Tout comme de nombreux travailleurs qui découvrent les réunions par téléconférence, des députés ont connu quelques difficultés techniques.
Tout comme de nombreux travailleurs qui découvrent les réunions par téléconférence, des députés ont connu quelques difficultés techniques.

Première séance virtuelle réussie aux Communes, malgré quelques pépins techniques

Catherine Lévesque
La Presse canadienne
OTTAWA - Quelques pépins techniques sont venus ralentir la première séance virtuelle à la Chambre des communes, mais l'exercice a tout de même été réussi.

Le tout nouveau «comité spécial sur la pandémie de la COVID-19» se réunissait par téléconférence mardi après-midi, tel que convenu.

L'exercice de près de trois heures a permis aux députés de l'opposition de poser de nombreuses questions au gouvernement Trudeau et, dans certains cas, d'obtenir des réponses.

Le ministre de la Sécurité publique, Bill Blair, a notamment dévoilé qu'il y avait eu une réduction de 99 % des voyageurs arrivant au Canada par avion.

Respirateurs, blouses et désinfectant

Son collègue à l'Innovation, Navdeep Bains, a dit que des compagnies canadiennes produisaient à l'heure actuelle 30 000 respirateurs, plus de 18 millions de blouses et 15 millions de litres de désinfectant pour les mains par mois.

Il n'a cependant pas voulu se prononcer sur le nombre de masques produits au pays mensuellement, même lorsque pressé de questions par la députée conservatrice Michelle Rempel Garner.

Les bloquistes et la députée verte Jenica Atwin se sont passé le relais pour tenter d'obtenir une réponse claire sur l'aide aux entreprises présentes dans les paradis fiscaux, mais sans succès.

La ministre du Revenu national, Diane Lebouthillier, s'est contentée de répéter que la lutte à l'évasion fiscale est une «priorité» pour le gouvernement fédéral.

«Monsieur le président, c'est n'importe quoi!» s'est exclamé le bloquiste Alain Therrien, visiblement exaspéré.

Tout comme de nombreux travailleurs qui découvrent les réunions par téléconférence, des députés ont connu quelques difficultés techniques.

Traduction

Certains élus ont commencé à parler sans avoir activé leur microphone, alors que d'autres n'ont pas su l'activer à temps pour parler. Mais la majorité des problèmes étaient reliés à la traduction simultanée en anglais quand des députés prenaient la parole en français.

Le chef du Bloc québécois, Yves-François Blanchet, a dû interrompre ses remarques d'ouverture pour éteindre l'alarme sur son téléphone. «Ne bougez pas, j'ai quelque chose qui sonne», a-t-il dit, ajoutant que «ce n'est pas un réveil».

Le conservateur Alain Rayes a déploré la mauvaise connexion internet d'un des édifices du parlement, qui lui a fait perdre plusieurs minutes du débat en cours.

De façon générale, la majorité des élus ont pu se brancher. Ils étaient près de 300 au début de la séance et environ 260 vers la fin, ce qui équivaut à entre 75 % et 90 % des députés.


« Ne bougez pas, j'ai quelque chose qui sonne »
Le chef du Bloc québécois, Yves-François Blanchet

Ils n'ont pas manqué de saluer le personnel informatique, qui a travaillé en coulisses pour régler leurs pépins pendant ces trois heures.

«Je pense qu'on devrait leur donner une bonne main d'applaudissements virtuels», a affirmé la députée Rempel Garner.

Prestation canadienne d'urgence pour les étudiants

Mercredi, un petit groupe de députés se réunira à la Chambre des communes en personne pour y étudier le projet de loi qui offre une Prestation canadienne d'urgence pour les étudiants (PCUE) afin de remplacer leurs revenus d'emplois d'été, de mai à août. La PCUE offre 1250 $ par mois aux étudiants, qui peut être jumelé avec des revenus allant jusqu'à 1000 $ par mois.

Le gouvernement du Québec, ainsi que des gens des milieux d'affaires, ont exprimé des craintes sur leur capacité de recruter des jeunes pour l'été avec une telle somme qui leur est offerte.

M. Blanchet a proposé mardi ce qu'il considère être un «très fort incitatif à l'emploi». Il suggère qu'après 1000 $, pour chaque dollar gagné, 50 sous devraient rester à l'étudiant et 50 sous devraient être soustraits de la prestation.

Selon lui, cette mesure viendrait apaiser les craintes du milieu des affaires en plus de permettre à l'État d'économiser «des dizaines de millions de dollars».