Pierre Curzi croit qu'en raison du système parlementaire britannique, il est impossible qu'une troisième formation puisse s'imposer dans le paysage politique.

Pierre Curzi veut une constitution avant un référendum

Avant d'orchestrer un nouveau référendum, le Québec devrait en priorité se doter d'une constitution, soutient l'ancien député et acteur Pierre Curzi.
Invité à réagir en tant que président du Nouveau mouvement pour le Québec (NMQ) sur le refus de Québec solidaire et d'Option nationale d'unir leurs forces en vue du prochain scrutin, M. Curzi a plutôt exposé sa vision de citoyen aussi à la tête du Mouvement démocratique pour une constitution du Québec (MDCQ).
D'emblée, Pierre Curzi se dit d'accord avec l'initiative de certains membres des deux partis de tenter de se rapprocher pour éviter le fractionnement du vote puisqu'il s'agit d'une volonté partagée par le NMQ. Mais l'ex-élu croit qu'en raison du système parlementaire britannique, qui prévoit «l'alternance du pouvoir entre deux gros partis forts», il est de toute façon impossible qu'une troisième formation s'impose. «Le jeu est fait pour deux, même à trois on est toujours dans des gouvernements minoritaires, ça fait suer tout le monde et on fait des élections aux 18 mois», déplore-t-il.
Conclusion? «Il faut changer les règles», affirme celui qui a représenté la circonscription de Borduas de 2007 à 2012, d'abord comme député péquiste, puis comme indépendant pendant quelques mois. Cela est même plus urgent que l'organisation d'un troisième référendum, selon M. Curzi, qui ajoute qu'évoquer avec prudence les «cycles péquistes» comme le fait son ancien parti équivaut à rejouer le même film encore et encore.
Colonne vertébrale 
«Parce que la grande crainte, c'est que si jamais c'était un échec, ça serait désastreux. Je dis qu'il faut changer les règles et commencer à parler de ce qui est encore plus fondamental, qu'est-ce que c'est que ça veut dire concrètement vivre ensemble. [...] Moi, je crois que ça veut dire réunir tout le monde dans une société et leur proposer de se donner à eux-mêmes une constitution, une colonne vertébrale à partir de laquelle ils vont être forts.»
M. Curzi reconnaît que le mot peut faire peur. «Mais il n'est pas si énorme que cela, tous les pays en ont des constitutions, il y a rien là», fait valoir l'ex-élu, qui croit qu'une telle initiative, proposée par plusieurs politiciens avant lui, peut mener à l'indépendance même si elle ne doit pas être initiée pour cette raison. «Je pense qu'il y aurait une logique, mais ce n'est pas pour ça qu'on fait une constitution. On la fait pour se donner des nouvelles règles», affirme-t-il.
Puisque, selon lui, la société québécoise est rendue là. «On le voit avec la charte, on l'a déjà vu avec la langue et on le voit avec le cynisme face aux institutions politiques. Il y a plein de signes qui disent: il faudrait qu'on commence à aller aux racines du non-fonctionnement du style des institutions actuellement.»