En mai, la Coalition avenir Québec a fait du déménagement du Salon de jeux situé dans le centre commercial Fleur de Lys son premier engagement électoral pour la capitale.

QS ne veut pas d’un casino à Québec

EXCLUSIF / Québec solidaire (QS) est d’accord avec l’idée de la Coalition avenir Québec (CAQ) de déménager le Salon de jeux pour le sortir de Vanier, mais ne veut pas le voir se transformer en casino. «Québec n’a pas besoin de plus d’offre de jeux de hasard», estime le député Sol Zanetti.

En entrevue au Soleil, M. Zanetti soutient que la construction d’un casino dans la capitale serait «mauvais pour Charlevoix et pas nécessaire pour Québec». Les touristes de passage pourraient être intéressés à le fréquenter, mais une telle infrastructure pourrait nuire aux commerces de proximité qui profitent actuellement de cette manne touristique dans le Vieux-Québec.

En mai, la CAQ a fait du déménagement du Salon de jeux situé dans le centre commercial Fleur de Lys son premier engagement électoral pour la capitale. Il s’agit de réparer une «erreur historique» et d’éloigner les machines de loterie vidéo des citoyens les plus démunis.

Si l’enjeu en est un de santé publique et de jeu pathologique, les députés de Québec solidaire appuieront le déménagement. «Un Salon de jeux, dans ce coin-là, c’est vrai que c’est un problème», indique le député de Jean-Lesage, sans vouloir pointer un endroit où il pourrait déménager.

La CAQ souhaite toutefois faire d’une pierre deux coups et aller chercher plus d’argent dans les poches des touristes. Là-dessus, Québec solidaire est réticent. «Le but de Loto-Québec ne devrait pas être de faire toujours plus d’argent.»

Selon des données transmises au Soleil lundi, la popularité du Salon de jeux de Québec continue d’augmenter. Depuis le début de l’exercice financier 2018-2019, le Salon a généré des revenus de 24,25 millions $. Il s’agit d’une augmentation de 8 % par rapport à l’an dernier. Les revenus du Salon de jeux sont presque à égalité avec ceux du Casino de Charlevoix.

Occupée à prendre connaissance de ses dossiers, la ministre responsable de la Capitale-Nationale Geneviève Guilbault n’a pas souhaité mardi commenter ces nouveaux chiffres. La direction de Loto-Québec n’a quant à elle pas voulu dire si une étude d’opportunité pour un déménagement du Salon de jeux avait été commandée, référant Le Soleil au gouvernement caquiste.

«Prunelle de nos yeux»

Si la CAQ va de l’avant avec la transformation du Salon de jeux en casino, elle trouvera des Charlevoisiens sur son chemin. «On tient au Casino de Charlevoix comme à la prunelle de nos yeux», lance Michel Couturier, maire de La Malbaie.

M. Couturier s’est toutefois dit rassuré par un entretien qu’il a eu avec le premier ministre François Legault durant la campagne électorale. «Il a dit que si l’étude d’opportunité montre que ça nuirait à l’achalandage du Casino de Charlevoix, il n’ira pas de l’avant.»

Selon le maire, les conclusions de cette étude à venir sont évidentes, le Casino de Charlevoix ayant déjà souffert depuis l’ouverture du Salon de jeux. «Le tourisme, c’est notre principale activité économique. Là, ça va de mieux en mieux l’automne et l’hiver, mais ça reste fragile.»

M. Couturier estime que Québec «n’a pas besoin d’un casino pour se développer» à l’heure où elle manque de main-d’œuvre. Il promet de surveiller les actions de la CAQ face à cet enjeu.

Il n’a pas été possible d’obtenir mardi la réaction du seul député libéral de Québec, Sébastien Proulx, sur cet enjeu.