Hydro-Sherbrooke ne réclamera pas sa part des trop-perçus d'Hydro-Québec. La société estime qu'il est préférable de poursuivre les discussions pour atténuer les impacts du tarif de clientèle de grande puissance imposé à la Ville de Sherbrooke.

Québec dépensera les trop-perçus par Hydro

Le gouvernement du Québec dépensera à sa guise les trop-perçus récoltés par Hydro-Québec auprès de ses abonnés encore cette année, malgré l'atteinte de l'équilibre budgétaire.
Le Soleil a écrit vendredi que les sommes facturées en trop par la société d'État ne viendront limiter la hausse du tarif d'électricité de ses clients qu'en 2019. Même si l'objectif du déficit zéro, auquel l'argent était spécifiquement dédié par loi, a été atteint en 2016. 
Ainsi, l'«écart de rendement» que devrait constater Hydro-Québec à nouveau en 2017 retournera dans les coffres du gouvernement plutôt que de servir à réduire la facture des clients. Pour les années suivantes, un mécanisme de partage fera en sorte que la Régie de l'énergie prendra en considération les trop-perçus dans la fixation du tarif annuel. 
Mais le gouvernement du Québec dépensera selon son bon vouloir les trop-perçus de 2017. «Les dividendes qui sont versés par Hydro-Québec permettent d'investir davantage dans nos priorités et bénéficient à tous les Québécois», a indiqué Audrey Cloutier, attachée de presse du ministre des Finances. Pour Québec, l'argent retourne à la population puisqu'il est utilisé «en investissant dans les services directs à la population en Santé et en Éducation, et en diminuant le fardeau fiscal des Québécois». 
Le gouvernement rappelle que les tarifs résidentiels du Québec sont les plus bas en Amérique du Nord et qu'un décret a été adopté pour limiter les hausses en deçà de l'inflation. 
Depuis 2008, Hydro-Québec a facturé quelque 1,4 milliard $ de plus que nécessaire aux Québécois. Selon la société d'État, cet écart s'explique par des gains de productivité supérieurs aux prévisions. 
Le mécanisme de partage mis en place ne tiendra compte de l'équilibre budgétaire qu'à partir de 2017. Ainsi, le déficit zéro ne sera considéré par la Régie de l'énergie que lors de la demande tarifaire d'Hydro-Québec en 2018. Et le nouveau tarif ne s'appliquera qu'en 2019. «Tout le monde va être déçu que ça prenne autant de temps, mais, malheureusement, c'est comme ça que ça fonctionne», a confirmé jeudi un porte-parole d'Hydro-Québec.
«Taxes déguisées»
En attendant, la députée caquiste Chantal Soucy considère que les trop-perçus sont une «taxe déguisée». «Le gouvernement a pris par la porte d'en arrière une façon d'aller chercher plus d'argent dans les poches des clients d'Hydro-Québec, dit-elle. C'est épouvantable. En bout de ligne, ceux qui consomment de l'électricité pour se chauffer paient plus que ceux qui utilisent le gaz naturel. C'est aberrant.»
Elle estime qu'Hydro-Québec a «joué avec les chiffres» pour dégager des trop-perçus.