Le leader parlementaire, Jean-Marc Fournier, a justifié ce recours au bâillon en faisant valoir que 140 heures de travaux parlementaires ont déjà été consacrées à l'étude du projet de loi. 

Projet de loi sur les hydrocarbures: les libéraux imposent le bâillon

Le gouvernement Couillard a décidé de mettre fin aux travaux parlementaires sur le controversé projet de loi sur «la mise en oeuvre de la Politique énergétique 2030 et modifiant diverses dispositions législatives». Il sera adopté vendredi grâce à la majorité libérale et par un caucus libéral «servile», a lancé le péquiste Pascal Bérubé en jugeant «odieux» ce bâillon législatif.
Le leader parlementaire du gouvernement, Jean-Marc Fournier, a justifié ce recours au bâillon en faisant valoir que 140 heures de travaux parlementaires ont déjà été consacrées à l'étude du projet de loi et que le Parti québécois et Québec solidaire empêchent qu'il chemine à un rythme normal.
«Il y a un temps pour délibérer et il y a un temps pour décider», a-t-il dit, empruntant à nouveau à une formule désormais usuelle.
Régulièrement, ces derniers mois, le Parti québécois et Québec solidaire sont revenus à la charge pour exiger que le projet de loi 106 soit scindé. 
Ils ont dit qu'ils étaient d'accord pour adopter les chapitres concernant la «transition énergétique» vers les énergies renouvelables. Mais pas celui portant sur les hydrocarbures, qui n'interdit pas la fracturation hydraulique et qui ouvre la porte, disent-ils, à une nouvelle crise du gaz de schiste dans les basses-terres du Saint-Laurent.
Le Parti québécois a proposé sans succès des amendements «visant à inclure, dans les principes de base de la loi sur les hydrocarbures, l'acceptabilité sociale, la protection des terres agricoles et des baies gaspésiennes, ainsi que le respect des compétences des municipalités».
La députée solidaire, Manon Massé, voit une cruelle ironie dans le fait que Philippe Couillard s'est fait le chantre, à peu près à la même époque l'an dernier, à Paris, de la lutte contre le réchauffement climatique.
«Catastrophe annoncée»
À ses yeux et à ceux du leader parlementaire du Parti québécois, Pascal Bérubé, le chapitre sur les hydrocarbures donne un droit insensé d'expropriation aux entreprises pétrolières et gazières.
Pour le caquiste François Bonnardel, «ce projet de loi était une catastrophe annoncée». La CAQ, le PQ et QS voteront contre.
Propositions phares
Lors de son dépôt à l'Assemblée nationale, en juin dernier, le ministre de l'Énergie et des Ressources naturelles, Pierre Arcand, avait ainsi présenté, dans un communiqué de presse, deux propositions phares de son projet de loi :
• «Il institue Transition énergétique Québec, une nouvelle société dont la mission serait de soutenir, de stimuler et de promouvoir la transition, l'innovation et l'efficacité énergétiques et de coordonner la mise en oeuvre de l'ensemble des programmes et des mesures nécessaires à l'atteinte des cibles énergétiques définies par le gouvernement.»
• «Il édicte la Loi sur les hydrocarbures, ayant pour objet de régir le développement et la mise en valeur des hydrocarbures, tout en assurant la sécurité des personnes et des biens, la protection de l'environnement et la récupération optimale de la ressource, et ce, en conformité avec les cibles de réduction des émissions de gaz à effet de serre.»