La députée QS de Mercier, Ruba Ghazal, a transmis une lettre à tous ses collègues caquistes cette semaine

QS demande à la CAQ de résister au lobby anti-consigne du verre

Québec solidaire (QS) lance une offensive auprès des députés du gouvernement Legault pour barrer la route au lobby opposé à la consigne des bouteilles de plastique et de verre.

La députée QS de Mercier, Ruba Ghazal, a transmis une lettre à tous ses collègues caquistes cette semaine. Elle leur demande de tenir tête à pas moins de 240 lobbyistes de l’industrie qui s’opposent à la consigne. Le parti de gauche a fait le décompte, dans le registre des lobbyistes, des mandats confiés par des entreprises et des regroupements anti-consigne à des lobbyistes.

«Il est possible que vous soyez vous aussi sollicités par les lobbyistes, qui agiteront des épouvantails anti-consigne par lesquels il sera important de ne pas se laisser berner», écrit-elle.

En entrevue avec La Presse canadienne, la députée QS a dit qu’un collègue des banquettes caquistes l’a déjà contactée pour confirmer l’influence occulte du lobby.

«Un élu [caquiste] m’a dit que c’est vrai que les lobbyistes en mènent large et qu’ils sont déjà venus le rencontrer. Cela confirme mes appréhensions. C’est clair qu’ils sont à l’oeuvre et s’agitent.»

Mme Ghazal rappelle que le Québec est le seul au Canada, avec le Manitoba, à ne pas avoir implanté la consigne du verre et les résultats en matière de recyclage sont par conséquent «médiocres». Les deux tiers du verre au Québec prennent ainsi la route du dépotoir. Pas moins de 200 000 tonnes de verre sont mises en circulation année après année sur le territoire québécois.

Elle s’attaque aux arguments de l’industrie, qui plaide que le statu quo actuel est plus simple et coûte moins cher.

«Ce sont des arguments fallacieux», a plaidé la députée de Mercier, qui fait valoir que les Québécois sont favorables à la consigne, selon les sondages. Par ailleurs, le système coûte inutilement cher : le taux de récupération est bon, mais le taux de recyclage est mauvais.

La députée QS réclame du gouvernement qu’il mette fin au statu quo et mette en place une réforme, fondée sur la «responsabilité élargie du producteur», sur tout le cycle de vie du produit mis en marché.

«Actuellement, ce n’est pas eux qui paient [pour la récupération et le recyclage], c’est toute la société», a-t-elle déploré. Selon elle, le lobby anti-consigne «va tout essayer» pour bloquer un élargissement de la consigne du verre et du plastique.

Mme Ghazal a envoyé sa lettre au cabinet du ministre de l’Environnement, Benoit Charette, pour l’enjoindre de ne pas céder lui non plus, alors que des réformes projetées précédemment sous d’autres gouvernements ont échoué.

«Il faut que le ministre se tienne debout et fasse preuve de courage», a-t-elle conclu.

Rappelons qu’une commission parlementaire aura lieu en août pour chercher des solutions sur le recyclage et la valorisation du verre.