Le chef du Parti libéral du Québec, Philippe Couillard, affirme que sa formation politique ne se rendra pas «complice» d'atteintes à des droits individuels.

Port des signes religieux: Couillard veut protéger les droits individuels

Philippe Couillard prône la neutralité religieuse de l'État, mais refuse de proscrire le port de signes religieux chez leurs représentants, pas même chez les juges et les policiers. Le chef du Parti libéral du Québec affirme que sa formation ne se rendra pas «complice» d'atteintes à des droits individuels.
«En voulant interdire le port de signes religieux dans la fonction publique ou parapublique, le gouvernement du Parti québécois met en cause les libertés des Québécois», a asséné Philippe Couillard, hier.
Son groupe parlementaire «s'opposera fermement à toute limitation des libertés individuelles des femmes et des hommes oeuvrant dans des organisations publiques».
Une exception à cette règle : les voiles couvrant le visage, comme le niqab ou la burqa. Eux seraient tout de même interdits s'il était au pouvoir.
Les relations entre les personnes dispensant des services publics et celles les recevant se dérouleraient «à visage découvert». C'est aussi ce que prescrivait le projet de loi 94 présenté en mars 2010 par les libéraux de Jean Charest, un texte qui n'a jamais pu être adopté.
Cette exception se justifie pour «des raisons d'identification, de communication et de sécurité», a fait valoir Philippe Couillard.
Trois nouvelles actions
M. Couillard propose de mettre en oeuvre trois actions de plus que son prédécesseur libéral. Il suggère d'affirmer «le choix de l'interculturalisme comme modèle québécois d'accueil et de vie commune», d'inscrire le principe de neutralité religieuse des institutions de l'État dans la Charte québécoise des droits et libertés et de soumettre un projet de loi ainsi qu'un «guide d'application» visant à mieux encadrer les demandes d'accommodement.
«Aucun accommodement ne peut être accepté s'il met en cause le principe d'égalité des hommes et des femmes», a insisté le chef libéral. C'est la ligne rouge de tous les partis.
En dévoilant sa «vision de l'identité québécoise», M. Couillard a dit l'inscrire en droite ligne du rapport Bouchard-Taylor. Sauf, a-t-il reconnu - et c'est une différence de taille -, en ce qui concerne la recommandation d'interdire le port de symboles confessionnels chez les juges, les policiers, les procureurs de la Couronne et les gardiens de prison. Gérard Bouchard et Charles Taylor jugeaient ces fonctions particulières parce qu'elles représentent l'autorité des pouvoirs publics.
«La question des juges et des policiers, elle est loin d'être si simple que ce qu'on dit, s'est justifié le chef libéral. Comment définit-on une fonction coercitive? On va tout de suite penser aux juges, aux policiers, aux gardiens de prison. Mais un gardien de sécurité d'hôpital? Un gardien de la faune? Les multiples commissaires chargés de pouvoirs d'enquête? Dès qu'on y pense, la liste s'allonge continuellement. Et je trouve que c'est un raccourci facile de faire un lien entre l'impartialité, ou la perception de partialité d'un juge, par exemple, et le fait qu'il ou elle porte un signe religieux.»
Philippe Couillard accuse le gouvernement Marois de prendre appui sur les sondages dans le dossier identitaire. Or, «sur des questions aussi fondamentales, la pire chose, c'est de gouverner au gré des sondages», a-t-il soutenu.