Le ministre de la Culture, Maka Kotto

PKP n'avait pas tort sur le «fond», selon Maka Kotto

Pierre Karl Péladeau a bien fait de s'excuser de la «forme» de ses propos sur l'immigration et l'indépendance, mais sur le «fond», le débat reste à faire, estime le député péquiste d'origine camerounaise Maka Kotto.
L'actionnaire de contrôle de Québecor et aspirant-chef péquiste «a pris conscience du fait que son propos - on est dans la forme - ne correspondait pas relativement au message qu'il voulait passer», a commenté M. Kotto, vendredi. «Mais le fond est là. Il ne change pas.»
Le fond, pour le député de Bourget, est que le processus bureaucratique par lequel passe un immigrant qui arrive au Québec le conditionne de «façon subliminale» à donner sa loyauté au Canada.
«Ce ne sont pas les immigrants qui sont en jeu, a expliqué le député. C'est un système taillé sur mesure pour isoler les francophones du Québec.»
Même si le Québec sélectionne ses immigrants, ceux-ci passent par la suite dans le système fédéral qui est «un obstacle en soi» à la cause souverainiste. Du visa à la résidence permanence, le nouvel arrivant, «ce qu'il croise tout au long de son parcours, c'est la symbolique canadienne et la promotion du Canada», dit-il.
«Ça a pris cinq ans pour m'amener à voir la complexité de la question nationale, a affirmé M. Kotto. Initialement, je militais pour le PLQ. J'étais loin de comprendre l'enjeu fondamental de la pérennité du fait français en Amérique du Nord.»
Lors d'un débat à l'Université Laval, M. Péladeau a déclaré qu'en raison de l'immigration et de la démographie, le Parti québécois perdait une circonscription par année et que la fenêtre pour réaliser l'indépendance était de moins de 25 ans. Il a par la suite expliqué qu'il faisait référence au rôle joué par le fédéral dans le processus d'immigration. Il s'est excusé pour ses propos, jeudi.
Pour M. Kotto, la problématique demeure. «L'immigrant est loyal à la symbolique qui a influencé tout son parcours, dit-il. Le Québec n'a pas de structure pour répondre à la compétition fédérale. [...] Ça prend beaucoup de volonté pour que des Québécois d'adoption fassent le pas vers le mouvement souverainiste.»