«Ça prend pas le pogo le plus dégelé de la boîte pour comprendre qu'après avoir mis le feu dans la bâtisse, ce n'est pas un coup de peinture et des rideaux qui vont changer les choses», avait lancé la députée Manon Massé, en réaction au budget déposé par le ministre libéral Carlos Leitão.

Quand le pogo devient symbole politique

Le dévoilement d'un budget est habituellement un moment pour parler de chiffres. Or, mardi, ce sont les mots colorés de la députée Manon Massé qui ont fait jaser, à la grande surprise de la principale intéressée. Sans le vouloir, la parlementaire a contribué à associer la simplicité d'esprit à un mets de la cuisine rapide, la célèbre saucisse sur bâtonnet, mieux connue sous le nom de pogo...
«Ça me dépasse un peu, tout le monde m'en parle», confie au Soleil la porte-parole par intérim de Québec solidaire, au lendemain de sa sortie contre le budget du gouvernement Couillard.
«Ça prend pas le pogo le plus dégelé de la boîte pour comprendre qu'après avoir mis le feu dans la bâtisse, ce n'est pas un coup de peinture et des rideaux qui vont changer les choses», avait lancé la députée de Sainte-Marie-Saint-Jacques, en réaction au budget déposé par le ministre libéral Carlos Leitão.
Expliquant que «pogo» est «une expression qui a cours» dans son équipe, Mme Massé ajoute que, de plus en plus, la politique commande de faire image afin de retenir l'attention des journalistes, dans un univers où la «clip» de quelques secondes fait foi de tout. D'où son utilisation dans le feu de l'action, «sous le feu des caméras».
«Un pogo vaut mille mots»
«J'aurais dit "Ça prend pas la tête à Papineau" qu'on n'en aurait pas parlé. Un pogo, ça vaut mille mots. Un pogo congelé, tu ne comprends rien. Un pogo qui dégèle, tu commences à comprendre...» «Dans ce cas-ci, poursuit-elle, c'est plus la forme qui l'a emporté, mais le fond demeure, à savoir que c'est un budget qui fait mal aux citoyens ordinaires et qui n'est pas à la hauteur des blessures subies.»
Sur la page Facebook du Soleil, plusieurs internautes ont été invités à faire part d'expressions du même acabit que le pogo de Manon Massé: pas le crayon le plus aiguisé de la boîte (ou le couteau le plus aiguisé du tiroir), ne pas avoir inventé l'eau chaude ou les «springs» sur les pattes de sauterelles, la roue à trois boutons de Sam Hamad, assez fou pour mettre le feu, mais pas assez fin pour l'éteindre...
Rappelons aussi, pour la petite histoire, que Pogo a été le surnom du personnage de Paul Gauthier (Rémy Girard) dans la populaire émission La petite vie. Encore là, ce placier à l'ancien Forum de Montréal, trompé à répétition par son ex-femme Shirley, avait le Q.I. de quelqu'un qui ne mettait pas Einstein en danger...