Mercredi, la Cour du Québec n’avait pas encore reçu la requête alors que Québec 21 craignait que son chef Jean-François Gosselin (à droite) manque l’assermentation planifiée pour vendredi à l’hôtel de ville. Sa colistière, Nancy Piuze (au centre), a remporté la victoire avec une majorité de seulement 69 voix.

Québec 21 presse Équipe Labeaume de déposer sa demande de recomptage

La demande de recomptage judiciaire annoncée par Équipe Labeaume n’a toujours pas été déposée. Pressée de faire son entrée à l’hôtel de ville, la nouvelle opposition formée par Québec 21 y décèle une tactique politique visant à lui nuire. Le maire s’en défend, expliquant le retard par l’obligation de vérifier s’il y a des motifs sérieux de contester.

Dès lundi matin, Équipe Labeaume annonçait son intention d’exiger un dépouillement judiciaire des votes pour le district de Sainte-Thérèse-de-Lisieux. Nancy Piuze, colistière du chef de Québec 21 Jean-François Gosselin, a remporté la victoire avec une majorité de seulement 69 bulletins. Elle a obtenu 4991 voix contre 4922 pour Marie-France Trudel, la conseillère municipale sortante.

Or, mercredi, la Cour du Québec n’avait pas encore reçu la requête et l’opposition trépignait. David Chabot, directeur des communications de Québec 21, a parlé d’un délai «déraisonnable» et l’a même qualifié de «politique». Il craignait que son chef manque l’assermentation planifiée pour vendredi à l’hôtel de ville. «Ça retarde le début de nos travaux aussi. Le budget s’en vient, le conseil municipal. On veut se préparer, avoir accès aux documents», a-t-il fait valoir.

Mercredi, le maire a expliqué la longueur du processus. «On veut vérifier s’il y a des motifs raisonnables d’aller en recomptage. On ne veut pas y aller inutilement. Il y a des choses étranges. Est-ce que c’est des erreurs des officiers ou il y a quelque chose de sérieux? C’est ce qu’on vérifie. On veut aussi que la personne qui se fait battre [la candidate Trudel] se retire avec l’esprit en paix», a développé M. Labeaume.

La loi électorale prévoit que «toute personne qui a des motifs raisonnables de croire qu’un scrutateur ou que le directeur du scrutin a compté ou rejeté illégalement des bulletins de vote ou dressé un relevé du dépouillement inexact peut demander un dépouillement judiciaire des votes». C’est donc dire que le résultat serré ne suffit pas. Il faut aussi détailler les soupçons de manœuvres illégales. 

Assermentation repoussée

Plus tôt en journée, l’attaché de presse du maire, Paul-Christian Nolin, a indiqué que la cérémonie d’assermentation a déjà été repoussée pour s’assurer de la présence de celui ou celle qui sera déclaré élu dans Sainte-Thérèse-de-Lisieux. «Légalement, on a 30 jours pour l’assermentation. S’il n’y avait pas eu de contestation, on l’aurait fait dans la semaine comme la tradition le veut, mais par courtoisie, on va attendre», a-t-il indiqué.

À noter que les partis ou candidats ont jusqu’au 10 novembre pour déposer une demande de recomptage auprès d’un juge de la Cour du Québec. Elle n’est pas acceptée d’office. Un juge doit se pencher sur les arguments, peut convoquer les parties impliquées, et doit donner son OK avant que les bulletins de vote soient réexaminés. 

M. Labeaume s’est dit tout aussi pressé d’en finir avec ce dossier. «Il y a un premier conseil le 20 novembre, il faut faire un exécutif et assermenter les conseillers. On est pressés nous aussi», conclut-il. 

Le directeur des communications de Québec 21 est à demi rassuré: «Le résultat final, c’est quand même qu’on perd des journées d’accès qui sont précieuses alors que la vaste majorité des conseillers sont déjà à l’ouvrage.»  Avec Jean-François Néron