Amir Khadir

Québec solidaire accueille PKP avec une motion sur la loi antiscab

Québec solidaire (QS) a souhaité à sa manière la bienvenue à Pierre Karl Péladeau comme chef du Parti québécois, en tentant de déposer une motion pour que l'Assemblée nationale modernise la législation antibriseurs de grève.
La résolution a été présentée par QS, sans aucun débat en chambre. Elle visait à rappeler que Québecor, sous la gouverne de M. Péladeau, alors pdg de l'entreprise, a imposé plusieurs lock-out, dont au Journal de Québec et au Journal de Montréal.
Le recours aux nouvelles technologies avait permis de publier ces quotidiens sans que les remplaçants des journalistes en conflit de travail ne franchissent physiquement les piquets de grève. QS voulait que le gouvernement modifie la loi pour revoir les notions «d'établissement» et «d'employeur» afin «d'empêcher de contourner les dispositions d'un Code du travail devenu obsolète».
Pendant la course à la chefferie péquiste, Pierre Karl Péladeau s'est déclaré contre une telle révision. Mardi, le député solidaire Amir Khadir a suggéré que ce genre de prise de position le disqualifie comme rassembleur des forces progressistes indépendantistes.
Pour M. Khadir, «le mouvement souverainiste n'a pas besoin d'un sauveur ou d'un chef. Il a besoin de son peuple.» Selon lui, les «forces souverainistes [...] qui sont dans les syndicats, dans les groupes populaires, dans les groupes de femmes [veulent] des réponses» sur l'austérité, l'évitement fiscal ou la multiplication des pipelines.
Pour le député de Mercier, la révision des dispositions «antiscab» fait «partie des questions du monde syndical. [...] Les forces souverainistes sont souvent des forces qui jouissent heureusement dans ce pays de certains droits syndicaux. Continuera-t-on avec des lois antibriseurs de grève, comme M. Péladeau, à la tête de son empire, le faisait ou encore on va arrêter ça?»