La députée Fatima Houda-Pepin a commencé à travailler sur son projet de loi en 2011. Elle l'a fait «dans un esprit de neutralité et loin du brouhaha de la Charte sur la laïcité» du ministre Bernard Drainville, a-t-elle dit.

Projet de loi sur la laïcité: Fatima Houda-Pepin avance ses pions

La députée indépendante Fatima Houda-Pepin n'appuiera jamais le projet de loi sur la laïcité du ministre Bernard Drainville tel qu'il est libellé actuellement. Elle juge beaucoup trop étendue l'interdiction qu'il prévoit en ce qui a trait à l'interdiction du port de signes religieux.
Mais l'élue de La Pinière veut faire contre mauvaise fortune bon coeur. Elle se réjouit que le gouvernement Marois se montre ouvert à l'idée d'intégrer certaines de ses propositions concernant la lutte contre l'intégrisme religieux. Particulièrement, celle portant sur la création d'un centre de recherche-action sur ce phénomène.
Mme Houda-Pepin a rencontré, mardi, les députés péquistes à qui elle a présenté le projet de loi qu'elle a déposé la semaine dernière à l'Assemblée nationale. Elle en avait déjà soumis les tenants et aboutissants aux caquistes et aux solidaires.
Exclue de l'aile parlementaire libérale le 20 janvier, Fatima Houda-Pepin a mis les points sur les i devant les élus péquistes, qui l'ont reçue à leur caucus. Elle s'est d'abord affichée comme «une députée profondément libérale et fédéraliste».
«Sur la question des signes religieux, on ne va pas s'entendre», leur a-t-elle également dit d'entrée de jeu.
Mais des ponts peuvent être lancés, a-t-on soutenu de part et d'autre à l'issue de la rencontre. «La façon différente de voir les choses [sur les signes religieux] ne doit pas nous empêcher de regarder le reste de son projet de loi», a fait valoir le ministre Bernard Drainville.
«Il y a des idées intéressantes dans le projet de loi de Mme Houda-Pepin», a-t-il enchaîné en faisant référence aux dispositions sur la lutte contre les intégrismes.
Le projet de Fatima Houda-Pepin limite l'interdiction d'arborer un signe religieux ostentatoire aux représentants de l'autorité de l'État, comme les juges, les policiers, les procureurs de la Couronne et les gardiens des centres de détention.
De ce point de vue, son projet de législation est plus près de celui de Québec solidaire et de celui de la Coalition avenir Québec que de celui du gouvernement Marois.
Le Parti libéral du Québec refuse toute interdiction à cet égard.
Mme Houda-Pepin n'a encore pris aucune décision quant à son avenir. Mais elle est tentée de se présenter de nouveau dans sa circonscription de La Pinière lors du prochain scrutin général - à titre de candidate indépendante cette fois.