Une cinquantaine de personnes manifestaient devant les locaux du MAPAQ, hier, pour dénoncer les lacunes de la loi 51.

Québec Animaux veut une loi avec du mordant

Une cinquantaine de personnes ont manifesté hier, à l'initiative de l'organisme Québec Animaux, en face des locaux du ministère de l'Agriculture, des Pêcheries et de l'Alimentation du Québec (MAPAQ), dans l'arrondissement de Sainte-Foy, afin de réclamer une loi visant à interdire les usines à chiots sur le territoire québécois.
«Selon nous, les lois actuelles ne sont pas suffisamment sévères et la loi 51 que se prépare à faire adopter le ministre Pierre Corbeil n'empêchera pas les usines à chiots de proliférer au Québec», déclare Isabelle Verret, organisatrice de la manifestation.
«Présentement, il n'y a aucun quota, et les propriétaires forcent les femelles à produire des chiots sans arrêt. De plus, les amendes ne sont pas assez salées. On impose une amende de 200$ à 300$ pour quelqu'un qui garde de 200 à 300 chiots dans des conditions horribles. C'est ridicule, c'est l'équivalent d'une amende pour excès de vitesse», poursuit-elle.
Le cas d'adstock
Québec Animaux, qui tenait aussi des manifestations à Sherbrooke et à Montréal hier, déplore que la Loi modifiant la Loi sur la protection sanitaire des animaux concernant principalement la sécurité et le bien-être des animaux permette des élevages de plus de 300 chiens tant que ceux-ci ont une cage et de l'eau.
Elle cite le cas d'une usine à chiots démantelée en mars à Adstock, dans la Chaudière-Appalaches. «Il y avait 125 chiens qui avaient des cages et de l'eau, mais qui vivaient dans leur urine et dans leurs excréments et qui avaient toutes sortes de problèmes de peau. Présentement, le Québec est malheureusement le paradis des usines à chiots avec ses lois beaucoup moins sévères qu'en Ontario ou aux États-Unis, où les amendes sont importantes et où des peines de prison peuvent parfois être imposées.»
Québec Animaux souhaiterait que les éleveurs soient limités à 20 chiens par élevage, qu'on leur impose de posséder un permis et que des visites régulières soient réalisées par les inspecteurs du MAPAQ.