«Il y a un laisser-aller politique. Si politiquement on mettait le pied à terre [...] on n'en serait pas là», regrette le président général du Syndicat de la fonction publique et parapublique du Québec (SFPQ), Christian Daigle. «On espère que le gouvernement va mettre ses culottes.»

Québec réclamera des milliers de dollars en salaires à des fonctionnaires

Le gouvernement demandera à des centaines d'employés de rembourser des salaires versés en trop depuis 2012, des sommes pouvant atteindre 40 000 $ dans certains cas, a appris La Presse Canadienne.
Scandalisés, les syndicats songent déjà à contester en cour cette vaste opération de recouvrement qui pourrait faire mal au portefeuille de leurs membres.
À l'origine de ce différend se trouve une note du Conseil du trésor qui avait mal interprétée, une directive d'embauche visant à rendre la fonction publique plus attrayante. La Commission de la fonction publique avait ensuite noté dans un rapport que l'application de la directive avait été incorrecte dans au moins 600 dossiers.
Le Conseil du trésor a fait savoir aux syndicats qu'il allait réclamer les sommes dues, vraisemblablement à compter de novembre.
Le président du Syndicat des professionnels du gouvernement du Québec (SPGQ), Richard Perron, estime que c'est «insultant», dans le contexte des négociations déjà ardues avec le gouvernement en vue du renouvellement des conventions collectives.
Pas moins de 175 de ses membres sont touchés par ces réclamations et certains pourraient rembourser jusqu'à 40 000 $. Selon M. Perron, les syndiqués n'ont pas à faire les frais des erreurs de gestionnaires.
«Ce que je dénonce, c'est la stupidité politique du geste de mauvais gestionnaires», a-t-il déclaré dans une entrevue téléphonique jeudi.
Au Syndicat de la fonction publique du Québec, environ 450 membres devraient devoir rembourser des sommes allant jusqu'à 20 000 $.
La présidente du SFPQ, Lucie Martineau a dit être «outrée» et soutient que tous les recours sont envisagés.