PQ-QS: enfin la clarté!

DÉCODAGE / Cette semaine, on a beaucoup entendu l'écho des déçus après l'humiliant refus adressé par Québec solidaire au Parti québécois. Mais n'allons pas croire que tous les péquistes le sont. Quelques-uns sont soulagés. Il n'y a pas qu'une face à une médaille.
Combien de sympathisants se seraient détournés du PQ si une alliance électorale avec QS avait fini par être nouée? Seraient-ils allés grossir les rangs de la Coalition avenir Québec?
Au moins les choses sont-elles désormais claires. Elles auraient mis du temps à l'être si les délégués de Québec solidaire avaient dit oui à un pacte électoral. Il aurait encore fallu que les deux partis s'entendent sur le partage des circonscriptions et sur une foule de détails. Tout un épisode de négociations et tout un épisode politique!
On aurait entendu le chef de la CAQ, François Legault, railler l'alliance bicéphale et marteler: PQ-QS, bonnet blanc et blanc bonnet.
On aurait fini par avoir des manchettes du genre: Des péquistes mécontents.
Inévitablement, à un moment ou l'autre, on aurait eu un titre disant: Les négos entre le PQ et QS tournent au vinaigre. Ou encore: QS menace de rompre l'entente. Ou encore: Négos de la dernière chance sur les candidatures communes. Sans oublier les «ultimatums» de toutes sortes...
Combien de commentateurs seraient revenus à la charge avec leur lancinante interrogation: Pourquoi avec QS? Pourquoi pas avec la CAQ? - alors que la chose restera impossible avant au moins une autre réélection des libéraux.
À partir de maintenant, les trois partis d'opposition ne se feront pas de quartier d'ici au prochain scrutin général. Le PQ ne met déjà plus de gants blancs pour parler de QS, on l'a vu hier. Jean-François Lisée et Véronique Hivon se sont vidé le coeur. Ils ont brocardé son «politburo».
D'ici octobre 2018, les chefs et les porte-parole ne cesseront de faire appel aux électeurs des autres: ceux du PQ aux électeurs de QS et de la CAQ; ceux de la CAQ, aux sympathisants péquistes et libéraux.
La quête du neuf
La quête du neuf est ce qu'il y a de plus vieux au monde.
Devenu ministre pour la première fois en septembre 1998, il y aura bientôt 19 ans, le chef caquiste François Legault parle parfois encore du Parti libéral du Québec et du Parti québécois comme des «vieux partis».
Du vieux au nouveau...? Tant le Parti québécois que le Parti libéral tenteront de faire un (autre) bout de chemin dans cette direction lors de rendez-vous militants; dans une semaine pour le premier, dans deux, pour le deuxième.
Même le plus jeune des partis représentés à l'Assemblée nationale, Québec solidaire, joue la carte du renouveau.
Le solidaire Gabriel Nadeau-Dubois a dit que Québec solidaire devait devenir un «mouvement» pour le distinguer des partis traditionnels - «un mouvement citoyen présent à la fois au Parlement et dans la société civile». Il a évoqué Bernie Sanders, qui a concouru à l'investiture démocrate aux États-Unis. 
Pardon de la comparaison, mais selon certains, animer un mouvement, c'est ce qu'a fait ou a prétendu faire Donald Trump pour enfoncer la porte du Parti républicain.
Un mouvement «en dehors des partis traditionnels», c'est ce qu'a formé Emmanuel Macron avant de devenir président de la République française.
Lorsqu'il est revenu en politique, le caquiste François Legault avait formé un «mouvement», rappelons-le.
Aujourd'hui, se renouveler, c'est être plus près des citoyens, semble-t-il.
Le 3 juin, un «conseil général spécial» du Parti libéral se tiendra à Trois-Rivières sur le militantisme, sur «l'implication citoyenne» au sein de la formation. Ce rendez-vous fait suite à un rapport retentissant du libéral Jérôme Turcotte, désormais ex-président de la commission politique du parti. Il dénonçait un parti devenu une simple «marque de commerce» et un «éteignoir à l'engagement citoyen».
Le 11 juin, c'est cette fois un «Conseil national» du Parti québécois qui se déroulera sur un thème apparenté. Réunis à Drummondville, les délégués discuteront du rapport de la tournée «Osez repenser le PQ» du «conseiller spécial» Paul St-Pierre Plamondon. Ce rapport vise à mieux brancher le Parti québécois à la société, ainsi qu'à «relancer l'implication politique».
La pression sur GND
Normalement, Gabriel Nadeau-Dubois devrait facilement l'emporter lundi lors de la partielle dans Gouin.
La solidaire Françoise David l'avait emporté avec une confortable avance en septembre 2012. Elle avait récolté 46 % des suffrages. En avril 2014, elle a même franchi la barre des 50 % avec 51 %, ce qui est un exploit à notre époque.
Le Parti québécois n'a pas investi de candidat dans cette course pour les raisons que l'on sait. Jusqu'à présent, la Coalition avenir Québec, comme l'ADQ avant elle, a toujours fait de la figuration dans cette circonscription montréalaise.
Après les deux excellents scores réalisés par Mme David, la pression de décrocher un bon pourcentage est très clairement sur les épaules de Gabriel Nadeau-Dubois. Pas sur celles de son adversaire libéral Jonathan Marleau.