreille attentive et de faire avancer leur agenda politique», a-t-elle ajouté. Mme Mailloux a distribué des photos du député solidaire de Mercier, M. Khadir, qui prenait part à une assemblée où les hommes et les femmes (voilées) sont assis séparément. Une caution inacceptable à une ségrégation des sexes, a noté Marc Laviolette, président du SPQ-libre. 
Le groupe en question, l'association musulmane Bridges qui, affirme Mme Mailloux, demande à des jeunes filles de porter le voile «parce qu'Allah l'ordonne». Elle note aussi que la veille des dernières élections, le Forum musulman canadien a rédigé un bulletin pour noter les meilleurs candidats et que ceux de Québec solidaire faisaient figure de premiers de classe. 
Le lobby religieux courtise tous les partis politiques, a affirmé Mme Mailloux, «peut-être un peu moins le PQ». 
Pour le député Khadir, les propos du SPQ-libre sont une «attaque purement partisane». Le combat contre l'intégrisme ne se fait pas dans les «salons feutrés», fait-il remarquer.
«Ça se fait là où se trouvent les jeunes qui s'interrogent, dit M. Khadir. Il faut les politiser. Il faut être là où ils sont et leur parler pour les mettre devant leurs contradictions.»
Le but premier du député en allant à la rencontre de ce groupe n'était pas de lui faire la morale. «Ce n'est pas comme ça qu'on change les gens, dit-il. C'est à travers un dialogue. Pas par la diabolisation et le rejet.» Les intégristes ne demandent pas mieux qu'un sentiment de rejet pousse les jeunes vers eux, ajoute-t-il. 
Première à identifier une préférence politique pour les intégristes au Québec, Mme Mailloux s'est défendue d'être en mission commandée pour nuire à un adversaire politique du PQ. 
En commission parlementaire, le SPQ-libre a plaidé pour une interdiction de la burqa et du niqab partout dans l'espace public au Québec. Le club politique de 400 membres, dont plusieurs militent au PQ, souhaite aussi la fin du financement des écoles confessionnelles. L'adoption de la charte est une première étape, a expliqué Pierre Dubuc, secrétaire du SPQ-libre. «Il y a encore d'autres étapes qui seront à franchir une fois que la charte sera adoptée, a noté M. Dubuc. La laïcité est un processus. Ça ne sera pas terminé. On va revenir à la charge avec les autres éléments.»
La professeure Mailloux assure que plusieurs musulmans s'inquiètent d'une montée de l'intégrisme au Québec et jugent que les Québécois sont «très naïfs» par rapport à cette question.