La ministre Kathleen Weil s'est inquiétée lundi de la création de la milice armée d'extrême droite III%.

Québec condamne la milice d'extrême droite III%

Le gouvernement du Québec condamne vigoureusement l'apparition de la milice armée d'extrême droite III%. «C'est vraiment une image du Québec qui ne reflète pas le Québec», croit Kathleen Weil, ministre de l'Immigration, de la diversité et de l'inclusion.
La ministre Weil s'est inquiétée lundi de la création de cette milice, dont l'existence a été révélée par Radio-Canada. «C'est très préoccupant, vraiment très préoccupant. On dirait que tous les jours on entend la création d'un autre organisme», a soutenu la ministre en marge d'une annonce à Québec sur le traitement accéléré des dossiers des travailleurs étrangers. 
Sur Facebook, le groupe III% Québec se définit comme un rassemblement de «patriotes», mais se dit toutefois «non-violent». 
Selon Radio-Canada, le premier groupe III% a été créé aux États-Unis il y a une dizaine d'années. Des chapitres québécois de ce groupe anti-immigration auraient commencé à apparaître il y a environ un an. Depuis peu, les membres en règle du Québec doivent détenir un permis d'armes à feu. Sur Facebook, ces membres publient des photos de leurs armes ou de leur entraînement de style militaire en forêt.
«On condamne vigoureusement la création de ces organismes et surtout le discours. On ne peut même pas parler de vision, il n'y a pas de vision-là» a commenté Mme Weil. La ministre assure que la Sûreté du Québec est au courant de l'existence du groupe et «fait un suivi» afin d'éviter «les risques». 
Mme Weil déplore la prolifération des différents groupes qui rejettent l'immigration au Québec. «Il y a toujours des éléments un peu différents, mais le message commun, c'est un message d'exclusion et non d'inclusion.»
«Les sociétés gagnantes, c'est des sociétés qui cherchent justement ces talents venus d'ailleurs, parce qu'on pourra pas tout seuls combler nos besoins du marché du travail sans cette diversité. Donc, c'est un contre-message, c'est un message antiéconomique, antisocial, anti-Québec à quelque part, parce que ça vient freiner la croissance du Québec», déplore-t-elle. 
À ses côtés lors de l'annonce, le ministre fédéral Jean-Yves Duclos n'a pas commenté directement l'apparition de ce groupe. «On doit être lucides, ouverts aux choses qu'on entend (...) Il y a des signes de haine et d'hostilité qui ont été manifestés au cours des dernières semaines», constate-t-il. 
Par contre, M. Duclos demeure persuadé que ces groupes sont loin de refléter la population de la grande région de Québec. «J'ai beaucoup d'espoir qu'on va continuer à faire encore mieux que ce qu'on fait déjà très bien. C'est une région qui accueille, qui intègre qui valorise la diversité et l'inclusion.»