De passage à l’Université Laval, jeudi, les porte-parole Manon Massé et Gabriel Nadeau-Dubois ont attiré des dizaines de curieux et de militants.

QS vise deux cibles à Québec

À moins d’un an du scrutin national, Québec solidaire (QS) est déjà en campagne électorale. Deux cibles régionales prioritaires: les circonscriptions de Taschereau et de Jean-Lesage.

De passage à l’Université Laval, jeudi, les porte-parole ont attiré des dizaines de curieux et de militants. Lui, Gabriel Nadeau-Dubois, s’est remémoré la grève étudiante de 2012, a dénoncé le manque d’investissements en éducation, a causé d’indépendance comme outil de «transformation sociale». Elle, Manon Massé, a poursuivi sur le projet de société centré sur le peuple, a critiqué l’exploitation des hydrocarbures, a souligné l’importance de l’implication des jeunes.

Le discours, c’était pour séduire, aimanter. Ici devant les étudiants universitaires, tout comme au cours des sept autres activités publiques à l’agenda de ce jeudi bien occupé, un objectif: mobiliser les troupes, recruter des bras en prévision du rendez-vous électoral.

«Il y a un vent qui souffle, un vent de changement», a lancé M. Nadeau-Dubois en invitant les membres de l’auditoire à devenir bénévoles pour QS. 

Le mot du jour était lâché. Québec solidaire veut s’inscrire comme le parti du renouveau, du «changement», du «vrai changement» même. 

Et le parti de gauche a pris note de la récente victoire de la Coalition avenir Québec dans la circonscription de Louis-Hébert. La troupe de François Legault est donc au centre de la mire.

«Notre travail, c’est de convaincre les gens qui sont intéressés par la CAQ, c’est-à-dire intéressés par le changement, que le vrai changement, pas le changement esthétique ou cosmétique, mais le changement de fond dont on a besoin au Québec, ça ne passe pas par la CAQ», dégaine Gabriel Nadeau-Dubois. Il en remet une couche: «[Il faut] faire comprendre aux gens que s’ils veulent du changement, le fameux changement, ben que le vrai changement ce n’est pas de remplacer le Parti libéral par son club-école, c’est-à-dire la CAQ. Il y a un seul parti actuellement qui représente le changement, mais qui a un projet de société différent de celui des libéraux, c’est Québec solidaire.»

La marche est haute. Lors du dernier grand appel aux urnes, QS avait récolté autour de 3%, 4%, 5% dans une majorité de circonscriptions de la région. Il avait néanmoins obtenu près de 12% dans Jean-Lesage et 15,3% dans Taschereau, au centre-ville. 

Manon Massé en convient, QS mise sur ces deux territoires plus fertiles. La députée de Sainte-Marie-Saint-Jacques affirme cependant multiplier les rencontres sur le terrain dans l’espoir d’y trouver un mouvement social prêt à exploser. «Pour voir comment percer le mystère Québec», aussi.

Alors, pensent-ils réellement pouvoir faire des gains dans la capitale? «Je pense que tout est possible», assure Manon Massé.

«On pense que dans la région de Québec […] il y a du potentiel pour nous», acquiesce Gabriel Nadeau-Dubois. «On ne pense pas que Québec c’est une forteresse imprenable.»

Voilà pourquoi les porte-parole solidaires étaient en «tournée» dans les parages, jeudi. En «campagne pré-préélectorale», dixit le député de Gouin, ils faisaient la promotion du programme et recrutaient.