Marc-Yvan Côté (à gauche) a contrevenu à la Loi sur la transparence et l'éthique en matière de lobbyisme en intervenant auprès de Sam Hamad alors que celui-ci était ministre de l'Emploi. 

Premier Tech: Marc-Yvan Côté a fait du lobbyisme illégal

Marc-Yvan Côté a bel et bien fait du lobbyisme illégal auprès de Sam Hamad, à l'époque ministre de l'Emploi, pour mousser un projet de l'entreprise Premier Tech.
Le commissaire au lobbyisme, Me François Casgrain, a rendu publiques, mercredi, les conclusions de son enquête sur la compagnie spécialisée dans les technologies de l'environnement. Trois constats d'infraction sont signifiés pour des accrocs à la Loi sur la transparence et l'éthique en matière de lobbyisme.
Même si l'entreprise de Rivière-du-Loup avait différents mandats inscrits au registre des lobbyistes, «plusieurs de ces activités n'étaient pas dûment inscrites», a constaté le commissaire Casgrain. 
Les vérifications ont été lancées à la suite des révélations de l'émission Enquête sur des courriels de Marc-Yvan Côté évoquant l'aide de son «ami Sam» pour le financement de Premier Tech. M. Côté n'était pas inscrit au registre. Ses courriels évoquent des appels téléphoniques et un déjeuner en compagnie de M. Hamad au sujet de projets de Premier Tech. M. Côté, arrêté en mars par l'Unité permanente anticorruption (UPAC) dans une autre affaire, était alors vice-président du conseil d'administration de Premier Tech. 
«Le commissaire conclut à l'exercice d'activités de lobbyisme», mais ne peut remettre de constat en raison des délais de prescription de 12 mois. 
Par contre, le président de Premier Tech, Jean Bélanger, et un vice-président, Yves Goudreau, sont les cibles des trois constats signifiés par le commissaire. Ils s'exposent à des peines minimales de 500 $ pour chaque infraction. 
Sensibilisation
Au bureau du commissaire, on indique que les titulaires de charges publiques sont sensibilisés depuis 14 ans à l'importance pour eux de s'assurer que ceux qui cherchent à les influencer sont dûment inscrits au registre. Le projet de loi 56 sur le lobbyisme prévoit d'en faire une obligation. 
Le dossier Premier Tech a coûté au député libéral de Louis-Hébert son siège au conseil des ministres. Sans lui formuler de blâme, le commissaire à l'éthique, Jacques Saint-Laurent a sévèrement critiqué M. Hamad, en juin. Il a été, selon lui, «plus qu'imprudent en contrevenant aux principes éthiques de base dans la gestion des fonds publics» et a commis un «manquement aux valeurs de droiture, de convenance, de sagesse et de justice de l'Assemblée nationale». La vérificatrice générale, Guylaine Leclerc, sans se prononcer sur les agissements de M. Hamad, a constaté que l'aide accordée à Premier Tech ne reposait sur «aucune analyse approfondie et documentée des dépenses du projet». 
La députée péquiste de Taschereau, Agnès Maltais, estime que le rapport du commissaire «est un autre clou dans le cercueil politique de Sam Hamad, qui prétendait à un retour au conseil des ministres. Elle y voit la démonstration que les problèmes éthiques du PLQ ne sont pas choses du passé.