Commentant son «geste de protestation», Françoise David avait parlé d'un «jour de honte» et de «dérive autoritaire» du gouvernement Couillard.

Québec solidaire a insulté le Parlement

Le président de l'Assemblée nationale blâme les députés de Québec solidaire, qui ont voté contre le projet de loi 70 sur l'aide sociale la semaine dernière en tournant le dos aux parlementaires. Ils voulaient ainsi marquer la honte qu'ils disaient ressentir.
«Il s'agit là d'une insulte aux parlementaires et à l'institution, a déclaré le président Jacques Chagnon mardi après-midi. Tant et aussi longtemps que je serai président de cette assemblée, je n'accepterai jamais un tel comportement.»
Le Parlement, a insisté M. Chagnon, «est le lieu tout désigné pour faire valoir son opposition sur une question, sur un projet de loi et tous les députés peuvent prendre la parole et participer au débat. Un vote est un moment solennel, qui a un caractère sacré qu'il ne faut pas dénaturer».
«Je considère que ce qui s'est passé jeudi dernier va à l'encontre des principes qui sont à la base de notre démocratie et qu'il s'agit d'une atteinte injustifiée à notre décorum.»
Françoise David s'explique
Les députés du Parti québécois et les trois de Québec solidaire ont voté contre le projet de loi créant le programme Objectif emploi, lequel prévoit notamment que la prestation d'aide sociale pourra être amputée du tiers si un nouveau demandeur refuse de suivre un parcours de réinsertion. C'est lors de ce vote que Françoise David, Amir Khadir et Manon Massé se sont retournés contre le mur du fond du Salon bleu.
Commentant son «geste de protestation», Françoise David avait parlé d'un «jour de honte» et de «dérive autoritaire» du gouvernement Couillard.
Elle n'a pas apprécié les commentaires de Jacques Chagnon, jurant n'avoir insulté ni les autres parlementaires ni l'institution qu'est l'Assemblée nationale, mais uniquement le projet de loi du ministre de l'Emploi et de la Solidarité sociale, François Blais.
Le projet de loi 70 est devenu une loi du Québec jeudi dernier. Il a reçu l'appui des libéraux, mais aussi des élus caquistes.