Selon les états financiers d'Équipe Labeaume, le parti politique a remis, en 2013, 9440 $ en contributions non conformes.

Plus de 9000 $ de contributions illégales remboursés par équipe Labeaume

Équipe Labeaume a retourné, en 2013, 9440 $ en contributions non conformes. De cette somme, 2000 $ ont servi à rembourser l'ingénieur Émile Langlois de Teknika-HBA pour des contributions illégales en 2008 et en 2009.
La Presse révélait mercredi que Normand Brousseau, qui était vice-président de l'entreprise en 2011 de Teknika-HBA, devenu Services Exp, a reçu des amendes de 8820 $ pour avoir utilisé l'ingénieur Émile Langlois comme prête-nom à cinq reprises pour verser au total 1500 $ à Équipe Labeaume entre 2009 et 2011, selon le Directeur général des élections du Québec (DGEQ).
À l'automne, Le Soleil avait parlé de ces contributions faites par M. Langlois. Le maire avait alors promis un remboursement. Après calcul, le directeur général d'Équipe Labeaume arrive à une somme de 2000 $ à remettre à M. Langlois. «Il reste à savoir d'où vient la différence de 500 $ entre le DGEQ et nous», raconte Ronald Gagnon, qui confirme avoir fait le paiement.
Selon les états financiers du parti, dont Le Soleil a obtenu copie, le parti politique a remis, en 2013, 9440 $ en contributions non conformes. En plus des 2000 $ remis à M. Langlois, ce montant inclut 2500 $ retournés à Michel Labbé, de SNC-Lavalin, et 500 $ à Jostran Lamontagne, de BPR. Leur nom a circulé à la commission Charbonneau parmi une douzaine d'individus travaillant pour huit firmes d'ingénierie qui auraient comploté, entre 2006 et 2012, pour maintenir le plus haut possible les prix des contrats d'ingénierie à la Villede Québec.
Le remboursement de 9440 $ tient aussi compte de trois autres contributions non conformes révélées récemment. Elles ont été faites en 2009 par François Légaré (1000 $), Jean-François Doyon (1000 $) et Louis-François Rodrigue (500 $), trois personnes en lien avec la firme d'urbanisme IBI-DAA. Le DGEQ a condamné la firme à verser 10 000 $ d'amendes.
Enfin, il y a près de 2000 $ remboursés en contributions diverses non conformes, mais qui ne sont pas associées à un système de prête-noms, assure M. Gagnon.
Le maire Labeaume ne croit pas que les règles sur le financement des partis politiques peuvent être plus sévères. «Je ne vois pas comment ça peut être plus strict, rendu à 100 $ [comme contribution maximale].»
Il croit que le meilleur remède aux stratagèmes douteux est la surveillance et les sanctions imposées. «Je pense que ce qu'il faut faire, c'est ce que le DGE fait, c'est à dire en pogner. Quand t'en pognes, c'est dissuasif au possible. Ça fait peur aux autres. Sanctionner, ça effraie les autres.»
Du «harcèlement»
Joint au téléphone, mercredi, Émile Langlois a réagi fortement, accusant Le Soleil de «harcèlement». «Ça ne concerne pas du tout les journalistes. Il n'y a rien de nouveau. Tu m'appelles pour savoir si j'ai reçu un remboursement d'Équipe Labeaume. Oui, j'ai reçu mon chèque. [...] C'est pas nouveau, ça fait cinq fois que vous répétez la même chose. Vous parlez toujours du même dossier, pour une affaire de 2000, 3000 piastres. Je pense qu'il y a des contributeurs qui ont fait des contributions pas mal plus généreuses que la mienne et qui ont été remboursés. Parlez-en, de ces gens-là.»
Normand Brousseau, autrefois de Teknika-HBA, n'a pas rappelé Le Soleil.
Démocratie Québec sermonné par le DGE
«On est hors délai. On en est conscient», lance d'entrée de jeuMe Denis Langlais, président de Démocratie Québec. «C'est qu'il n'a pu remettre à temps au Directeur général des élections (DGE) les états financiers de son parti vérifiés par une firme externe. La date limite était fixée au mardi 1er avril à 16h30. Le DGE lui a donné 10 jours pour les faire parvenir. «Nos états financiers sont prêts. Il reste à les vérifier. Ça fait déjà quatre à cinq jours qu'une firme s'en occupe. Ça devrait être remis demain, assure M. Langlais. Du même souffle, celui-ci indique que les exigences du DGE sont titanesques, surtout que Démocratie Québec ne possède pas de permanence. «On ne peut que s'en réjouir, mais c'est une surcharge de travail.»